Dissolution de l'organisation
des Témoins de Jéhovah de Moscou
Pourquoi ?



Le 16 juin 2004, le tribunal municipal de Moscou tenait une audience en vue d'examiner l'appel formulé par l'organisation religieuse des Témoins de Jéhovah moscovites. Cette dernière demandait l'annulation de la décision prise le 26 mars 2004 par le tribunal de district de Golovinsky (district administratif du Nord).

Durant l'audience, les juges Fedotova, Neretina et Vodopyanova, examinèrent la requête présentée.

A. Leontiev, G. Krylova et le Canadien J. Berns, avocats des Témoins de Jéhovah, mirent d'emblée la pression sur ceux qui étaient présents, tout d'abord avec une longue liste de documents qui, suivant eux, montraient que le tribunal de Golovinsky manquait de compétence et n'était pas familier avec l'objet des débats.

La lecture de cette liste prit environ une heure.

Toutefois, le tribunal ne tint pas compte de l'argumentation du défendant et l'ensemble des documents fut à nouveau rejeté, car ils n'avaient rien à voir avec le cas traité.

Ensuite le défendant fit un très long exposé.


L'avocat Artur Leontiev compara la liquidation de l'organisation à la peine capitale qui pourrait être infligée à un individu et il en vint immédiatement à menacer le tribunal et la Russie de porter l'affaire devant la Cour des Droits de l'Homme à Strasbourg.

Dans sa plaidoirie, similaire à celles des autres avocats des Témoins de Jéhovah, il répéta constamment le même et unique argument, à savoir qu'il y avait disproportion dans les chiffres ; à peine sept témoins du côté du plaignant (le procureur régional administratif du nord de Moscou) venaient exposer les problèmes familiaux qu'ils avaient avec des personnes de leur parenté appartenant à l'organisation des "Témoins de Jéhovah", alors qu'il y a 10 000 membres dans l'organisation des "Témoins de Jéhovah" de Moscou.

A noter que ce genre de comparaison n'est autre qu'une ruse habituelle des avocats. Il est certain que dans un tribunal, on ne peut convoquer qu'un nombre limité de témoins. Il est impossible de demander à 10 000 témoins de venir faire une déposition.


Galina Krylova qui, grâce à ses talents d'actrice, a des admirateurs, ne les a pas gratifié de quelque nouveauté. Elle débita encore une fois son seul discours valable, le même qu'elle donne lors de toutes ses auditions qui ont un rapport avec les organisations religieuses, commençant par le cas "Aum Shinrikyo", cas avec lequel l'ancienne procuratrice entama sa carrière consistant à défendre les sectes.
Identique à elle-même, roulant des yeux, agitant les mains, utilisant sa rhétorique fatigante sur "l'ordre politique" et la "pression qui vient d'en haut" (nous comprenons tous de qui il s'agit !), Mme Krylova vit ses arguments, ainsi que ceux de ses collègues, rejetés par le tribunal qui opta pour le témoignage de l'autre partie.
En fait, il n'y eut aucune preuve légale dans le texte qu'interpréta splendidement Mme Krylova, mais uniquement de l'émotion dans le style soap opera mexicain ou brésilien.


Le Canadien Berns, avec la rare arrogance d'un parvenu provincial, commença à sermonner le tribunal, laissant entendre que notre pays n'est que de "deuxième classe", que nos tribunaux (y compris celui-ci) sont remplis de préjugés et d'injustice, qu'ils ne sont pas en conformité avec les normes judiciaires de l'Europe et du monde. Et il se prit la peine de les énumérer avec condescendence.

Sa conclusion fut vraiment pathétique : "Un tribunal tient compte des desiderata de toutes les parties concernées,. Il tient compte des desiderata du procureur. Il tient compte des desiderata du "Comité de protection pour les jeunes" qui est présent ici et a délégué un de ses membres, Alexander Dvorkin, représentant officiel de l'Eglise orthodoxe russe (2).
Tenez aussi compte des desiderata des "Témoins de Jéhovah", qui sont repris dans les paroles d'un avocat bien connu. Vous le connaissez tous, il vécut il y a deux mille ans et son nom est Paul (3) . Il leur écrivit dans une lettre lettre adressée au jeune Timothée.
Mr Berns s'en vint alors à citer le Nouveau Testament : "J'exhorte donc, en tout premier lieu, à ce qu'on fasse des supplications, prières, intercessions, actions de grâces, à propos de toutes sortes d'hommes, à propos de rois et de tous ceux qui sont haut placés ; afin que nous puissions continuer à mener une vie calme et paisible dans un parfait attachement à Dieu et en toute dignité." (1 Timothée 2 : 1 -2).

Mr Berns n'expliqua pas en quoi cette citation, qui parle de la vie de la congrégation chrétienne primitive, avait un rapport avec la secte totalitaire des "Témoins de Jéhovah".


Le réquisitoire de Tatyana Kondrateva, qui représentait le bureau du Procureur du district Nord de Moscou, et qui conduisit la réunion, fut court et s'en tint à l'essentiel. Il fut appuyé par un représentant du bureau de l'avocat de Moscou et par le département municipal de la justice.
Les juges délibérèrent ensuite.
Quinze minutes plus tard, ils revinrent et prononcèrent la sentence : "La décision du tribunal de Golovinsky reste d'application, l'appel des "Témoins de Jéhovah" est rejeté."
La sentence prend effet immédiatement, avec possibilité d'interjeter appel dans un délai d'un an. L'organisation des "Témoins de Jéhovah" de Moscou est dissoute.


Notes :

(1) Un organisme moscovite qui réunit les amis et les parents des victimes des sectes.

(2) J'étais présent dans la salle en tant que spectateur, je n'étais ni un membre du Comité, ni un représentant officiel de l'Eglise orthodoxe russe.

(3) ?

Alexander Dvorkin



Document inédit traduit du russe via l'anglais par Jacques LUC

Avec l'aimable coopération d'Alexander DVORKIN
Centre d'Etudes Religieuses
Rue Pogodinskaya 20, bld.2 - Moscou 119435 - Russie
Tel./Fax: (+7 095) 246-25-35




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