Deuxième partie
Sommaire de cette page :
Théorie des seuils et des zones
Images camouflées, subliminales ou semi-subliminales
Théorie des seuils et des zones
Le dictionnaire Larousse définit d'une façon assez succinte l'adjectif "subliminal".Faisant tout d'abord remarquer qu'il vient du latin sub, "à l'entrée de", et limen, "seuil", il présente la perception subliminale comme "la perception d'un objet (image, message, publicité, etc.) à la limite de sa reconnaissance par le sujet, en raison de l'éloignement, de l'éclairement, etc."
Comme le latin sub peut également se traduire par "sous, en dessous", on peut dire que la perception subliminale est celle qui est située sous le seuil de la conscience.
Il est donc important de préciser dès à présent ce qu'est le seuil de la conscience.Nous introduisons ainsi le concept des zones.
Le tableau qui suit nous fera clairement comprendre le système des "seuils" et des "zones" :
STIMULUS
+ (fort)
Stimulus
Mécanismes
sensorielsRéponse
Représentation
conscienteo___
_____o_____
____o____ ______o
ZONE 1 Zone de
perception
conscienteL'individu
est conscient
du stimulus---------------------------------------------------------------------------------------------------- (Variable) - - - Seuil de perception consciente - - -
------------------------------------------------------------------------o___
_____o_____
____o____ _ _ _ _ o
ZONE 2 Zone de
perception
inconsciente
qui peut
devenir
conscienteL'individu
n'est pas
conscient
du stimulus
mais peut
en devenir
conscient---------------------------------------------------------------------------------------------------- (Variable) - - - Seuil absolu de perception - - -
------------------------------------------------------------------------o___
_____o_____
_ _ _o
ZONE 3 Zone de
perception
inconsciente
ne pouvant
pas devenir
conscienteL'individu
ne peut
devenir
conscient
du stimulus
mais peut
réagir en
sa présence---------------------------------------------------------------------------------------------------- (Variable) - - - Seuil de perception physiologique - - -
------------------------------------------------------------------------o___
_ _ _ o
ZONE 4 Zone où la
perception
est absenteAucune
réponse ne
peut exister
du stimulusSTIMULUS
- (faible ou nul)
Commentons ce tableau :Un stimulus est un facteur qui agit sur une cellule, sur un organe, sur l'organisme en général, en provoquant une réponse qui peut être, par exemple, musculaire ou nerveuse.
Ce stimulus est faible ou nul ( - ) ou il peut augmenter progressivement d'intensité, jusqu'à être fort ou très fort. ( + ).
Plus son intensité est élevée, plus il aura d'impact sur les mécanismes sensoriels, engendrera une réponse dont résultera une représentation consciente.
Selon Dixon, célèbre chercheur en matière subliminale, il y a trois seuils ou paliers de perception :
Le seuil de perception consciente.
Le seuil absolu de perception.
Le seuil de perception physiologique.
Chaque seuil ou palier est entouré par deux zones, ce qui fait qu'il y a en tout quatre zones.
Au-dessus du seuil de perception consciente, on trouve la première zone.
ZONE 1 :
C'est celle de perception consciente où l'individu est conscient du stimulus (qui peut varier d'intensité).
Exemples:
a) Quelqu'un me donne une bonne gifle.
Mes mécanismes sensoriels réagissent et provoquent une réponse (Aie ! J'ai mal !) et je sais bien (représentation) que j'ai encaissé une bonne gifle.b) Je reçois une gifle un peu moins appuyée.
Mes mécanismes sensoriels réagissent et provoquent une réponse (la sensation de mal peut se muer en sentiment de frustration) et je sais bien (représentation) que j'ai eu une gifle (mais la réaction s'est opérée un peu plus près du seuil de perception consciente, puisque le stimulus était moins prononcé).c) J'attrape un pot de fleurs sur la tête.
Mes mécanismes sensoriels réagissent et provoquent une réponse (je suis littéralement sonné !) et j'ai bien senti (représentation) que quelque chose a atterri sur mon crâne. Lorsque je me réveillerai, si par malheur je suis K.O., j'identifierai le "quelque chose" à un objet qui s'appelle "pot de fleurs" (ou on me le fera savoir).
Lorsqu'on franchit le seuil-limite de la zone 1, ou le "seuil de la perception consciente", on pénètre dans la zone suivante.
ZONE 2 :
C'est celle de la perception inconsciente, qui peut devenir consciente (- - -o), donc dans ce cas-ci, l'individu n'est pas conscient du stimulus, mais peut le devenir.
Exemples :
a) J'écris une lettre tout en "écoutant" la radio.
J'écoute, mais je n'entends pas qu'on diffuse ma chanson préférée.
Il suffit que je me "débranche" quelques secondes de mes activités épistolaires et que je porte mon attention sur le son émis par la radio pour reconnaître la chanson et même fredonner ses paroles.
Ma perception inconsciente est devenue consciente.b) L'horloge égraine dix coups.
Subitement, j'en prends conscience alors qu'elle en est à son septième.
Constatant qu'il est 10 heures, je peux même imaginer assez curieusement les coups que je n'ai pas entendu.Lorsqu'on franchit la porte ou "seuil absolu de perception", on débouche sur la zone suivante.
ZONE 3 :
C'est celle où la perception ne peut pas devenir consciente.
Ainsi, l'individu qui subit des stimuli en zone 3 ne peut devenir conscient de ceux-ci, mais peut réagir en leur présence sans s'en apercevoir (---o).
Le stimulus, d'assez faible intensité, a frappé les mécanismes sensoriels qui vont provoquer une réponse qui restera enfouie dans certains recoins du cerveau.C'est dans cette zone que la plupart des spécialistes localisent le champ de perception subliminale.
Un champ plus élargi de perception subliminale englobe aussi la zone 2.Exemples :
a) Une publicité contient une image, un dessin que je ne vois pas, mais qui peut déterminer mon choix.
b) Une revue propose des illustrations qui imbriquent des motifs subliminaux qui peuvent influencer mon comportement.
c) Un film projette une image très rapide (stimulus extrêmement faible) qui aura pour but de me faire voir ce film sous un angle différent.
ZONE 4 :
Dans cette zone, en dessous du "seuil de perception physiologique", la perception est absente, et aucune réponse ne peut exister de l'exposition au stimulus (trop faible ou nul).
Les seuils de perception ou paliers peuvent varier d'un individu à l'autre. C'est pourquoi nous avons mis le mot "variable" entre parenthèses dans le tableau ci-dessus.Il faut tenir compte de son état, de son âge, de sa fatigue, et particulièrement du bon fonctionnement de ses mécanismes sensoriels.
Les stimuli varient d'intensité, sont perçus de différentes façons, surtout s'ils sont confrontés à des interférences occasionnées par d'autres stimuli qui surviennent au même moment.Autre point : Si le stimulus est fréquent, le seuil moyen de reconnaissance sera plus bas, et si le stimulus est rare, le seuil sera plus haut.
Explication : Quelqu'un qui reçoit une gifle toutes les trois minutes aura un seuil de reconnaissance plus bas (car il s'attend à recevoir une gifle). Par contre, le seuil de reconnaissance sera plus haut chez celui qui en reçoit une à l'improviste.
Pour en revenir à la zone 3, notons que les chercheurs sont partagés quant à l'efficacité des techniques subliminales.Poetzl a commencé ses investigations en 1917. Il a été suivi par des chercheurs comme Lazarus, McLeary, Dixon, Corteen, Dune, O'Grady, Block, Edelberg, Smith, Klein, pour ne citer que ceux-là.
Différentes méthodes ont été utilisées pour tester cette efficacité.
Citons-en trois :
- la RED (Réponse Electrodermale) qui mesure le potentiel électrique de la surface de la peau suite aux stimuli subliminaux.
- La projection d'images à grande vitesse au moyen du Tachistoscope qui permet de produire des images subliminales à des vitesses variables selon les souhaits de l'expérimentateur.
- L'envoi de sons inaudibles, mais qui sont cependant perçus par l'individu sans qu'il en prenne connaissance.
Bien que l'efficacité des techniques subliminales ne soient pas complètement prouvée, cela ne signifie pas qu'elles sont mises à l'écart.En effet, la publicité, le cinéma, la télévision les emploient largement.
Citons au passage la pub du Gin Gilbey's, d'Amaretto, de Campari, de Johnnie Walker, de Fidji, les "get it" d'Husker Du, le générique d'Antenne 2 (lors de la campagne présidentielle de Mitterand), l'eau de toilette XS de Paco Rabanne, les images insérées dans certains films d'horreur, comme ceux de Hal Becker, ou encore la fameuse tête de mort subliminale incorporée dans le film "Psychose" d'Alfred Hitchcock.Il existe aussi des exemples très récents que la prudence nous dicte de ne pas mentionner sur ce site.
Selon Dixon, la perception subliminale devrait correspondre à trois critères :
Ajoutons pour être complet que l'utilisation des techniques subliminales n'est pas nécessairement à portée négative.
- La réponse (---o) doit se trouver en dessous du seuil absolu de perception.
- Le sujet doit certifier de n'avoir ni entendu, ni vu le stimulus.
- La réponse (---o) des mécanismes sensoriels doit être différente de celle qui aurait été produite par un stimulus de zone 1 ou de zone 2.
Exemple : Un dessin de stimulus élevé (zone 1) aurait peut-être provoqué une réponse et une réprésentation consciente amusante (disons un vilain dragon crachant du feu), tandis qu'en zone 3, en perception subliminale, le même dessin doit provoquer une autre réaction, comme la peur.
Elle peut avoir des applications thérapeutiques, stimuler les fonctions de l'imaginaire, engendrer la détente.Cependant, beaucoup de ces méthodes dites "thérapeutiques" sont à prendre avec des pincettes. De nombreux charlatans ont envahi le marché en proposant des produits (cassettes audio, vidéo, et autres) qui n'ont aucune valeur scientifique.
Il est bien évident que ces arnaqueurs discréditent les recherches sur le "subliminal".
Ce schéma indique la route probable des stimuli subliminaux dans le cerveau.
- 1 - Cortex pariétal postérieur.
- 2 - Corps géniculé latéral.
- 3 - Cortex strié.
- 4 - Tectum.
- 5 - Formation réticulée.
Dans les cas non subliminaux, c'est-à-dire en zones 1 et 2, les nerfs optiques envoient des messages soit vers le corps géniculé latéral qui a pour fonction de définir les objets, soit vers le tectum qui a pour fonction de les localiser.
Après cela, les messages étant suffisamment puissants sont dirigés vers les cortex.
Si les stimuli ne sont pas assez forts, comme dans les messages subliminaux, ils restent bloqués dans le corps géniculé et dans le tectum.
Toutefois, comme les impulsions subliminales ne sont pas en principe définies mais localisées, on a émis l'hypothèse qu'elles prennent uniquement le chemin du tectum.
NOTE : Il existe encore bien d'autres publicités subliminales.
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