Le retrait volontaire
WATCHTOWER
De nombreuses personnes entrent chez les Témoins, mais sachez que beaucoup en sortent aussi.
Vous avez bien réfléchi. Pour toutes sortes de raisons qui vous sont personnelles, vous désirez sortir de leurs rangs.... Et vous vous posez la question : "Serait-il bien que j'envoie une lettre de dissociation ?"
Il faut savoir que de 1955 à ce jour, les Témoins de Jéhovah ont été régis par six ouvrages qui ont donné les détails des "règles théocratiques" à observer au sein de l'organisation.
Epinglons-les :
"Pour rester unis dans la prédication" : 1955 - 1960
"Prêchons et enseignons dans l'union et la paix" : 1960 - 1968
"Ta parole est une lampe pour mon pied" : 1968 - 1972
"Une organisation pour prêcher le Royaume et faire des disciples" : 1972 - 1983
"Organisés pour bien remplir notre ministère" : 1983 - 2005
"Organisés pour faire la volonté de Jéhovah" : 2005 - ?
Notez ceci, car c'est très important : Les trois premiers livres mentionnés ci-dessus, allant de la période s'étalant de 1955 à 1972, ne font pas la moindre allusion au retrait volontaire.Dans "Une organisation pour prêcher le Royaume et faire des disciples" (1972-1983), on fait état d'un tel retrait. Mais on constate immédiatement qu'il ne s'agit pas d'un retrait qui est demandé par l'intéressé (c'est-à-dire par la personne qui désire quitter les rangs des Témoins). Il s'agit plutôt d'une sanction appliquée à celui qui occupe une fonction "incompatible" avec les critères de la Watch Tower et qui de ce fait "se retire volontairement".
Lisons d'ailleurs ce que nous trouvons à la page 170, 2ème paragraphe :
"Il peut arriver qu'une personne baptisée devienne membre d'une organisation profane dont les principes sont opposés à ceux des Ecritures, sur lesquels est fondée la congrégation chrétienne (Dan. 2:44; Mat. 4:8,9; Jean 6:15; Es. 2:2-4). Par cet acte, la personne répudie la congrégation des Témoins de Jéhovah qu'elle fréquentait. Le comité judiciaire devrait s'efforcer d'établir des faits prouvant qu'elle s'est retirée volontairement de la congrégation. Cette situation sera annoncée à la congrégation pour que tous soient au courant de la décision de la personne en question. Il suffira de dire que cette personne, "par sa conduite, s'est retirée de la congrégation du peuple de Jéhovah".
Il est donc bien clair que la personne qui oeuvre pour un organisme politique, qui travaille dans une usine fabriquant des armes, ou encore dans une manufacture de tabac, sera considérée comme "se retirant volontairement".
Il en va de même pour le jeune Témoin accomplissant ses obligations militaires.
Cette procédure est stratégique, car en fait, ce n'est pas la Watch Tower qui procède à l'exclusion, mais c'est l'individu qui s'exclut lui-même par sa conduite.
Ainsi, la Société ne risque pas d'être entraînée dans des poursuites judiciaires. Elle évite d'être accusée d'établir des règles qui sont contraires aux lois dictées par l'Etat.Que penser à présent de la personne qui envoie une lettre à la congrégation pour lui signaler qu'elle ne désire plus faire partie de l'organisation des Témoins de Jéhovah ?
Bien sûr, si elle signale dans sa lettre qu'elle se retire parce qu'elle va prendre une fonction politique, ou s'occuper d'armement, ou accomplir son service militaire, ou se lancer dans le négoce du tabac, ou entreprendre une activité contraire à la Bible (suivant les critères de la Société), elle sera considérée comme "se retirant volontairement".
Par contre, que se passe-t-il si elle annonce tout simplement qu'elle se retire pour raisons privées, personnelles (et que ces raisons n'ont rien à voir avec la liste précédente) ?
1) Avant août / septembre 1981, une telle personne n'était pas exclue.
2) Depuis août / septembre 1981, elle est exclue. En d'autres mots, depuis cette date, en cas de retrait volontaire, on est exclu peu importe le motif pour lequel on quitte l'organisation.
Rappelons brièvement les faits tels qu'ils ont été expliqués dans un autre dossier (voir "Où la grande foule sert-elle par un service sacré ?").
Raymond Franz, membre du Collège Central et neveu de Frédéric Franz, président de la Société, est forcé de quitter ce Collège ainsi que le Béthel de Brooklyn, car on le soupçonne de remettre en question certaines doctrines. Nous sommes en mai 1980.
Sans grandes ressources, R. Franz doit trouver du travail pour survivre. Il n'est pas seul, il est marié. Un Témoin, Peter Gregerson, lui procure un emploi dans sa chaîne de supermarchés en Alabama.
Peter Gregerson, se posant (lui aussi) beaucoup de questions quant à l'organisation (et étant particulièrement ébranlé après la lecture de la Tour de Garde du 15 août 1980 - voir le dossier mentionné ci-dessus), décide de quitter les Témoins et se propose d'écrire une lettre pour annoncer son retrait volontaire.
Retrait volontaire ? Oui, car à cette époque, il ne signifie pas l'exclusion.
Gregerson a environ trente Témoins de Jéhovah qui travaillent pour lui, de plus beaucoup de membres de sa famille sont "dans la vérité", il préfère par conséquent éviter l'exclusion et envoyer un simple avis de dissociation.
Et c'est ce qu'il fait le 18 mars 1981.
Comme la Société veut à tout prix trouver une issue pour exclure Raymond Franz, elle va tout bonnement modifier les règles du jeu. C'est ainsi qu'elle va décréter que toute forme de retrait ou de dissociation équivaut dorénavant à une exclusion. Et cette procédure va s'appliquer d'une façon rétroactive sur Gregerson.
Dans la Tour de Garde (anglaise) du 15 septembre 1981, on trouvera les phrases suivantes :
"Si donc quelqu'un qui était chrétien choisit de se joindre aux hommes que Dieu désapprouve, il serait bien que la congrégation reconnaisse officiellement, par une brève communication, que la personne en question s'est retirée et n'est plus Témoin de Jéhovah. Ceux qui cessent d'être "des nôtres" en rejetant délibérément la foi et les croyances des Témoins de Jéhovah devraient à juste titre être considérés et traités de la même façon que les personnes qui ont été exclues pour avoir péché." (voir Tour de Garde française du 15 décembre 1981, page 22).
Un peu plus tard, comme Raymond Franz est vu dans un restaurant en compagnie de Gregerson (qui est son patron et aussi son propriétaire, car le couple Franz loue un appartement qui lui appartient), il sera exclu (31 décembre 1981).
Il n'est par conséquent pas étonnant que le livre "Organisés pour bien remplir notre ministère" (édité en 1983, c'est-à-dire après la fameuse Tour de Garde du 15 septembre 1981) fait un long commentaire au sujet du retrait volontaire. Nous le trouvons aux pages 149 et 150 :"LE RETRAIT VOLONTAIRE - On parle de retrait volontaire à propos de quelqu'un qui, bien qu'étant un membre baptisé de la congrégation, renie délibérément son état de chrétien, rejette la congrégation et affirme ne plus vouloir être considéré comme un Témoin de Jéhovah. Devant Dieu, la condition d'une personne qui se retire volontairement est très différente de celle d'un chrétien inactif, c'est-à-dire d'un membre de la congrégation qui, devenu faible sur le plan spirituel, ne participe plus à la prédication. Une telle personne, dite inactive, a peut-être négligé d'étudier régulièrement la Parole de Dieu, ou bien son zèle pour servir Jéhovah a pu se refroidir à la suite de difficultés personnelles ou de persécutions (I Cor. 11:30; Rom. 14:1). Les anciens, ainsi que les autres membres de la congrégation concernés, continueront d'apporter une aide spirituelle appropriée à ces frères inactifs (I Thes. 5:14; Rom. 15:1; Héb. 12:12). En revanche, envers celui qui se retire volontairement en reniant la foi et en abandonnant délibérément le culte de Jéhovah, on adoptera la même attitude qu'envers un exclu. On fera une brève communication pour informer la congrégation que telle personne s'est volontairement retirée de la congrégation. Parlant de ceux qui, à son époque, renièrent leur foi chrétienne, l'apôtre Jean écrivit : "Ils sont sortis de chez nous, mais ils n'étaient pas des nôtres; car, s'ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous." (I Jean 2:19). Une personne peut aussi montrer par ses actes qu'elle renonce en fait à sa place au sein de la congrégation chrétienne, par exemple en devenant membre d'une organisation du monde qui a des objectifs contraires à la Bible et qui est par conséquent condamnée par Jéhovah Dieu (voir Révélation 19:17-21; Esaïe 2:4). Si un chrétien décidait de se joindre à des gens désapprouvés par Dieu, il conviendrait alors que la congrégation constate le fait et fasse une brève communication indiquant que cette personne s'est retirée volontairement et qu'elle n'est donc plus Témoin de Jéhovah. On adoptera envers elle la même attitude qu'envers un exclu."
Remarquez qu'une dissociation équivaut à "renier délibérément son état de chrétien", à "renier la foi".
... Cela donne à réfléchir !Considérons à présent ce que dit le livre "Organisés pour faire la volonté de Jéhovah" - édition 2005.
Le texte ci-dessus varie quelque peu."LE RETRAIT VOLONTAIRE - On parle de "retrait volontaire" lorsque quelqu'un, bien qu'étant une membre baptisé de la congrégation, renie délibérément son état de chrétien et rejette la congrégation, soit par ses actions, soit en déclarant ne plus vouloir être considéré comme un Témoin de Jéhovah. Parce qu'il s'est retiré volontairement, sa position devant Jéhovah est très différente de celle d'un chrétien inactif, qui ne participe plus au ministère. Une personne inactive a peut-être négligé d'étudier régulièrement la parole de Dieu, ou bien son zèle dans le service pour Jéhovah s'est refroidi à la suite de difficultés personnelles ou de persécutions. Les anciens ainsi que les autres membres de la congrégation qui se soucient de ces frères continueront de leur apporter une aide spirituelle appropriée (Rom. 15:1 ; 1 Thess. 5:14 ; Héb. 12:12). Par contre, pour ce qui est d'une personne qui se retire volontairement, reniant ainsi la foi et abandonnant délibérément le culte de Jéhovah, on adoptera la même attitude qu'envers quelqu'un qui est excommunié. On fera une brève communication pour informer la congrégation, en ces termes : "[Untel] n'est plus Témoin de Jéhovah."
A propos de ceux qui, à son époque, avaient renié leur foi chrétienne, l'apôtre Jean a écrit : "Ils sont sortis de chez nous, mais ils n'étaient pas de notre genre ; car s'ils avaient été de notre genre, ils seraient demeurés avec nous." (1 Jean 2:19). Ainsi, une personne peut montrer par ses actes qu'elle renonce à sa place au sein de la congrégation chrétienne, par exemple en devenant membre d'une organisation dont les objectifs sont contraires aux Ecritures et qui est par conséquent jugée par Jéhovah (Is. 2:4 ; Rév. 19:17-21). Si un chrétien décide de se joindre à des personnes que Dieu désapprouve, une brève communication sera faite à la congrégation, disant : "[Untel] n'est plus Témoin de Jéhovah." On adoptera envers cette personne la même attitude qu'envers quelqu'un qui a été excommunié. Cette communication devra être approuvée par le surveillant-président."Le nouveau texte est plus précis. Le "retrait volontaire", ce n'est pas nécessairement une déclaration par laquelle on se retire de l'organisation des Témoins de jéhovah, il résulte aussi des actions qui ne respectent pas les critères de ladite organisation.
Sans le dire explicitement, il est bien évident que devenir membre "d'une organisation dont les objectifs sont contraires aux Ecritures" signifie devenir membre d'une autre religion, particulièrement une religion de la chrétienté.
Ceux qui sont devenus Témoins de Jéhovah avant "l'affaire Raymond Franz" pourraient faire valoir qu'ils ont adhéré à une organisation où ils avaient la possibilité de partir librement pour motifs personnels sans être exclus. C'est un argument qu'ils pourraient avancer devant les tribunaux, mais sans garantie que leur demande soit prise en considération.Naturellement, si un tel argument venait à être accepté par un tribunal, il créerait un précédent dont bénéficierait un grand nombre de Témoins "d'avant 1981" qui ont pris la décision de sortir de l'organisation uniquement pour raisons personnelles.