Joseph Booth, une légende africaine
Titre original anglais : "Joseph Booth, an African Legend"
(From: Investigator No. 37 - 1994 July - p. 32)
http://www.adam.com.au/bstett/JwJosephBooth.htm
© Copyright 1994
Traduit en français par Jacques Luc avec l’autorisation du journal “Investigator”
Joseph Booth naquit à Derby, en Grande-Bretagne, le 26 février 1851. Son père était Unitarien, tandis que sa mère faisait partie de l'Eglise d'Angleterre. Les différences religieuses auxquelles il dû faire face au foyer l’amenèrent à se poser tout au long de sa vie quantité de questions. Ses parents, par exemple, acceptaient tous deux les Dix Commandements, mais son grand-père se vantait d'avoir tué des Français et ses oncles d'en avoir fait tout autant avec des Russes. Pour Booth, cette attitude était en conflit avec « Tu ne tueras point ». Il en conclut qu’en réalité aucun d’entre eux n'observait réellement les commandements de Dieu.
A l'âge de 15 ans, il acquit son indépendance en trouvant un job d'employé comptable dans le Derbyshire. Devenu agnostique, il se consacra à la lecture d’ouvrages écrits par des auteurs athées et radicaux. Tout ceci, ajouté à ses conflits familiaux, lui insufla une vive autodétermination qui allait le servir plus tard dans sa lutte contre les forces à l’œuvre en Afrique.
En 1872, il épousa une jeune fille du Yorkshire. De cette union naquit un fils, John Edward (1876), et une fille, Emily (1883). En 1880, il déménagea avec sa famille en Nouvelle Zélande où il devint fermier.
Il se mit à lire fréquemment la Bible et recouvrit petit à petit la foi. En 1886, il s’établit à Auckland où il se lia d’amitié avec le Révérend Thomas Spurgeon, fils de Charles Spurgeon, personnalité londonienne très connue.
Une conversion graduelle le conduisit finalement à se consacrer à faire tout ce que Dieu lui demandait. Il en fut pleinement convaincu lorsque le petit Edward lui offrit une carte d'anniversaire accompagnée d'une citation biblique : ‘Reconnais-Le dans toutes tes voies et Il te montrera le chemin’
« Ces paroles me transpercèrent comme un coup de poignard. » écrivit-il. (1)
Ce texte lui rappela la conclusion qu’il avait tirée vingt ans plus tôt, à savoir que personne n’obéit vraiment à Dieu.
« Je fus saisi d’un tel tremblement et me mis tant à pleurer que je fus contraint de retourner dans ma chambre, accablé et sans voix, incapable de prier. Je sanglotai, envahi par une crise de honte en réalisant à quel point ma vie, jusqu’à ce jour, avait été effroyablement égocentrique et superficielle ». (2)
Son épouse lui fit également part d'un rêve dans lequel une femme étrangère disait : « Ne viendrez-vous pas chez nous pour nous aider ? »
Toutefois, c’est en Australie que se produisit l’événement qui, tel un catalyseur, allait lui révéler sa vocation missionnaire.
En 1887, il déménagea avec sa famille à Melbourne où il devint partenaire d’une chaîne de restaurants. Ayant opté pour la foi baptiste orthodoxe, il fut nommé diacre dans la « North Brighton Baptist Church ».
Dans le « Science Hall » de Melbourne, des employés et ouvriers militants se réunissaient le dimanche soir pour prendre part à des conférences et participer à des débats. Leur champion, un certain Joseph Symes, ex-ministre Wesleyen devenu athée, mit les pasteurs de Melbourne au défi. Seul Booth accepta. Pendant deux ans, animé d’une hardiesse grandissante, il participa aux débats un dimanche sur deux.
Le fameux « catalyseur » se déclencha au début de 1891, lorsque Symes, devant une assistance de quelque mille personnes, se tourna vers Booth et lui dit :
« … Ici, vous menez votre petit traintrain de vie comme tout le monde. N’avez-vous donc jamais entendu ou lu l’ordre ultime donné par le Christ ‘Allez dans les parties les plus éloignées de la terre’ … ? N’y a-t-il pas des sauvages en Afrique Centrale ? Et s’il y en a, pourquoi n’allez-vous pas vers eux au lieu de jeter des ‘perles suspectes’ dans un endroit où personne n’en veut ? » (3)
En mai, Booth vendit ses biens. Par deux fois, il alla en Angleterre pour offrir ses services à la Mission Intérieure de Chine, ainsi qu’à d’autres sociétés. Mais à cause de son âge – il avait 40 ans – on ne l’accepta pas.
Par après, influencé par John Paton, le fameux missionnaire des Nouvelles Hébrides, il tourna son regard vers l’Afrique, Le 19 octobre 1891, son épouse décéda. Le 31 octobre, accompagné de ses deux enfants, il retourna en Angleterre.
Objectifs
Vers les années 1800, William Carey et les Baptistes fondèrent en Inde des missions autonomes. Elles inspirèrent Booth dont l’idéal était de créer des postes semblables, largement indépendants du soutien qui provenait de l’étranger. La richesse réside dans le travail, estima-t-il, et l’Afrique pourrait devenir riche si ses ressources étaient bien utilisées.
Booth définit qu’une première ligue missionnaire, se suffisant à elle-même en produisant des cultures rentables, pourrait inciter des centaines de groupes de 6 à 10 personnes à déménager en Afrique pour y ouvrir un peu partout des « Missions Industrielles » (Industrial Missions). Elles seraient « industrielles » en ce sens qu’on y enseignerait l’agriculture et l’industrie aux Africains. Tous les capitaux seraient gérés par des trusts. Les missionnaires ne vendraient ni n’investiraient. Chaque mission prêcherait et y installerait de nouvelles missions en répandant la coopération euro-africaine sur tout le continent. Par la suite, il y aurait en Afrique une égalité raciale quant aux droits politiques, aux salaires et aux opportunités d’emploi et d’éducation. Finalement, on aboutirait à l’indépendance.
Les objectifs de Booth pourraient mieux prendre leur essor là où les conditions n’étaient pas totalement « primitives », c’est-à-dire près des missions déjà établies.
On en viendrait d’ailleurs plus tard à l’accuser de « récolter sans semer ».
Au vu de ces différentes recettes ayant pour but d’enrichir l’Afrique, on allait vite accuser Booth d’incitation à la rébellion indigène. Un missionnaire qui lui rendit visite en Angleterre, lui recommanda d’ailleurs de stocker des fusils.
Booth déclara toutefois :
« Il ne m’est jamais venu à l’esprit d’utiliser une arme. Si Dieu n’avait pas pu ou n’avait pas voulu me protéger des dangers, je n’aurais eu aucune raison de vivre et j’aurais préféré mourir. Ainsi, sans m’en rendre compte, je suis devenu ce qu’on appelle de nos de jours, un pacifiste». (4)
En Afrique
En août 1892, Booth créa le poste principal de sa mission baptiste, la « Zambesi Industrial Mission », près de Blantyre au Nyassaland (actuellement le Malawi). Les missionnaires de la Scottish Free Church (Eglise Libre d’Ecosse), établis là depuis longtemps, s’opposèrent à ce que Booth achète des terres. Cette situation créa de mauvaises relations qui perdurèrent longtemps.
Booth écrivit avec sarcasme : « … N’est-ce pas un merveilleux spectacle que de voir des hommes élégamment habillés en robes coûtant annuellement des centaines de livres, prêcher un évangile d’abnégation à des esclaves, hommes et femmes, seulement vêtus de peaux de chèvre et obligés de travailler sept jours par semaine … » (5)
Booth paya les Africains 18 shillings par mois, soit six fois le montant qu’ils recevaient du gouvernement ou des missions. Des jeunes gens d’autres missions se joignirent à lui et furent rebaptisés. Les planteurs, les négociants, ainsi que l’Administration, craignirent des problèmes économiques. D’un côté, les Africains louaient Booth avec passion, mais de l’autre les Blancs l’injuriaient.
Booth tenta ensuite d’étendre ses Missions Industrielles du côté de Livingstone, ce qui, en Angleterre, souleva des plaintes de l’Eglise d’Ecosse.
Néanmoins, en mars 1893, il avait fondé huit missions.
Il voyagea sans armes dans les régions sauvages de l’Afrique, accompagné de sa fille Emily âgée de 10 ans.
Second mariage et conflits avec les autorités
En 1885, les administrateurs britanniques de la Mission du Zambèze, furieux, renièrent Booth. Il passa ensuite quatre mois en Angleterre et en Amérique, où il trouva de nouveaux alliés. Il fonda la « Baptist Industrial Mission ». Le 4 mars 1896, il épousa Annie Watkins, une infirmière originaire de l’Ile de Wright.
Des rumeurs circulaient qu’en Afrique Centrale et dans le Zululand, certains Africains commettaient des actes de cannibalisme sur des Européens. Booth s’y rendit donc accompagné d’un homme de la tribu Yao afin de calmer ces craintes. Pendant ce temps, il ne cessa d’exposer ses plans pour l’amélioration de la condition africaine.
Les Blancs critiquèrent cette campagne, car ils y virent les germes de courants de mécontentement qui pourraient conduire à la rébellion des autochtones.
Le texte de Booth « L’Ethiopie étendra bientôt ses mains vers Dieu » (Psaumes 68 : 31) engendra certaines peurs parmi les Blancs lorsque l’Ethiopie battit l’Italie en mars 1896.
En 1897, son livre « Africa for the Africans » critiqua la « ruée vers l’Afrique » des nations européennes.
En 1898 il se rendit en Amérique et accepta la doctrine du Sabbat.
Représentant l’Eglise Baptiste du Septième Jour de Plainfield, au New Jersey (USA), sa famille y établi la « Plainfield Industrial Mission », située à 30 miles de Blantyre. Ensuite, via le « Central African Times », il réclama réparation pour les dommages causés aux indigènes.
En 1899, il fit circuler une pétition pour que l’indépendance africaine survienne endéans les 21 ans et pour que des études supérieures gratuites soient octroyées à 5% des Africains.
Ceci en était trop. Le Commissaire A. Sharpe demanda l’arrestation de Booth. Aidés par des Africains, lui et sa famille se cachèrent au Mozambique. Lorsqu’ils revinrent au Nyassaland, ils perdirent le contrôle de Plainfield.
En 1903, devenu Adventiste du Septième Jour, Booth fut déporté en Afrique du Sud.
Chilembwe
Un des premiers convertis fut John Chilembwe (né vers 1860). Baptisé en juillet 1893, il devint l’homme de confiance de Booth, son interprète et compagnon de voyage. Il soigna Emily lorsqu’elle contracta la malaria et veilla sur Edward qui était mourant.
Début 1894, Booth retourna en Angleterre pour réunir des fonds.
Sous son influence, Chilembwe croyait que la servitude de « Cham » envers « Japhet » prendrait fin très rapidement.
A deux, ils créèrent une organisation qu’ils appelèrent « Christian Union of Nyassaland », laquelle recherchait :
« Les mêmes droits, politiques, sociaux et économiques, tant pour les Africains que pour les Européens, une activité africaine indépendante dans tous les secteurs de l’économie …». (6)
En 1897, Booth emmena Chilembwe en Amérique. C’est là que ce dernier étudia pendant trois ans dans le « Negro Baptist Seminary ». Puis, de retour en Afrique, Chilembwe fonda la « Providential Industrial Mission » dirigée par des Africains. Il y bâti des écoles africaines indépendantes et planta du coton, du thé et du café. La mission avait une allure « occidentale ». Les gens qui s’y trouvaient étaient propres, travaillaient dur, prohibaient l’alcool et étaient anti-Européens.
Russell
En 1905, Booth tenta d’établir des missions en Afrique de l’Est et en Ouganda, mais il fut expulsé par les Britanniques. Il déambula ça et là du côté de l’Afrique du Sud et de la Grande-Bretagne, cherchant de nouveaux appuis.
Une rébellion des habitants du Natal se produisit en 1906. On soupçonna les Adventistes du Septième Jour.
Pour écarter les soupçons, ils excommunièrent Booth. Celui-ci rechercha alors le parrainage des Eglises du Christ (Churches of Christ) établies en Angleterre, mais sans succès.
La filiale de Cape Town lui octroya toutefois un travail temporaire consistant à ouvrir une de leurs missions.
Booth en vint à être dépressif et découragé, car tout le monde s’opposait aux missions industrielles. Sans ces dernières, il était persuadé que très peu d’Africains trouveraient le Christ.
C’est en 1906, en Ecosse, que Booth découvrit le Russellisme.
Charles Taze Russell (1852-1916), fondateur de la secte des Témoins de Jéhovah, professait un évangile qui englobait les éléments suivants :
1. Le retour de Jésus a eu lieu en 1874 et le début du Royaume de Dieu en 1878.
2. Le temps biblique de la fin se situe dans la période 1799-1914 et le « temps de détresse » annoncé par la Bible entre 1874 et 1914.
3. La guerre en Europe (aux environs de 1907) culminera par Harmaguédon vers 1912-1914.
4. La paix mondiale sous le gouvernement (dirigeant depuis Jérusalem) des patriarches juifs ressuscités, doit survenir vers 1915.
5. Russell lui-même est « le serviteur fidèle et avisé » de Dieu, distribuant la « nourriture au temps convenable ».
Booth, qu’un nouvel enthousiasme enflammait, se rendit en Amérique pour discuter avec Russell.
Kamwana et Domingo
De retour en Afrique et prenant comme base Cape Town, Booth introduisit le Russellisme en Afrique Centrale par le truchement du courrier et de travailleurs itinérants.
Elliot Kamwana, un membre de la tribu Tonga de Livingstone, le rencontra pour la première fois en 1900. Il fut baptisé en 1902.
En 1907, il fut endoctriné au domicile de Booth pendant six mois.
Kamwana importa le Russellisme à Livingstone. Lors d’immenses assemblées où régnait une émotion intense, 10.000 personnes furent baptisées entre septembre 1908 et juin 1909. Les gens du pays estimaient en fait que de telles conversions rapides étaient de loin plus attrayantes que la dure méthode écossaise qui exigeait une période d’apprentissage.
A noter que la polygamie et l’immoralité continuaient à sévir partout. Kamwana en vint à prédire la fin du colonialisme pour 1915, et ce au milieu de cataclysmes cosmiques. Les autorités l’expulsèrent.
Russell écrivit en 1909 dans le périodique « La Tour de Garde » :
« Frère Elliot Kamwana a été arrêté et expulsé par le gouvernement à l’instigation des missionnaires calvinistes écossais de Bandwe, au Lac Nyasa.
Ces derniers ont été grandement surpris de constater que leur travail qui avait pris tant d’années avait pu être aussi rapidement sapé par la haute valeur de notre enseignement».
En 1912, l’enthousiasme se calma. Le « Watch Tower Movement » de Kamwana se divisa et se dispersa vers la Rhodésie, le Tanganyika et le Congo. Pendant ce temps-là, en 1910, Booth s’était tourné vers les Baptistes du Septième Jour.
Charles Domingo, originaire lui aussi de Livingstone, passa des examens de théologie en 1900. Ensuite il fonda une église indépendante et, en 1909, étudia le Russellisme. Booth le convainquit par la suite de croire en la doctrine du sabbat. Fort de ce succès, Booth retourna en Amérique et obtint l’appui des Baptistes du Septième Jour.
Vers 1912, Domingo comptait 2.000 disciples. Mais les symboles extérieurs du baptême et l’observance du Sabbat se substituaient à une véritable spiritualité intérieure. Les Baptistes du Septième Jour lui retirèrent leur appui et la croissance des disciples cessa.
Ainsi, Booth faisait face à un nouvel échec.
Encore plus désappointé
En 1912, Booth s’en alla une nouvelle fois à la dérive. Ses revenus provenaient des pensionnaires qui habitaient sa maison de Cape Town. Lorsqu’il y accueillit des Africains, d’autres ennuis survinrent.
En février 1913, il publia des tracts plaidant pour une « British Christian Union » ayant pour objectif l’égalité raciale et la mise en valeur de la productivité latente de 50 millions d’Africains. Le projet n’aboutit à rien. Dans une nouvelle pétition, en mai 1914, il fit part des doléances africaines, particulièrement la perte de territoires, et il réclama instamment l’établissement de ce qu’il appela « Native Advisory Councils ». Ce fut encore l’échec.
Agé et abattu, Booth déménagea au Basutoland pour accomplir un travail missionnaire indépendant.
Insurrection
Les prophéties russellites se répandirent par l’entremise de Chilembwe, une des plus beau fleuron de Booth. Malgré une mission qu’il dirigeait avec succès et qui était fort appréciée, Chilembwe était déterminé à « frapper et mourir ».
Les causes de l’insurrection furent nombreuses : depuis des décennies, les taxes, les bas salaires, la confiscation des terres avaient douloureusement marqué le Nyassaland. 12% des mineurs de ce pays travaillant en Afrique du Sud mourraient chaque année. Une grande misère avait résulté de la famine de 1912.
Des visiteurs négro-américains propagèrent des récits de Noirs qui triomphaient en Amérique. Depuis 1895, le réveil émotionnel exprimé par des missionnaires de la « Scottish Free Church » avait donné racine à des tendances qui exprimaient le nationalisme par l’entremise de la religion. C’est ainsi que d’autres courants religieux (incluant ceux de Kamwana et de Domingo) furent en partie nationalistes. « Les temps de troubles » annoncés par Russell, révisés pour la circonstance en « immédiatement après 1914 », furent source d’éléments apocalyptiques.
Le 23 janvier 1915, Chilembwe, accompagné de 200 adeptes, massacrèrent trois Blancs. Pour éviter que l’insurrection ne s’étende, ce qui aurait pu conduire à une invasion allemande, les Anglais réagirent très vite. Les troupes intervinrent et Chilembwe fut tué dans le combat qui s’ensuivit.
Après 1915
Suite à cette insurrection, on parla beaucoup de Joseph Booth en Afrique. La police de Cape Town l’expulsa, lui et sa famille, du Basutoland et les embarqua, sans argent, sur un bateau en partance vers l’Angleterre. D’après les conclusions officielles, Booth ne fut pas au courant de l’insurrection, mais il en sema les germes.
Il poursuivit encore ses combats pour la cause des Noirs, mais dans une moindre mesure. Après 1925, il retourna en Afrique du Sud. C’est là que son épouse mourut et qu’il se maria pour la troisième fois. Sa santé déclinant, il retourna en Angleterre en 1932. Il y mourut la même année, le 4 novembre.
Booth lutta avec force contre les courants politico/sociaux intercontinentaux en vue d’aboutir à une Afrique chrétienne indépendante où existerait l’égalité raciale. Pour ce faire, il établit de nombreuses missions et rejoignit différentes sectes les unes après les autres en vue d’obtenir leur soutien. Bien qu’en fin de compte il ne parvint pas aux buts qu’il s’était fixés pour l’Afrique, il fut fameux quant à son obstination et à son endurance, renommé quant à ses idéaux.
Il devint une légende africaine.
L’indépendance est à présent acquise dans la majorité des pays africains, non pas à la manière de Booth, c’est-à-dire pacifiquement, mais en grande partie dans la violence.
Epilogue
Le mouvement africain Watchtower, appelé « Chitawala » en Rhodésie et « Kitawala » au Congo, subsista en tant que mouvement indépendant, prenant des formes très variées. Il fut eschatologique, anti-Européen et violent. Il en résulta quantité de meurtres, chasse aux « sorcières » et petites rébellions indigènes.
Aux environs de 1930, les Témoins de Jéhovah, rejeton principal du Russellisme, arrivèrent en Afrique et tentèrent de récupérer le mouvement. Ils échouèrent, mais purent cependant convertir de nombreux adeptes du Kitawala.
Ce qui a donné aux Témoins un « air du terroir » qui n’est guère apprécié par les autres religions occidentales établies en Afrique.
(1)(2)(3)(4)(5) Citations de Shepperson & Price 1958.
(6) Citation de Rotberg 1935.