" MA CHAIR
... VRAIE NOURRITURE "
"Wir setzen"
J.S. Bach
Il est vrai que Jésus se servit souvent d'un langage symbolique, mais pas dans tous les cas.
Il faut donc examiner le contexte pour discerner quel est le véritable sens des paroles qu'il prononça.
Lorsqu'il employa des images, Jésus le fit particulièrement pour donner une signification plus profonde, plus spirituelle à son enseignement (et jamais pour embrouiller ceux qui l'écoutaient).
Le cardinal Wiseman disait que "chaque fois que les auditeurs du Seigneur trouvaient des difficultés, ou qu'ils étaient amenés à prendre ses paroles au sens littéral, alors qu'il leur parlait d'une façon imagée, son habitude constante était de réexpliquer littéralement ses paroles, afin de ne pas avoir été mal compris."
On en trouve un très bel exemple lorsque Jésus annonça à ses disciples : "Notre ami Lazare s'est endormi, mais je vais aller le réveiller."
Les disciples lui dirent donc : "Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé."
Jésus leur dit alors ouvertement : "Lazare est mort."
Christ corrigea leur mauvaise compréhension. (voir Luc 11 : 11 - 15).
Il montra à ses disciples que l'expression "s'est endormi" ne devait pas être prise au sens littéral, mais imagée.
A un autre moment, Jésus dit à Nicodème, un chef des Juifs, qu' "à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu."
Nicodème lui dit : "Comment un homme pourrait-il naître s'il est vieux ? Pourrait-il entrer une seconde fois dans le sein de sa mère et naître ?"
On voit bien que Nicodème n'avait pas compris. Il avait pris les paroles du Maître, "naître de nouveau", au sens purement littéral, alors que Jésus parlait d'une façon symbolique.
Jésus ne manqua pas de rectifier l'interprétation de Nicodème en précisant clairement ce qu'il venait de déclarer : "Nul, s'il ne naît d'eau et d'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu". (lire Jean 3 : 3 - 7).
Dans une autre circonstance, Jésus prévint ses disciples :
"Attention ! Gardez-vous du levain des pharisiens et des sadducéens !"
Eux se faisaient alors cette réflexion : "C'est que nous n'avons pas pris de pain."
Jésus connaissait leur pensée, c'est pourquoi il leur expliqua ce qu'il venait de dire : "Comment ne saisissez-vous pas que je ne vous parlais pas de pains, quand je vous disais : ' Gardez-vous du levain des pharisiens et des sadducéens ! ' Alors ils comprirent qu'il n'avait pas dit de se garder du levain des pains, mais de l'enseignement des pharisiens et des sadducéens."
Nous constatons que dans tous ces cas, Jésus précisa que ses paroles qui auraient, à première vue, pu être prises au sens littéral, devaient l'être au sens figuré.
Sans cette explication, son enseignement aurait été mal compris et aurait pu causer plus de tort que de bien. Tout au moins, il aurait provoqué la confusion.
En effet, nous savons que c'est toujours une mauvaise compréhension qui engendre des problèmes et peut conduire à des dérives doctrinales.
C'est pourquoi Jésus en était pleinement conscient et ne manquait pas de corriger l'interprétation erronée de ceux qui l'écoutaient.
Nous arrivons ainsi à un autre évènement qui se passa alors que Jésus enseignait dans la synagogue.
Il est relaté en Jean, chapitre 6, versets 48 à 72.
Voici ce qu'il dit notamment à ses auditeurs :
"Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie."
Sur quoi, les Juifs se mirent à discuter violemment entre eux : "Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?"
Jésus, au lieu de les corriger, au lieu de donner un sens figuré à ses paroles, répéta ce qu'il venait de dire avec plus d'insistance : "En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n'aurez pas en vous la vie ... Car ma chair est vraie nourriture et mon sang vraie boisson."
Ceci était un nouveau commandement divin, incompréhensible, inimaginable.
C'est pourquoi il est dit que beaucoup de ses disciples se mirent à murmurer : "Cette parole est rude ! Qui peut l'écouter ?"
Et l'évangile ajoute : "Mais sachant en lui-même que ses disciples murmuraient à ce sujet, Jésus leur dit : ' C'est donc pour vous une cause de scandale ? ' "
Plutôt que de leur expliquer que ses paroles devaient être prises au sens symbolique, figuratif, et c'était vraiment le moment approprié de le faire, nous lisons : "Dès lors, beaucoup de ses disciples s'en retournèrent et cessèrent de faire route avec lui."
Jésus savait très bien, sans aucun doute possible, que ses disciples eux aussi avaient pris ses paroles au sens littéral, s'attendait à ce que ses douze apôtres le quittent.
Il leur demanda donc : "Et vous, vous ne voulez pas partir ?"
Il est donc évident que, dans ce cas particulier, les paroles de Jésus sont à prendre au sens littéral : sa chair est "vraie nourriture" et son sang "vraie boisson".
Nous noterons que les Témoins de Jéhovah se réunissent seulement une fois par an pour célébrer le repas du Seigneur.
Ils l'appellent le "Mémorial".
Seuls, les "oints" peuvent participer aux "emblèmes" du pain et du vin. En d'autres mots, eux uniquement sont dignes d'avoir "en eux la vie".
La déclaration de Jésus "Prenez, mangez, ceci est mon corps ... Buvez-en tous, ceci est mon sang, le sang de l'Alliance" (voir par exemple en Matthieu, chapitre 26, versets 26 à 28) a été modifiée dans "La Traduction du Monde Nouveau" (version de la Bible produite par la Watch Tower) en "ceci représente mon corps", "ceci représente mon sang".
Le verbe conjugué grec "èstin" ne peut être traduit que par "est", sans équivoque.
La Watch Tower doit le reconnaître, puisque dans sa traduction interlinéaire grec-anglais, elle met dans le mot-à-mot "is" (est), mais dans le texte continu, elle interprète en "means" (représente).
Ignace d'Antioche (année 110) :
"Je n'ai pas d'attirance pour la nourriture corruptible, ni pour les plaisirs de la vie. Je désire le pain de Dieu, qui est la chair de Jésus-Christ, issu de la semence de David. Pour boisson, je désire son sang, qui est amour incorruptible." (Lettre aux Romains, chapitre 7, verset 3).
"Prenez note de ceux qui avancent des idées erronées sur la grâce de Jésus-Christ qui est venue vers nous, et voyez combien leurs arguments sont contraires à l'esprit de Dieu ... Ils s'abstiennent de l'Eucharistie et de la prière, parce qu'ils ne croient pas que l'Eucharistie est la chair de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a souffert pour nos péchés et que le Père, dans sa bonté, a ramené à la vie." (Lettre aux Smyrnéens, chapitre 6, versets 2 à 7).