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Au Palais de Justice
Une conférence sur le mouvement Kitawala au Congo
M. Paul-Ernest Joset, administrateur honoraire de territoire, a fait une conférence à la section de droit colonial de la Conférence du Jeune Barreau, au Palais de Justice de Bruxelles. Présenté par Me Marcel Mayne, président de la section, l'orateur a parlé avec beaucoup de compétence et de vie du problème humain posé au Congo belge par le mouvement Kitawala. Celui-ci a manifestement été à l'origine de deux révoltes indigènes, celles de Massissi et de Lubendo, qui ont, en 1941 et 1945 eu un caractère de gravité certain. Ce mouvement est, en réalité, une déformation de la religion des "Témoins de Jéhova", mal interprêtée par certains indigènes.
Aussi M. Joset croit qu'un bon moyen de lutter contre le Kitawala serait d'envoyer aux indigènes touchés par cette doctrine des missionnaires des "Témoins de Jéhova" (Watch Tower) qui, au nom de la religion, réformeraient leur point de vue politique.
Mais il est un autre moyen de lutter contre le danger Kitawala. C'est d'améliorer les conditions économiques et sociales de la vie des indigènes.
On a eu tort de ne pas distinguer dans la répression l'aspect religieux et l'aspect politique du mouvement incriminé. Celui-ci n'existait à l'origine qu'au Katanga. La relégation de ses chefs a considérablement élargi leur rayon d'action.
Même si cette secte ne constitue pas un véritable danger, il faut néanmoins, conclut l'orateur, ne pas négliger ce problème.