UN DOSSIER URGENT

L'enfant face aux parents
Témoins de Jéhovah




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Lica de Guzman chante
"Prendre un enfant par la main"




L'enfant dont les parents sont Témoins de Jéhovah a-t-il de réels problèmes à surmonter?

Est-il victime de pressions qui peuvent le perturber tant psychologiquement que mentalement?

Il faut tout d'abord faire remarquer que peu de jeunes deviennent Témoins de Jéhovah suite à l'intense travail de prosélytisme que ce groupement accompli par sa démarche systématique de porte en porte.

Contrairement à d'autres organisations, les Témoins ne visent pas un créneau particulier de la population, par exemple en ciblant plus spécifiquement les jeunes par contacts sur la voie publique ou dans les campus universitaires.

Dans la très grande majorité des cas, on dit qu'un enfant est "Témoin de Jéhovah" parce que ses parents le sont.

Il faut toutefois apporter une nuance à cette appellation.

On ne devient vraiment "Témoin" que lorsqu'on prend le baptême.

Celui qui a l'intention de se faire baptiser doit apporter les preuves qu'il désire devenir un "disciple". Ainsi il doit s'identifier à un "proclamateur de la bonne nouvelle du Royaume" et prendre une part active aux réunions organisées par la congrégation. De plus, avant le baptême, il faut qu'il accepte de se soumettre à un questionnaire assez long (en général subdivisé en trois séries d'une trentaine de points étalées sur trois sessions réparties sur plusieurs jours ou semaines). Cet examen est mené à tour de rôle par les différents responsables du groupe local. Ces questions - basées sur la Bible et sur un livre que le candidat reçoit avant le baptême, livre où se trouvent en fait toutes les réponses - vont déterminer s'il est apte (ou digne) de devenir un "serviteur" de Jéhovah. En fin de compte, ce sont les responsables ou "anciens" de la congrégation qui décideront.

Si la réponse est affirmative, le candidat pourra se faire baptiser par immersion à la prochaine assemblée de circonscription ou de district.

On comprend donc que le baptême n'est pas réservé à de jeunes enfants, mais à ceux qui "saisissent" le pas important qu'ils vont accomplir. Dans la pratique, on en voit certains qui se font baptiser vers l'âge de 10 ans (rarement avant) et d'autres qui ne le sont pas encore à 15 (et qui attendent même plus tard).

Donc, beaucoup d'enfants ne sont pas "Témoins" dans le sens absolu du terme. Ils suivent simplement leurs parents.

Il faut également faire une nette distinction entre l'enfant qui est né, qui a été élevé dans une famille de Témoins et celui qui, par exemple, va déjà à l'école lorsque les parents entrent dans le mouvement. Ces derniers ont, en général, beaucoup plus de difficultés à conduire l'enfant dans leur nouvelle croyance.

La situation se complique lorsqu'un seul des parents, le plus souvent la mère, accepte la "vérité". L'enfant peut alors être tiraillé de deux côtés: par celui ou celle qui a adhéré au mouvement et qui va s'évertuer à l'y amener, et par la partie "adverse" qui va s'efforcer de contrecarrer les efforts de l'autre. Des tensions très vives, qui peuvent mener jusqu'au divorce, vont alors immanquablement survenir dans le milieu familial et perturber l'enfant.

Cependant, il arrive que celui qui n'accepte pas les doctrines des Témoins baisse les bras, ou est indifférent, et en fin de compte "laisse faire" son conjoint.


L'enfant qui vit au sein d'une famille de Témoins est-il à proprement parler un martyr? Certainement pas.

Reçoit-il des coups? Non, pas plus qu'un autre. La Bible, disent ceux qui envoient les directives depuis le siège central de Brooklyn, recommande l'utilisation de la verge (nous dirions du martinet) lorsque cela s'avère vraiment nécessaire. Les parents Témoins de Jéhovah y recourent-ils? Très peu souvent.

Des dérives sont possibles, mais elles restent fort rares.



Il faut que l'on comprenne bien ceci: Ce qui atteint l'enfant au plus profond de lui-même est beaucoup plus imperceptible, beaucoup plus subtil.

Il s'agit d'une série d'interdits qu'il va devoir subir, tant bien que mal, souvent sans les comprendre.

Nous insisterons particulièrement dans cet exposé sur les enfants en bas âge.

Et s'il est l'objet de la risée et des moqueries de ses compagnons de classe, ceux-ci ont une excellente excuse. Eux non plus ne comprennent pas ce qui se passe, les explications de leur petit copain étant souvent fort embrouillées et confuses.

Il se peut que les parents aient gentiment prévenu l'enfant. Par exemple comme ceci: "C'est bien si on ne t'aime pas; c'est parce que que tu es dans la vraie religion. Tout le monde n'a pas aimé Jésus non plus."


Examinons donc quelles sont les choses courantes de la vie qui sont défendues aux Témoins de Jéhovah et que les parents Témoins inculquent à leurs enfants (qu'ils soient baptisés ou non).




Il est interdit de célébrer les anniversaires.

C'est souvent le cas, lorsqu'arrive le jour anniversaire d'un écolier ou d'une écolière, on prépare une petite réception à la maison et on invite les copains et les copines.

L'enfant Témoin de Jéhovah ne peut en aucun cas y aller!

Bien sûr, il va de soi que les parents n'organisent jamais rien non plus dans le domaine des anniversaires, vu l'interdiction formelle de célébrer ces fêtes "d'origine païenne". Les instructions qui émanent de l'organisation des Témoins de Jéhovah sont extrêmement claires à ce sujet. De telles pratiques pourraient, en cas de mauvaise volonté, de non-repentir et de récidive, entraîner des sanctions allant jusqu'à l'exclusion.

L'enfant n'assimile pas ou assimile peu les méandres de cette manière de vivre, mais il obéit. Résultat: il ne souhaite pas de "bon anniversaire". Ni à papa, ni à maman.

Pas vraiment de gros problèmes s'ils sont tous deux Témoins!

Mais que se passe-t-il lorsqu'un des deux ne l'est pas? Que dire surtout des grands-parents et des autres membres de la famille?

Il faut noter qu'aucun compromis n'est possible; la règle est là, inflexible: on ne dit "bon anniversaire" à personne. Et, c'est l'évidence même, on n'envoie pas de cartes de voeux.

Que de frictions probables avec la famille! Et, on peut se le demander: que de frustrations pour le jeune enfant!


Il est tout aussi prohibé de fêter les saints du calendrier.

Là encore, un enfant de parents Témoins de Jéhovah ne peut pas marquer d'une croix le jour de "sa" fête.

Et il ne s'occupera surtout pas de la fête de ses amis d'école.

Tout cela, dit-on, est d'origine satanique et fait partie intégrante du comportement d'un système corrompu qui sera bientôt détruit. De plus, ajoute-t-on, de telles célébrations (y compris l'anniversaire de naissance dont nous venons de parler) mettent inévitablement l'individu sur un piédestal, ce qui peut lui être fort préjudiciable.

Autres conséquences: pas de "bonne fête!" à papa, à maman, à grand-papa, à grand-maman, et à tous les autres.


Pas question non plus de fête des mères, des pères et célébrations semblables.

Demande-t-on aux élèves de préparer une lettre, un dessin, un poème, un bouquet de fleurs pour cette circonstance? Le jeune enfant devra refuser.

Ne perdons pas de vue les difficultés que de telles interdictions peuvent créer dans le milieu scolaire. Nous ne parlons pas en particulier des problèmes entre l'élève et le professeur (car, en général, les parents tiennent au courant les responsables de l'école et remettent une brochure qui explique la position prise par les Témoins en cette matière), mais nous insistons surtout quant aux incompréhensions entre élèves, surtout lorsqu'ils sont petits.

Et, répétons-le, d'inévitables conflits familiaux surgissent lorsque l'un des deux parents n'est pas Témoin.

Ils aimeraient peut-être, eux, ce père, cette mère, ce grand-père, cette grand-mère, cet oncle, cette tante, qui n'ont pas accepté la religion de la Watch Tower, qu'on leur montre un peu d'attention à l'occasion de ces jours spéciaux.

Et il est probable que le petit garçon, la petite fille, voudraient démontrer en ces circonstances une attention particulière à leurs parents, comme le font leurs camarades de classe.


Un enfant de Témoins de Jéhovah ne reçoit pas de jouets à l'occasion de la Saint-Nicolas.

Car, tout se tenant très logiquement, Nicolas subit le même sort que toute la liste des saints du calendrier.

On imagine le scénario de l'enfant se rendant à l'école, interpellé par un petit copain pendant la récréation:

- "Qu'est-ce que Saint-Nicolas t'a apporté?"
- "Moi, rien."
- "Quoi! ...Rien?
- "Non."
- "Tu as sans doute été trop méchant?"
(Le petit, se défendant avec vigueur) - "Moi? Non. je ne suis pas méchant!... Mais on ne fête pas Saint-Nicolas à la maison."
- "Pourquoi?"
- "C'est pas bien, mes parents ils disent que ce n'est pas pour les chrétiens ..."
- Mon papa et ma maman sont aussi chrétiens, et moi, j'ai reçu beaucoup de choses!

Les Témoins disent bien haut qu'ils offrent des jouets à leurs enfants à d'autres moments de l'année. Ils prennent comme argument qu'il ne faut pas attendre une occasion spéciale pour faire un cadeau. Ce qui est vrai, mais ce qui n'empêche pas l'autre.

Tout ça, c'est très bien, mais ce sont des raisonnements de "grands"!

Le petit de 5-6 ans, lui, argumente-t-il de la même façon? Ne se sent-il pas plutôt frustré de ne pas être traité "comme les autres"?

Les responsables des congrégations des Témoins de Jéhovah vous diront que c'est de l'exagération. "Regardez comme nos enfants sont heureux!" s'exclament-ils.
Si tel est le cas, comme nous le soulignerons encore plus loin, pourquoi tant de jeunes gens désertent-ils l'organisation?


Un des fameux interdits pour un Témoin: la fête de Noël.

Les périodiques "La Tour de Garde" et "Réveillez-Vous!" vous le démontreront, surtout dans des articles qu'ils publient lorsqu'approche la fin de l'année: Noël est une fête païenne, d'origine babylonienne et qui déshonore Dieu et son Fils.

Résultat direct pour l'enfant:

Pas de père Noël, d'arbre et autres guirlandes.
Pas de chants de Noël.
Pas de cartes "Joyeux Noël!".
Pas de crèche.
Pas de cadeaux.
Pas de bûche (sauf, cela arrive, la bûche glacée du supermarché - parce qu'elle n'est pas chère à cette époque-là ... mais encore faut-il tomber sur des parents "large d'esprit" dont la conscience n'est pas troublée par un tel achat).

Et tous les autres problèmes qui peuvent en découler, notamment avec la famille.


Sont également prohibées, les autres fêtes comme Pâques et la Nouvelle Année.

A propos de Pâques, on l'aura compris:

Pas d'oeufs durs colorés, ni d'oeufs en chocolat.
Pas de mignons petits lapins.
Pas de cloches (romaines!)
Pas de ... etc ... etc ...

Où les choses se corsent, c'est lorsqu'arrive la période de la nouvelle année.

Pas de voeux oraux, ni à la famille, ni aux amis, ni aux voisins, ni à personne.
Pas de cartes de voeux.
Pas de gâteau de nouvel-an (sauf peut-être ... voir la bûche de Noël).

Un Témoin de Jéhovah, un fils ou une fille de Témoin, ne souhaitera jamais une "Bonne année".

Assez curieusement, ils peuvent dire "Bonjour" [*], "Bonne journée" [*], "Bonne matinée" [*], "Bonne après-midi", "Bonne soirée" [**], "Bonsoir" [**], "Bonne nuit" [**], "Bon dimanche", "Bonne semaine", "Bon week-end", "Bon amusement", "Bon voyage" [***], "Bon appétit", (qui sont en fait pour la plupart des souhaits d'origine païenne, se rattachant à la réapparition miraculeuse et journalière du soleil [*], à la peur des entités diaboliques peuplant les nuits [**], à l'exorcisme des fantômes malfaisants qui hantent les chemins [***]) ... et d'autres, mais surtout pas "Bonne année".

On peut se représenter le trouble de l'enfant à qui on interdit de souhaiter la bonne année à ses petits amis, à ses professeurs, aux membres de sa famille.

Et si on lui présente des voeux, que doit faire le Témoin digne de ce nom? Il ne peut absolument pas répondre: "Pareillement". Il dira simplement "Merci".


Pas (ou peu) d'activités extra-scolaires.

Si ces activités ne sont pas explicitement défendues, elles le sont implicitement. Elles sont en tout cas ouvertement déconseillées.

Les parents - s'ils sont de bons Témoins de Jéhovah - feront tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher leurs enfants de se livrer à des activités organisées par l'école en dehors des heures de classe, comme le football, la gym, la natation, ou d'autres sports, ainsi que le théâtre, la danse, la participation à une chorale, sans oublier les sorties.

Dans ces activités extra-scolaires, il faut inclure les colonies de vacances.

Bien que certains parents envoient leurs enfants dans de telles colonies (sans doute pour avoir, comme tous les parents, la paix pendant quelques jours), ils agissent néanmoins, sans souvent s'en rendre compte, à l'encontre les instructions-conseils de leur organisation.

Si un Témoin de Jéhovah occupe une position de responsabilité au sein de la congrégation, il arrivera qu'on pourra lui reprocher un tel "laisser-aller".


Ne pas se faire d'amis "dans le monde".

Nous avons utilisé plus haut les mots "amis", "copains", pour désigner les écoliers que côtoient les enfants des Témoins de Jéhovah.

Ces mots sont trop forts, car un jeune Témoin ne doit normalement avoir ni vrai ami, ni bon copain, dans ce "monde condamné". Comme les bons fruits qui se corrompent au contact prolongés de ceux qui sont gâtés, il ne peut qu'en être de même en fréquentant le monde méchant.

Il faut donc qu'il choisisse (ou que ses parents choisissent) ses amis au sein de la "congrégation chrétienne".

Par conséquent, cet enfant a difficile d'être vraiment épanoui dans son milieu scolaire, car on lui aura répété à maintes reprises que "l'amitié de ce monde est inimitié contre Dieu" et qu'il ne peut qu'emmagasiner des choses peu édifiantes s'il se fait de vrais amis parmi ses camarades de classe.


Ne pas se faire "ami du monde".

Cela signifie qu'un enfant de Témoin ne s'intéressera et ne s'occupera ni de près ni de loin aux manifestations ou activités à caractère social, politique, ou humanitaire.

Ainsi, pas question pour lui de participer à une "marche blanche" (comme cela s'est produit en Belgique en mémoire des enfants assassinés par Dutroux) ou de contribuer de quelque manière que ce soit à une oeuvre de bienfaisance, qui sera très souvent suspectée d'avoir des liens et des implications politiques.

Notre génération est intrinsèquement dépravée, elle s'en va à la perdition, sans aucun espoir. Pourquoi contribuer à soutenir les efforts des hommes, résolument "tournés contre Jéhovah", efforts qui seront finalement voués à l'échec?

L'enfant veut-il déposer quelques francs dans une boite ou une enveloppe pour soutenir une oeuvre patronnée par l'école? Probablement les parents ne le lui permettront pas.

Ils lui apprendront surtout que des "boites d'offrandes" pour promouvoir l'oeuvre mondiale des Témoins de Jéhovah existent dans la "Salle du Royaume".

(Lorsque l'argent récolté par l'institution scolaire servira à un but bien défini comme celui de garnir l'arbre de Noël, de préparer la fête de la Saint-Nicolas, ou d'autres manifestations interdites énumérées ci-avant, il est certain que les parents défendront formellement à leurs enfants de contribuer à une telle collecte).

Un fait vécu: En Belgique, des parents Témoins ont refusé que leur jeune enfant porte un ruban blanc que l'école demandait d'attacher au cartable en souvenir de Julie et Melissa, les petites victimes de Dutroux.




Les études supérieures? Guère encouragées.

Les études supérieures ne sont pas interdites. Il y a certains enfants qui sont poussés en ce sens par leurs parents. - (Notons toutefois que souvent des coreligionnaires considèrent ces parents comme des chrétiens "faibles dans la foi", des chrétiens qui n'ont pas une grande confiance dans un "monde nouveau" si proche).

Entreprendre de hautes études? C'est bien loin d'être la règle générale.

A quoi pourraient servir de telles études dans un système qui n'a plus aucun avenir? De plus, ne vont-elles pas éloigner les jeunes de leur créateur? Ne vont-elles pas dangereusement les engager dans la voie du matérialisme?

Les études supérieures ne sont-elles pas à considérer comme une perte de temps?

N'y a-t-il pas mieux à faire à notre époque où "le temps qui reste est court", comme l'affirme la Bible?

Pourquoi ne pas se limiter au niveau d'études tel que l'exige la loi du pays, ensuite s'efforcer de trouver un travail de quelques heures par semaine, pour subvenir à ses besoins, et consacrer le plus important de sa vie au service de "pionnier"? (service qui consiste à prêcher 70 heures par mois - pour un total d'environ 850 heures par an).

Notons cependant que depuis quelques temps, un revirement se manifeste dans l'organisation des Témoins quant aux études plus poussées. En effet, la Société a besoin dans ses Béthels de main d'oeuvre spécialisée pour gérer ses biens. Nous pensons particulièrement au domaine informatique.


Les enfants étudient en compagnie de leurs parents et ils vont avec eux aux réunions et dans la prédication.

Que les enfants soient avec leurs parents, voilà certes une disposition très louable!

Mais lorsqu'on fait la récapitulation des nombreuses heures que les Témoins doivent consacrer à leur culte, on est en droit de se poser certaines questions.

Cinq réunions sont tenues chaque semaine (réparties généralement sur une soirée et une après-midi).

"Ecole du ministère théocratique" - (on y apprend à s'exprimer) : 3/4 d'heure.
"Réunion de service" - (on y apprend à prêcher) : 3/4 d'heure.
"Etude de livre" - (on examine un livre édité par l'organisation) : 1/2 heure.
"Discours public" - (conférence sur un sujet biblique) : 1/2 d'heure.
"Etude de la Tour de Garde" - (examen d'un article de la T.de G.) : 1 heure.

Soit au total 3 h. 1/2, auquel il faut ajouter paroles d'introduction et de conclusion, prières, cantiques. On aboutit facilement à 4 h. 1/4.

En plus, il faut prendre en considération les trajets aller/retour de la maison à la "Salle du Royaume" et vice-versa, ce qui représente grosso modo pour toutes les réunions un total d'environ 2 heures. (L'école du ministère théocratique et la réunion de service se suivent au cours de la même soirée. - L'étude de livre, le discours public et l'étude de la Tour de Garde se suivent en général l'après-midi du dimanche).
- Pour les deux trajets aller/retour, on peut compter une moyenne de deux fois quarante minutes, sauf bien sûr pour les familles qui habitent près de la Salle du Royaume. Mais d'autres habitent bien plus loin et ont de plus longs déplacements.

Lorsque les réunions sont terminées, rares sont les parents qui quittent séance tenante la Salle du Royaume. La Société met d'ailleurs l'accent sur la nécessité de renforcer les liens entre les frères et les soeurs. Un bon moyen, dit-elle, c'est de converser quelques temps ensemble dans la salle avant de retourner au foyer.
Estimons donc un total d'une heure pour les trois rassemblements.

Un père de famille Témoin de Jéhovah consciencieux est également encouragé à conduire une étude de la Bible avec son (ou ses) enfant(s) une heure par semaine.
S'il n'en a pas la possibilité, c'est la mère qui conduira cette étude.

On exhorte aussi tous les membres de la famille à préparer les différentes réunions qui se tiendront pendant la semaine dans la congrégation (L'école + la réunion de service + l'étude de livre + l'étude de la Tour de Garde), ce qui représente facilement deux heures.

Il reste enfin la prédication. Les parents sont vivement conseillés d'amener les enfants avec eux. En supposant une activité de deux heures de porte en porte (par exemple le samedi ou le dimanche matin) + les déplacements, on arrive facilement à trois heures.

En additionnant toutes ces activités, elles représentent 11-12 heures par semaine!

A ce rythme, l'enfant est littéralement sur les genoux.

Ajouter ces 11-12 heures hebdomadaires à ses travaux scolaires est tout bonnement infaisable.

La plupart des parents Témoins de Jéhovah l'ont heureusement compris! ... Ou plutôt, par la force des choses, sont bien obligés de se rendre à l'évidence!

C'est pourquoi, de nombreux jeunes n'assistent pas à toutes les réunions. La mère (ou parfois le père), ou le grand frère, ou la grande soeur, restent avec eux à la maison. L'étude familiale et la préparation de ces réunions sont souvent fort négligées. Les enfants vont seulement de temps en temps dans la prédication.

Tout cela est sujet à l'appréciation des parents. Certains, plus "zélés" que d'autres, manquant de bon sens, voudront coller à ces heures, et même en faire plus. N'est-ce pas l'organisation choisie par Dieu qui le demande?

Beaucoup d'enfants disent d'une voix traînante: "Je suis fatigué!". (On le voit d'ailleurs sur leur petit visage). - Ou, après les réunions de semaine (se clôturant en général vers 21.30 h.), on entend: "On rentre, papa, j'ai encore des devoirs à terminer."


On ne parle pas à l'exclu.

Lorsque quelqu'un est exclu de l'organisation des Témoins de Jéhovah, une règle incontournable est appliquée: on ne peut plus lui parler, que ce soit dans la rue, dans un lieu public, ou même lorsqu'il se trouve à la "Salle du Royaume".

Les parents doivent donc apprendre à leur enfant à ne plus saluer et à ne plus adresser la parole à un exclu et à avoir le moins de relation possible avec un membre de la famille qui est dans cette situation et qui n'habite pas sous le même toit.

Ainsi, des contacts normaux peuvent toujours être maintenus avec des membres de la famille qui sont exclus et qui habitent sous le même toit, mais on évitera les discussions d'ordre spirituel. Les parents Témoins qui ont un enfant exclu pourront toutefois l'aider par une étude de la Bible, pour autant qu'il habite encore chez eux.

Comme ils réalisent fort peu ce qui se passe, il est triste de constater qu'on leur enseigne tout bonnement à devenir impolis. On sape aussi en eux tout sentiment d'humanité envers des gens qui, il y a peu, étaient leurs grands "frères" et leurs grandes "soeurs" et qui, par suite du couperet de l'exclusion, deviennent des "rejetés".

Il n'est dès lors pas nécessaire d'ajouter d'autres commentaires.

Insistons cependant sur les situations extrêmement dramatiques engendrées par les cassures provoquées envers ceux qui sont exclus et qui font partie de la famille.


La question du sang.

Ceci est la rubrique la plus importante. Elle aurait dû se trouver en première place.

Chaque Témoin de Jéhovah baptisé tient précieusement sur lui une carte qu'il renouvelle chaque année pour qu'elle reste d'actualité. Dans cette carte, il demande aux médecins de ne pas lui administrer de transfusion sanguine en cas d'accident ou d'opération chirurgicale. Il décharge le corps médical de toute responsabilité en cas de complications, complications qui pourraient dans certains cas entraîner la mort. Son refus de transfusion est basé sur la Bible, affirme-t-il.

Cette carte spécifie toutefois que les Témoins de Jéhovah acceptent une série de substituts sanguins.

De plus, lors de situations graves, des "anciens" faisant partie de "comités hospitaliers", sont commandités pour apporter leur aide. Elle consiste à contacter les médecins et chirurgiens et à les convaincre de la nécessité de respecter les convictions du patient.


Mais que se passe-t-il dans le cas d'un enfant mineur?

La règle est simple et elle ne souffre pas d'exception: les parents refuseront toute transfusion sanguine pour leur enfant, même en cas de danger mortel.

Il va de soi que les parents Témoins de Jéhovah ne désirent pas la mort de leur enfant. Ils feront donc tout ce qui est en leur pouvoir pour résoudre le problème que constitue leur refus. Mais leur conduite sera néanmoins guidée par la formulation qu'ils trouvent dans la Bible: "Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes".

Etant persuadés que Dieu défend l'absorption de sang sous quelque forme que ce soit, ils choisiront la douloureuse option qui consiste à refuser la transfusion et, peut-être, de voir mourir leur enfant. L'autre alternative, celle de désobéir à Dieu, est inacceptable, car elle pourrait les priver de "la vie éternelle".

Dans les cas litigieux et ce, dans de nombreux pays, la justice intervient et si elle le juge impératif, ordonne que la transfusion soit administrée, l'autorité parentale étant suspendue pour la circonstance.

De nombreux enfants Témoins de Jéhovah sont morts pour avoir refusé une transfusion.

L'organisation met souvent en évidence de telles "actes de loyauté" et les porte en exemple dans ses périodiques afin d'inviter d'autres jeunes à faire, en cas de nécessité, le même "don de leur vie".

Il est particulièrement intéressant d'examiner la page de couverture du "Réveillez-Vous!" du 22 mai 1994. Tous les enfants, aussi bien les trois victimes qui semblent poser à l'avant que les autres se trouvant à l'arrière plan ont un large sourire. Or, cette photo "à la une" n'est qu'un désolant montage des clichés intérieurs - ce sont tous des enfants décédés suite au refus de transfusion.

La Watch Tower restera-t-elle indéfiniment sur sa position quant à la transfusion sanguine?
Nous le pensons pas.
Des signes avant-coureurs (mouvements dissidents de réforme, affaire bulgare, flottement de doctrine dans d'autres pays) laissent supposer que la transfusion deviendra dans les mois ou les années qui viennent une "question de conscience".
La Société ne fera que répéter le processus qu'elle a utilisé avec la vaccination et la transplantation d'organe. Ces dernières, après avoir été interdites aux Témoins sur base de textes bibliques identiques à ceux appliqués pour la prohibition du sang, sont à présent permises.

Voir le dossier "Vaccination, Transplantation, Transfusion, jamais deux sans trois"



CONCLUSION

Les Témoins de Jéhovah, pour la majorité d'entre eux, sont des personnes foncièrement sincères qui veulent aider leur prochain.

Il est vrai que cette aide se résume bien souvent à la prédication de maison en maison, les secours humanitaires étant relégués au second plan (sauf en cas de catastrophes naturelles ou autres, mais là encore ce sont les Témoins qui seront aidés en toute priorité).

Ce n'est surtout pas eux qu'il faut incriminer, mais le système qui les dirige.

Beaucoup font tout leur possible pour bien élever leurs enfants; tout au moins pensent-ils bien les élever!

De nombreux jeunes Témoins étudient convenablement à l'école, respectent leurs professeurs, ne fument pas, ne consomment pas de drogues, ont une bonne conduite morale.

Il n'empêche qu'en général, les enfants de parents Témoins de Jéhovah ne sont guère heureux.

De plus, les plus petits garderont une trace indélébile des interdictions subies, une trace profondément gravée dans les fibres intimes de leur être.

Elle se manifestera automatiquement plus tard. En effet, de nombreux jeunes ont une réaction de rejet à leur majorité et quittent l'organisation. Ils en sortent, malheureusement dans la plupart des cas, déboussolés, démotivés, dégoûtés, et souvent incroyants.
Les preuves sont évidentes, il suffit d'ouvrir les yeux. En dépit des hochements de tête des responsables.

Les jeunes qui sortent de l'organisation des Témoins de Jéhovah n'ont généralement, hélas, plus confiance en personne, ni dans les religions, ni dans les institutions, ni dans les hommes.

Cela ne veut pas dire qu'il n'existe pas des exceptions.

Certains diront que cette attitude est une des caractéristiques des jeunes de notre époque, et qu'il ne faut pas avoir été Témoin de Jéhovah pour cela.
C'est vrai.
Mais eux, au moins, les jeunes "du monde", n'auront pas vécu la plus belle période de leur existence, c'est-à-dire leur tendre enfance, dans la frustration et dans cette sorte de "décalage" que nous avons décrit plus haut.



Ce dossier est accompagné par l'inoubliable chanson
d'Yves Duteil
"Prendre un enfant par la main"






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