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La secte Kitawala et les "Témoins de Jéhovah"
D'une "doctrine" idyllique aux réalités africaines
Nous avons publié dans notre édition du 31 mai, sous le titre "Jéhovah et ses témoins en Afrique", une étude sur la secte Kitawala, particulièrement remuante au Congo belge. Nous établissions les liens existant entre cette secte et la "Watch Tower Society" (autrement dit les "Témoins de Jéhovah").
Cette étude nous vaut une longue lettre du président du Conseil d'administration de la "Watch Tower Society" en Belgique, M. Heuse (voir photo). Celui-ci nous signale que cette société poursuit actuellement son activité dans 158 pays. Il ajoute :
"La Watch Tower Bible and Tract Society déploie son activité, entre autres, dans de nombreux pays et colonies de l'Afrique, mais il convient de préciser que sur ce continent, cette activité se poursuit toujours sous surveillance européenne. Signalons toutefois que la Watch Tower Bible and Tract Society n'a jamais eu des missionnaires ou des ministres au Congo belge. Cependant, elle a entamé des négociations - qui sont actuellement en cours - avec les autorités de la colonie en vue d'y faire entrer des représentants européens. Si l'autorisation sollicitée est accordée, tout malentendu concernant un rapport possible entre la Watch Tower Bible and Tract Society et le Kitawala ne tardera pas à être dissipé. Les sectaires du mouvement kitawala ne sont nullement des représentants de la Watch Tower Bible and Tract Society et cette société n'est en aucune manière responsable de l'activité de ce mouvement au Congo belge. Il est injuste de vouloir associer un tel mouvement à l'oeuvre chrétienne de la Watch Tower Bible and Tract Society, sans accorder à cette société l'occasion d'exposer les faits réels.
Quelques personnes ont essayé de faire un rapprochement entre la Watch Tower Bible and Tract Society et le mouvement kitawala à cause d'une certaine analogie des noms dans l'idiome bantou. D'autres ont prétendu que les adeptes du Kitawala ont été trouvés avec des publications de la Watch Tower Bible and Tract Society en leur possession. Cependant, le fait qu'un individu possède un écrit de cette société ne rend pas celle-ci responsable pour autant des actes commis par cet individu. Raisonner de la sorte équivaudrait à prétendre que la Libre Belgique est responsable du crime de tout criminel ayant en sa possession un exemplaire de votre journal.
Au cours des trente années écoulées, la Watch Tower Bible and Tract Society a publié et répandu plus de 700.000.000 de livres et de brochures et des centaines de millions de périodiques en plus de 100 langues. Par conséquent, il est impossible qu'elle sache ce que devient chacune de ces publications. De toute façon, il s'agit uniquement de manuels d'étude biblique, aucun de ces écrits n'ayant le moindre caractère politique. D'ailleurs, les témoins de Jéhovah ne s'occupent jamais de politique".
Le but de la société, précise encore M. Heuse est "d'améliorer la moralité du peuple, de favoriser le développement mental de celui-ci et de lui donner une espérance". Ce sont, dit-il, des messages de paix que les témoins de Jéhovah répandent à travers l'Afrique, et qu'ils désirent répandre au Congo belge. S'il en était autrement, leur activité ne serait-elle pas interdite dans les 158 pays où ils exercent une activité ? On nous dit également que le père et la mère du président Eisenhower étaient des témoins de Jéhovah. "Il est absolument faux de prétendre que ces chrétiens s'opposent aux dirigeants des pays où ils habitent".
On mentionne l'activité des témoins de Jéhovah en Rhodésie du Nord où ils constituent "une des plus importantes organisations religieuses du pays et où ils organisèrent récemment une réunion à laquelle assistaient plus de 36.000 Africains représentant des tribus de toutes les parties de la Rhodésie et certaines du Tanganyika". La réunion fut paisible et suscita des commentaires favorables. Il y a deux ans, lors d'une grève dans la région de Copper Belt, les témoins de Jéhovah n'interrompirent pas leur travail dans les mines de cuivre.