Origine païenne?
Certains groupes religieux, basant leurs croyances sur la seule autorité de la Bible (Sola Scriptura), font grand cas de l'origine païenne des choses qui les entourent, particulièrement de celles qui se rattachent au culte.Toute doctrine, toute fête, tout objet qui découlent du paganisme ne peuvent, disent-ils, être introduits dans le vrai culte pour la simple raison qu'ils sont, de par leur origine, désapprouvés par Dieu.
Sur base de cet argument, il est particulièrement intéressant d'examiner les données qui vont suivre, données qui montrent à l'évidence que celui qui veut rejeter tout ce qui est de provenance païenne ou qui a subi l'influence du paganisme, spécialement en matière religieuse, tombe dans une série de non-sens et de contradictions.
Toutefois, avant d'aller plus loin, que veulent vraiment dire les mots "païen" et "paganisme"?
Beaucoup de ceux qui les utilisent sans réfléchir et à la moindre occasion connaissent rarement leur profonde signification.
En voici donc la définition complète:
Païen, ïenne. n. et adj. - Est issu très anciennement, et d'abord sous la forme pagien (881), du latin paganus, tiré de pagus, lui-même dérivé avec le sens propre de "borne fichée en terre" (encore dans la Vulgate), de pangere "ficher, enfoncer" d'où "établir solidement", "graver dans la cire, écrire"
(ses plus proches représentants en français sont compact, impact).
Pangere est apparenté à la racine de pax (paix).
Pagus a pris ensuite le sens de "territoire délimité par des bornes, district, circonscription territoriale rurale", souvent associé à vicus qui désigne le centre des habitations (français = vicinal). Un dérivé (pagensis) a donné pays.
Paganus, adjectif de pagus, signifie "de la campagne, du village" ;
il est substantivé pour désigner l'habitant de la campagne, le paysan.
A l'époque impériale, il a été employé au sens de "civil" par opposition à "militaire" et, par extension, a désigné l'amateur, le profane, par rapport à un groupe social déterminé (par exemple celui des littérateurs professionnels). Etant donné que, depuis de IIIe s., les clercs se nommaient milites et spécialement milites Dei, milites Christi "soldats de Dieu, du Christ", et qu'ils désignaient par Militia Christi la lutte pour la foi, ils furent amenés à utiliser paganus avec le sens péjoratif de "civil" pour qualifier et désigner les païens (début IVe s., pagana fides, chez Tertullien).
Le terme, évinçant gentiles (gentil), fut alors adopté dans le style législatif du début du Ve s., quand la législation devint hostile aux païens (409, loi d'Honorius dans le Code théodosien).
Cette hypothèse paraît préférable, d'un point de vue historique, à celle qui faisait traditionnellement de païen le représentant de paganus pris dans le sens de "paysan", en raison de la résistance de la population rurale à la religion du Christ; en effet, au IVe s., la propagation chrétienne était loin d'être assez avancée pour que les paysans puissent être considérés comme les seuls tenants des religions du passé et que les païens puissent être reconnus par un terme désignant les ruraux.
Le mot, d'abord attesté sous la forme pagien, puis païen (1080), qualifie et désigne l'adepte du polythéisme gréco-latin par opposition à chrétien. Par extension, il a commencé au XVIIe s. à s'appliquer à toute personne s'inspirant du paganisme antique (1671, n.; 1674, adj.) - Par ailleurs, déjà employé dans la Chanson de Roland (1080) pour désigner celui qui n'avait pas été évangélisé, il a pris le sens d'"impie" comme adjectif (début XIIIe s.), puis aussi comme nom (1740, dans la locution jurer comme un païen).
Paganisme. n.m. est emprunté pendant la Renaissance (1546) au latin chrétien paganismus "gentilité, fait d'être païen" (Saint Augustin), de paganus. En français, le mot a supplanté son ancien synonyme païenime (1150) "terre païenne, pays des infidèles" et "religion des païens" (1160-1174), encore répertorié par Huguet au XVIe s. et adaptant le latin paganismus d'après le français païen.
Paganisme désigne la religion polythéiste de l'Antiquité gréco-romaine et, par extension, les comportements qui s'opposant au christianisme, se rapprochent des tendances de la civilisation gréco-latine (1570).
Par métonymie, il se dit de l'ensemble des peuples païens (1605).
Assez paradoxalement, ceux qui attaquent la Chrétienté en disant que la plupart des doctrines qu'elle professe sont païennes ou proviennent du paganisme, emploient des termes qui ont été forgés par la Chrétienté elle-même!
La liste qui suit est loin d'être exhaustive; elle ne constitue qu'un faible "échantillon" qui a pour but de faire réfléchir le lecteur attentif.Après avoir médité sur chaque point et en avoir saisi toute la portée, il en tirera lui-même les conclusions qui s'imposent.
DIEU
Pourquoi dire encore que Dieu est "Dieu", alors que le terme lui-même est sans aucun doute d'origine païenne?
Ce mot vient du latin "Deus".
"Deus" contient une racine indo-européenne "dei" - "briller" qui, élargie en "deiwo" et en "dyew" a servi à désigner le ciel lumineux considéré comme divinité et les êtres célestes par opposition aux hommes, terrestres de nature.
C'est la plus ancienne dénomination indo-européenne de la divinité, liée à la notion de lumière. On la retrouve en grec dans le nom de Zeus (génitif Dios) et dans "dios" - "brillant". La même racine a servi d'autre part à désigner la lumière du jour et le jour (diurne, jour).
THEOS
Ce mot a été largement utilisé par les Grecs pour désigner les faux dieux de leur Panthéon ("pan" - "tout" et "theos" - "dieu"). Il a donc lui aussi indiscutablement une origine païenne.
De plus, pour retracer l'historique de ce terme, les chercheurs évoquent l'ancienne racine "dhe" du grec "tithenaï" - qui veut dire "poser, placer, mettre" (d'où vient d'ailleurs le mot thèse).
Il semble donc que le dieu serait originellement une stèle de pierre que l'on dresse ou que l'on pose.
LOGOS
Voilà un terme qui a été mis à l'honneur par l'apôtre Jean. - "Au commencement était la Parole (Logos en grec) ..."
Le Logos, la Parole, le Verbe, c'est-à-dire Jésus, le Fils de Dieu.
Ce mot grec est sans conteste le pur fruit de la pensée aristotélicienne.
INAUGURER
De grâce, n'inaugurez plus rien si vous voulez vous comporter en bon chrétien qui refuse de patauger dans la fange du paganisme!
Ce mot a en effet pour origine le verbe latin "inaugurare" qui est formé de "in" - "dans" et de "augurare" - "prédire".
"Augurare" est lui-même dérivé de "augur" - "prêtre qui fournit des présages, des divinations favorables, c'est-à-dire propre à accroître (augere = augmenter) les entreprises humaines".
Inaugurer, c'est donc remettre le bâtiment (ou tout ce qu'on veut inaugurer) aux bons soins des dieux protecteurs.
L'AMOUR "AGAPE"
Comment? Vous, chrétiens, vous désirez manifester l'amour "agapé"?
Savez-vous que ce genre d'amour est bien connu de la littérature païenne?
Par exemple, l'amour "agapé" est fort présent dans l'oeuvre du célèbre philosophe juif Philon d'Alexandrie (né en 20 avant JC , mort en 50 après JC).
Le concept d'agapé reçoit une promotion soudaine quand certains écrivains du Nouveau Testament l'adoptent après l'an 50 et le rendent synonyme d'amour chrétien.
Un bel exemple de concept païen christianisé!
LES SACRIFICES D'ANIMAUX
Il ne faut pas procéder à de grandes démonstrations pour attirer l'attention sur le fait que les sacrifices d'animaux étaient pratiqués au niveau national par quantité de peuples païens bien avant qu'ils aient été adoptés par Israël.
LE TEMPLE
Salomon était très proche de Pharaon. Il ne pouvait en être autrement, puisque la Bible nous apprend qu'il avait épousé la fille du souverain d'Egypte. Or, le Pharaon ne donnait sa fille en mariage à un étranger que s'il avait entièrement confiance en lui, que s'il était son ami intime.
Il est donc tout à fait logique que Salomon, fort lié à l'Egypte, tant au point de vue politique que commercial, confia la construction du Temple de Jérusalem à Hiram, autre grand ami de Pharaon et architecte très renommé à l'époque.
Il est facile de démontrer que le Temple de Jérusalem fut bâti en tenant compte des normes égyptiennes. La similitude entre les édifices dédiés aux dieux d'Egypte et le Temple de Salomon est frappante.
- Par exemple la présence tant en Egypte qu'en Israël du vestibule, du portique sacré, ainsi que du lieu très fermé et secret appelé "Naos" ou "Saint des Saints".
- Ou encore la construction, devant le portique du Temple de Salomon, de deux énormes colonnes ou piliers de cuivre. Ces deux mêmes colonnes se retrouvent devant le temple d'Héraclès à Tyr (rapport d'Hérodote), les Phéniciens ayant recopié la disposition des édifices égyptiens. Les annales pharaoniques rapportent que deux imposants obélisques se trouvaient devant le temple d'Amon-Ré à l'occasion des grandes fêtes.
N'oublions pas que Hiram (suivant les récits hiéroglyphiques), fut le constructeur de nombreux lieux de culte dédiés aux dieux étrangers.Comment? Le Temple du Dieu Très-Haut aurait des racines païennes?
Les faits montrent qu'il en est bien ainsi.Remarquons encore ceci:
Le mot, "temple", est lié à l'observation du mouvement des astres. Le "templum" signifiait primitivement le secteur du ciel que l'augure romain délimitait à l'aide de son bâton et dans lequel il observait, soit des phénomènes naturels, soit le passage des oiseaux.
Il en est venu à désigner le lieu, ou l'édifice sacré, où on pratiquait cette observation du ciel.
De même, le grec "temenos", qui vient du même radical indo-européen "tem" (couper, délimiter, partager), signifiait l'endroit réservé aux dieux, l'enceinte sacrée entourant un sanctuaire et qui est un lieu intouchable.
LE CHANDELIER
Le chandelier des Hébreux est l'équivalent de l'arbre babylonien de la lumière.
Avec ses attributs végétaux, le chandelier à sept branches est probablement un souvenir de l'ancien arbre du monde de modèle babylonien, dont les sept branches symbolisent les sept planètes et dont on retrouve la trace dans nos langues modernes où il est encore d'usage de parler des "branches" d'un chandelier.
LES CORNES DE L'AUTEL
La corne a le sens d'éminence, d'élévation, parfois de royauté. Son symbolisme est aussi celui de la puissance.
Amon, dieu égyptien, est appelé dans le Livre des Morts "Seigneur des deux cornes".
Le Mahàbhàrata (Inde) parle de la corne de Civa. Quant au dieu Agni, il possède des cornes qui sont impérissables.
En hébreu, notons que "quérén" signifie à la fois corne, puissance, force.
Les quatre cornes de l'autel des holocaustes placé dans le temple désignent les quatre directions de l'espace, c'est-à-dire l'étendue illimitée de la puissance de Dieu. (Exode 27:2; 37:25,26)
Voir aussi Psaumes 18:2; 75:4; 132:17.
Les cornes de l'autel sont à coup sûr un héritage égyptien.
L'ENCENS
Mais pourquoi donc les Hébreux ont-ils utilisé l'encens alors que l'origine païenne de ce parfum est incontestable!
On s'en servait en Egypte dans le culte des morts.
On s'en servait dans les rites babyloniens, ainsi qu'en Perse, en Crète.
Chez les Juifs, l'offrande à base d'encens, que l'on dédiait uniquement à Dieu, symbolisait l'adoration qu'on lui vouait, mais servait aussi à se réconcilier avec Lui lorsqu'Il manifestait son courroux.
Dans l'Apocalypse de St Jean, les 24 anciens tiennent "des coupes d'or pleines de parfum qui sont les prières des saints".
(Exode 30:7,8; II Chron. 13:11; Apocalypse 8:3).
LE PALMIER, LES PALMES
Le palmier était considéré comme un arbre sacré, et les Assyriens représentaient souvent le dieu-soleil Assur trônant au-dessus de la couronne de palmes qui coiffe le sommet de l'arbre.
Les Egyptiens posaient des branches de palmier sur les sarcophages et sur les momies.
La palme, le rameau, la branche verte, sont universellement considérés comme des symboles de victoire, d'ascension, de régénérescence, d'immortalité. Ainsi, la palme des martyrs.
Ou encore, souvenons-nous de cette foule décrite dans le livre de l'Apocalypse, foule dont les membres ont des palmes dans leurs mains.
On en offrit également au Christ lors de son entrée à Jérusalem.
Le nom grec du palmier "Phoïnix" indique que l'arbre était associé au soleil et à Hélios-Apollon (Phénix).
Niké, la déesse de la Victoire (en latin Victoria), était souvent représentée avec une branche de palmier.
LES CHERUBINS
Dans la Perse antique et chez les Assyro-Babyloniens, s'était développée toute une angélologie. Le nom hébreu de Cherub correspond au nom babylonien de Kâribu, qui désignait des génies à forme mi-humaine, mi-animale destinés à veiller à la porte des temples et des palais, comme des gardiens du trésor.
Les Chérubins jouent particulièrement un rôle de gardiens dans la Bible. Par exemple, ceux qui sont placés à l'entrée du jardin d'Eden, après qu'Adam et Eve en soient expulsés. Ou encore ceux qui se trouvent sur le couvercle de l'Arche d'alliance. Les Ecritures mentionnent aussi le roi de Tyr dans son rôle de chérubin protecteur.
En Egypte, les anges sont couverts d'ailes et d'yeux, symboles d'omni-présence et d'omni-science.
On retrouve de tels anges dans de nombreux passages de la Bible.
LE YOM KIPOUR
Les premières célébrations du nouvel an remontent, semble-t-il, à 2000 ans avant notre ère dans la ville de Babylone, où la nouvelle année, qui correspondait à la fin du mois de mars, était saluée par des festivités onze jours durant: "Les célébrations commençaient lorsqu'un grand prêtre, levé deux heures avant l'aube, se purifiait dans les eaux de l'Euphrate avant de sacrifier au dieu de l'Agriculture, Marduk, pour qu'il garantisse de bonnes récoltes. Ensuite, on frottait les murs du temple avec l'arrière-train d'un bélier décapité afin d'absorber ainsi toute impureté qui pourrait affecter le saint lieu et, par extension, les récoltes de l'année à venir."
Cette cérémonie était appelée Kupurru, un terme que l'on retrouve à peu près à la même époque chez les Hébreux où il porte le nom de Grand Pardon, Yom Kippour, que l'on observe encore aujourd'hui.
LES PLEIADES
C'est une petite constellation composée de sept étoiles dont la plus importante est Alcyone (3ème grandeur) dont le nom signifie la paix. Pour certains astronomes anciens, c'était le soleil central de notre galaxie.
Les Babyloniens l'appelaient Temennu, la Pierre Fondamentale.
Les Pléiades ont eu une importance astrologique évidente.
La Bible a accordé aux Pléiades une place de choix. On en parle dans le livre de Job, par exemple au chapitre 9, verset 9. (Pour information, bien que le mot hébreu définissant cette constellation est "Mazzaroth", les recherches actuelles identifient avec quasi certitude "Mazzaroth" avec les Pléiades).
En Job chapitre 38, versets 31 et 32, les Saintes Ecritures parlent de Dieu qui à le pouvoir de nouer les liens des Pléiades, ou de détacher les cordages de l'Orion (Kesil en hébreu). Il a donc le pouvoir de tenir les étoiles de la constellation bien unies, ou encore de les séparer. Dieu est donc le Maître absolu de sa création, notamment des amas d'étoiles.
Certains groupes religieux ont soutenu que la demeure éternelle de Dieu se trouve dans les Pléiades.
LA LUNE ET LE CALENDRIER
Chez les Babyloniens, la Lune est divinisée.
C'est pourquoi ils adoptent un calendrier lunaire de 29/30 jours. Ils célèbrent trois dates importantes: 1) la néoménie (nouvelle lune) - 2) le 7ème jour - 3) le 15ème jour (pleine lune).
Leur année commence au mois de Nisan.
Le lecteur n'a qu'à voir lui-même quelles sont les similitudes avec Israël.
Notons que la Lune joua un role capital dans la mystique juive.
Le prophète Esaïe déclara que "la lumière de la lune sera comme celle du soleil, et la lumière du soleil sera multipliée par sept" (Esaïe 30:26).
"Si, en voyant la lumière resplendir et la lune s'avancer radieuse ..." lit-on en Job 31:26.
Dans les Ecritures, la lune est en général associée au soleil et aux étoiles.
Elle apparaît dans les visions apocalyptiques de l'apôtre Jean.
NE D'UNE VIERGE - VISITE DES MAGES
Ainsi parla Zarathoustra (628 avant J.-C. - 551 avant J.-C): "A la fin des temps, au moment de la dissolution qui les termine, un enfant sera conçu et formé avec tous ses membres dans le sein d'une vierge, sans qu'un homme l'ait approché. On verra une étoile brillante au milieu du ciel, sa lumière l'emportera sur celle du soleil. Quand se lèvera l'astre dont j'ai parlé, que des courriers soient envoyés par tous, chargés de présents pour l'adorer et lui faire offrande."
Cette prophétie, très troublante à première vue, est, sans aucun doute possible, d'origine païenne.
Faut-il en conclure que cette origine annule automatiquement la Parole de Dieu? Pour suivre la stricte logique énoncée au début de cet exposé, il faudrait rejeter en bloc le passage de l'évangile relatif à la naissance de Jésus parce qu'il est basé sur le paganisme!Il serait, bien sûr, erroné d'en arriver à une telle conclusion.
Ce que nous venons de voir prouve tout simplement que des écrits païens contiennent des germes (et sans jeu de mots, des gemmes) de la révélation divine.
L'origine païenne n'est certainement pas un critère pour rejeter l'objet, le récit, ou la doctrine qui en découlent. Cette origine forme bien souvent la base, le fondement d'une doctrine, d'un évènement qui sera révélé, magnifié plus tard.A titre d'exemple, certains soutiennent que la Trinité n'est pas acceptable pour les chrétiens parce que 1) elle n'est pas conforme à l'enseignement biblique (ce qui invite à un autre examen), et que 2) les païens avaient des tas de trinités dans leurs croyances. Précisons que cette affirmation n'est pas tout à fait exacte; il faudrait plutôt parler de "triades" au lieu de "trinités".
On dit souvent: "Une preuve de l'existence de Dieu, c'est que l'idée d'un être supérieur est ancrée dans le tréfonds de la conscience humaine, même dans celle du plus arriéré des sauvages".
Dès lors, puisque de nombreuses croyances anciennes font état de "triades" ou de "trinités", pourquoi ne pas admettre que cette conception de Dieu en trois formes, en trois personnes, est également imprimée dans les labyrinthes intimes de l'individu?
LA NATIVITE
La nativité du dieu Agni a été annoncée dans les écrits sacrés de l'Inde (Veda - rédaction achevée vers 900 avant J.-C.) par l'apparition d'une étoile appelée Savanagratta.
Agni naquit entre la vache mystique et l'âne (porteur du soma), de la Vierge Maya et d'un père terrestre, charpentier, appelé Twàstri.
Ce dieu védique du feu a été comparé à un agneau d'après les descriptions qu'en faisaient les textes sacrés.On notera les mêmes remarques que pour l'article précédent.
L'IBIS ET LE COQ
En Egypte, l'ibis était l'incarnation du dieu Thot, dieu de la parole créatrice, source de sagesse.
L'ibis égyptien avait, entre autres, la faculté d'annoncer les crues du Nil.
Quant au coq, il fut pour de nombreuses nations païennes l'emblème solaire, le symbole de la lumière naissante. Il a le pouvoir d'annoncer la naissance du jour.
Reprenant ces concepts issus de cultes anciens, nous trouvons les questions suivantes dans le livre de Job, au chapitre 38, verset 36: "Qui a mis dans l'ibis la sagesse, donné au coq l'intelligence?".
LE TAU
Ah, oui! Cachez de Tau que l'on ne saurait voir!
Ceux qui ont le signe de Tammouz en horreur feraient bien de consulter le livre du prophète Ezéchiel.
Pour rappel, Tammouz est un dieu assyro-babylonien.
Quant à la lettre Tau, c'est une lettre de l'alphabet hébreu que l'on prononce Tav ou Taw et qui correspond à notre T.
C'est aussi une lettre de l'alphabet grec qui correspond également au T français.
Mais revenons à Ezéchiel et voyons ce que dit sa prophétie au chapitre 9, verset 4: "JHVH (Adonaï) lui dit: Passe au milieu de la ville, au milieu de Ieroushalaïm; trace une trace sur le front des hommes qui gémissent et geignent contre toutes les abominations qui se font en son sein."
Le traducteur (Chouraqui) mentionne en bas de page: "Une trace: la lettre TAV, qui primitivement avait la forme d'une croix."
Donc, en hébreu ancien, le mot "trace" (ou marque, signe) s'écrit avec une simple lettre, un Tav ou Taw qui correspond au Tau, symbole de Tammouz, et qui a la forme d'une croix.
Ezéchiel 9:4 pourrait par conséquent se lire comme suit: "...Passe au milieu de la ville ... Trace un Tav (ou un Tau, ou une croix) sur le front des hommes qui gémissent ..."
A noter qu'il s'agit d'une croix comme ceci: "T" ou "+" et non "X" comme le suggèrent assez habilement ceux qui rejetent la croix chrétienne et qui n'aiment guère ce passage biblique.
LE VIN ET LE SANG
Dans les religions anciennes, c'est-à-dire dans le paganisme, le vin était très généralement associé au sang, tant par la couleur que par le caractère d'essence de la plante. Il était par conséquent le breuvage de vie ou d'immortalité.
Par exemple, dans la Grèce antique, le vin se substituait au sang de Dionysos et figurait le breuvage qui donnait la vie éternelle.
Est-ce pour cela que nous devrions douter de ce que Jésus a fait pour les humains, lors de la dernière Cène?
Ne devrions-nous pas plutôt nous émerveiller de ce que, comme nous le disions plus haut, des germes de vérité apparurent çà et là dans le paganisme?
Terminons ici cet examen sur une note humoristique.
Je me souviens de ces jeunes gens qui voulaient à tout prix éviter quelque "intrusion païenne" au cours de leur cérémonie de mariage.
C'est ainsi qu'ils évitèrent, bien sûr, d'aller à l'église, lieu païen par excellence. Pas question non plus, pour les invités, de jeter les traditionnelles poignées de riz.
Tout se passa très bien. La mariée était mignone à souhait sous son voile blanc. Elle tenait dans la main un joli bouquet de fleurs enrubannées. Le couple était accompagné d'un joyeux cortège de garçons et de demoiselles d'honneur.
Après avoir prononcé le "Oui", ils se passèrent tendrement les anneaux nuptiaux à l'annulaire gauche.
Et le lendemain, ils sautèrent dans l'avion pour un merveilleux voyage de noces.
Arrivés à l'hôtel, le jeune mari se montra fort galant et porta son épouse dans ses bras pour passer le seuil de la chambre.
Mais ils avaient oublié ceci:- Le voile nuptial, dont l'usage est antérieur à celui de la robe de mariée, était autrefois destiné à masquer le visage de la mariée aux esprits maléfiques, toujours attirés par le bonheur des autres.
- Le bouquet de mariée est censé garantir la félicité conjugale, car les fleurs symbolisent amour et fécondité.
- Les rubans du bouquet portent également chance.
- La présence de demoiselles et garçons d'honneur provenait de la nécessité à la fois de protéger la mariée des démons et puissances surnaturelles et de celle d'empêcher son enlèvement comme cela se produisait autrefois. Selon une vieille légende britannique, il existait jadis une créature mystérieuse, tenant d'un spectre ou d'un ange déchu, qui jalousait bonheur et mariage, et qui faisait tout pour contrecarrer les unions. Pour se protéger de ce démon, la mariée se cachait derrière un voile et se faisait assister de demoiselles d'honneur. Elle portait des fleurs, car celles-ci étaient messagères de paix.
- L'alliance est passée de préférence à l'annulaire gauche car, selon une croyance datant des Grecs (IIIe siècle avant J.-C.) et adoptée par les Romains, une veine appelée la "veine de l'amour" reliait cet annulaire au coeur.
- Le voyage de noces remonte également aux temps des mariages par rapt. L'homme éloignait et isolait sa conjointe jusqu'à ce qu'elle ait accepté son nouveau rôle ou que sa famille ait abandonné les recherches. On trouve trace de cet usage chez les Scandinaves du début de l'ère chrétienne chez qui seul le garçon d'honneur savait où le couple se cachait.
L'éloignement permettait aussi d'échappper à tous les esprits malfaisants qui s'acharnaient à détruire le bonheur des nouveaux époux.- La tradition qui veut que le marié porte sa femme pour passer le seuil de la maison (ou de l'hôtel où le couple passe sa nuit de noces) a pour but de déjouer l'infortune. On dit aussi que cela l'empêche de trébucher et d'attirer ainsi le mauvais sort.
La tradition existait également chez les Romains pour une autre raison, semble-t-il. Les pieds de l'épouse ne devaient pas toucher le sol considéré comme quasi sacré. Au dire de Virgile, la mariée était portée pour indiquer qu'elle perdait sa virginité à contrecoeur. Vers l'an 50 avant notre ère, on enjambait haut le seuil pour attirer le bonheur, selon Catulle.
Sources consultées:Pour l'étymologie des mots:
- Dictionnaire historique de la langue française - RobertPour l'origine ancienne de certaines coutumes ou d'expressions bibliques:
- Dictionnaire des symboles, des rites et des croyances - de Catherine Pont-Humbert (1995)
- Dictionnaire des symboles - de Jean Chevalier et Alain Gheerbrant (1982)
- Encyclopédie des symboles (Knaurs Lexikon der Symbole) - de Hans Biedermann (1989)
- Solomon's New Men - du Rév. E.W. Heaton (1974)
- Le livre des superstitions - de E. Mozzani (1995)Pour "Né d'une Vierge - visite des Mages":
- Les Rois Mages - Historia n° 434 (janvier 1983)Pour "La nativité":
- L'origine des rites de Noël - Historia n° 599 (novembre 1996)Pour "La Lune et le calendrier"
- Les calendriers - Historia n° 434 (janvier 1983)Pour l'exactitude de certaines définitions:
- Le Petit Larousse 1998.Pour les textes bibliques:
- La Traduction Oecuménique de la Bible.
- La Traduction de Chouraqui.