
Les “ Temps des Gentils ” Reconsidérés
de Carl Olof Jonsson |
disponible en français
Tous ceux qui ont été Témoins de Jéhovah ou qui connaissent ce mouvement savent que l’année 1914 est une des “briques ” essentielles de leur édifice doctrinal. Ainsi, on enseigne aux Témoins que le royaume de Dieu a été établi dans les cieux en 1914, que les “ derniers jours ” ont commencé cette année-là, que Christ est revenu à cette époque de façon invisible pour “ inspecter ” les religions chrétiennes, et qu’il les a finalement toutes rejetées à l’exception de la Société Watch Tower et de ceux qui lui étaient associés. Il aurait ensuite désigné cette même Société en 1919 comme son unique “ instrument ” sur la Terre. C’est pourquoi la Société Watch Tower déclare être le “ seul canal ” et “ porte-parole ” de Dieu sur la Terre.
Mais il est une autre date qui se cache derrière 1914. Une date et un calcul, pour être plus exact. Cette date est 607 avant Jésus-Christ ou, pour parler comme les Témoins, “ avant notre ère ”. Quant au calcul, le voici : Selon la Société Watch Tower, les “ temps des nations ” ou “ temps des Gentils ” mentionnés en Luc 21.24 sont une période longue de 2 520 ans qui a débuté lors de la prise de Jérusalem par le roi Neboukadnetsar (ou Nabuchodonosor) II – événement qui a mis un terme à l’existence du royaume de Juda et, par conséquent, à la souveraineté exercée par la dynastie de David – et qui a pris fin en 1914. Or les historiens situent la chute de Jérusalem en 587 av. J. C., soit vingt ans trop tard pour les Témoins de Jéhovah…
Comment faire pour que la chronologie et l’histoire concordent avec les calculs et la doctrine ? Tout simplement en déplaçant la chute de Jérusalem de vingt ans en arrière pour aboutir à 607 av. J. C. Mais il fallait aussi trouver un quelconque soutien pour cette dernière date. Ce soutien, ou plutôt cette “ béquille ”, a été trouvée en Jérémie 25.11, 12 et 29.10. Comme ces textes annonçaient que la domination de Babylone sur le Proche et le Moyen Orient durerait soixante-dix (septante) ans, il a suffi à la Société de redéfinir cette période pour en faire la durée de la captivité des Judéens en Babylonie, puis d’affirmer qu’elle s’était terminée en 537 av. J. C. Si l’on tient compte du fait qu’il n’y a pas d’année “ 0 ” et que l’on passe directement de 1 avant à 1 après J. C., il faut admettre qu’il y a bien 2 520 années entre 607 av. J. C. et 1914.
Bien évidemment, les Témoins de Jéhovah admettent unanimement que les dates et les calculs avancés par leur organisation sont exacts. On leur enseigne d’ailleurs que si l’histoire “ profane ” place la chute de Jérusalem en 587 av. J. C., la Bible enseigne, elle, que Jérusalem est tombée en 607 “ avant notre ère ”. Ils estiment, par conséquent, que ceux qui pensent que les dates avancées par les historiens sont exactes ne croient pas vraiment en la Bible. En 1968, cependant, un Témoin suédois, Carl Olof Jonsson, s’est mis à creuser la question. Ancien et prédicateur à plein temps (“ pionnier ”), il a été mis au défi par une de ses connaissances de prouver l’exactitude de la chronologie de la Société Watch Tower. Il a, pendant sept ans, effectué des recherches qui ont vu s’accumuler les preuves, non pas en faveur, mais à l’encontre de la chronologie en laquelle il croyait. Il a réuni le fruit de ses recherches sous la forme d’un traité et a décidé en 1977 de le soumettre au Collège central des Témoins de Jéhovah, à Brooklyn (USA), pensant que les membres de ce Collège examineraient son texte avec attention et objectivité. Comme les implications doctrinales découlant de la date de 607 av. n. è. sont trop importantes pour leur organisation, Jonsson a fini par en être exclu (ou excommunié) pour “ apostasie ”en 1982.
Le traité de Jonsson a été retravaillé et publié en 1983 sous le titre The Gentile Times Reconsidered. Il a connu une deuxième édition en 1986, puis une troisième, revue et augmentée, en 1998, et enfin une quatrième, revue et augmentée elle aussi, en 2004. Cette dernière présente dix-sept preuves différentes et indépendantes les unes des autres en faveur de l’année 587 av. J. C. La traduction française, intitulée Les “ Temps des Gentils ” Reconsidérés, a été réalisée d’après les deux dernières éditions anglaises.
De nombreux sujets y sont abordés, tous en rapport avec l’interprétation des “ Temps des Gentils ” ou “ temps fixés des nations ” (Luc 21.24, Traduction du monde nouveau) et la chronologie de la Société Watch Tower.
En sept chapitres suivis d’un Appendice sont abordés les sujets suivants :
L’histoire de l’interprétation des prophéties à caractère chronologique ou apocalyptique,
des interprétations rabbiniques du Ier siècle à celles des mouvements chrétiens
du XXe siècle.
Existe-t-il vraiment une chronologie “ biblique ”, et peut-on situer les événements
relatés dans la Bible sans la chronologie “ profane ” ?.
Comment les historiens de l’antiquité ont transmis leur savoir, et pourquoi les dizaines
de milliers de tablettes d’argile de la période néo-babylonienne permettent de dater les
événements de l’époque de façon précise et sûre..
À quoi correspondent les “ 70 ans ” annoncés en Jérémie 25.11, 12 et 29.10, et
pourquoi l’exil des Judéens à Babylone n’a pas pu durer aussi longtemps..
Pourquoi les “ sept temps ” de Daniel 4.13, 29 ne peuvent pas représenter une période
de 2 520 années..
Un examen de diverses tentatives officielles et officieuses, de la part de la Société Watch Tower ou de Témoins qualifiés, pour dévaloriser les preuves présentées par l’auteur..
Chacun de ces sujets est, bien entendu, abondamment développé et Jonsson aborde des domaines aussi variés que l’archéologie, l’astronomie, l’histoire, l’assyriologie, la linguistique, etc., tout en se référant sans cesse à la Bible. Cet ouvrage de 437 pages, dont un Index (général et biblique) de 15 pages, reste néanmoins abordable pour tous.
Christian Dott
Pour télécharger Les “ Temps des Gentils ” Reconsidérés (format PDF), cliquer
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Deux extraits du livre :

Ces extraits sont publiés avec l'accord
de l'auteur, de l'éditeur et du traducteur
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