APPELS, LETTRES ET TEMOIGNAGES - SUITE



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Témoignage de Michèle Bastin - Belgique

Témoignage de Chantal - France

Témoignage de Rosy - Belgique

Témoignage d'Augustin - Sud de la France

Témoignage de Philippe - Belgique

Témoignage d'Isabel - Belgique

Témoignage de D. - France

SUITE des "Appels, lettres et témoignages" (cinquième page)




"Suite sans fin ou au prochain épisode "de notre relation avec notre fille suite à l'exclusion.
Le temps qui passe où l'espoir renaît et meurt et renaît et meurt ...


Durbuy,


Je m’appelle Michèle SAENEN, j’habite à DURBUY, Warre 45, dans les Ardennes Belges.

Alors que j’avais vécu une histoire d’amour bien triste à l’étranger où j’étais partie pour me marier, je rentrais chez mes parents, trois mois après mon départ, battue, avec des marques de strangulation et … enceinte et de ce fait … malheureusement rejetée par mon père puisque future mère célibataire.
C’est dans ces circonstances que je suis devenue Témoin de Jéhovah en 1973.

En 1996 j’avais un déclic suite à un article du Vif-Express du 9/11 relatant une sordide histoire de pédophilie sur une petite fille de 9 ans abusée par son père spirituel Témoin de Jéhovah. Je ne pouvais accepter le fait que la petite, devenue femme car 20 ans s’étaient écoulés, avait dû pardonner à son agresseur ; la maman n’avait pas pu aller en justice car on ne va pas en justice entre « frères ». Sans suivi psychologique, l’agresseur avait ainsi continué les abus sur d’autres enfants.
Comment la jeune femme vivait-elle aujourd’hui sa vie de couple ? Comment sa maman avait-elle surmonté sa peine ? …

C’était à l’époque de l’affaire Dutroux. J’étais horrifiée, comment cela pouvait-il arriver chez les Témoins de Jéhovah. On nous demandait d’être parfaits, on s’immisçait dans nos affaires personnelles, on nous punissait quand on dérogeait à la « règle » , … c’en était trop !
Avec ma fille cadette et mon mari nous décidions de nous retirer de cette organisation.

Nous avions tant enduré depuis la mort de nos deux petites filles ayant "l’espoir de les retrouver pour partager leur vie dans ce monde nouveau qu’ils promettaient !"

Mais là commençait un autre problème : notre fille aînée, Témoin de Jéhovah elle aussi, âgée à ce moment de 23 ans était à l’étranger, ne vivait donc pas de près le traumatisme que nous subissions. L’éloignement, le manque de détails et surtout l’influence et le « love-bombing » des adeptes de sa congrégation, ont eu raison de son adhésion renforcée au mouvement. C’est ainsi, que contre notre gré, elle a cessé de nous voir, de nous parler, de nous permettre de partager avec elle de bons moments en famille, … puisqu'elle se conformait aux instructions de l’organisation des Témoins de Jéhovah. Elle allait même jusqu’à couper son téléphone, alors qu’il m’arrivait de l’appeler uniquement pour entendre sa voix au répondeur, pire elle retournait notre courrier : nous étions morts pour elle ! C’est du moins ce que nous ressentions.

C’est ainsi que nous avons entamé un courrier important avec l’aide d’un avocat qui s’adressait un peu comme un ambassadeur à la filiale de la Watch Tower en Belgique à KRAINEM, puisque tout dialogue était impossible.

D’autre part, conscients que nous n’étions pas les seuls à vivre cette pénible situation, nous avons créé une association d’aide aux victimes des comportements sectaires et multiplié nos interventions médiatiques. Nous étions conscients d’un devoir de citoyen.

Nous avons dû chercher comme des détectives où notre fille avait déménagé, et repris des études. En janvier 2000, n’y tenant plus, je suis allée la voir par surprise (je ne connaissais plus sa troisième dimension puisque je ne l’avais plus serrée dans mes bras depuis longtemps) . Elle m’a reçu comme un chien dans un jeu de quilles. Elle m’a dit : tu sais ce que tu dois faire maman pour me voir …
Lorsqu’elle a été diplômée nous n’en avons rien su, nous n’avons pas pu la féliciter, lui dire combien nous étions fiers d’elle !

Cette année-là je recevais une lettre assassine d’un des dirigeants de la W.T. Monsieur B. qui revenait sur la mort de mes deux petites filles Gabrielle et Jaël, laissant entendre que c’était un étrange accident, que j’aurais aujourd’hui deux belles jeunes filles qui ne demandaient qu’à vivre … L’amour de mon mari, de ma fille Aurore et le soutien de ma famille ainsi que de nos nombreux amis m’a permis de continuer à me battre et à espérer !

Lorsqu’un jour, le 14 février 2002, je la rencontrai dans une rue de Liège par hasard, elle semblait heureuse et souriante de cette rencontre. Il n’a pas fallu deux minutes pour passer de ses bras au gouffre de l’ignorance, les "instructions" avaient rattrapé et dépassé les sentiments, elle redevenait la "Témoin".

Quelques semaines plus tard nous apprenions qu’elle avait quelques difficultés financières dues à un retard de paiement de ses émoluments ; nous sommes allés son papa (adoptif) et moi pour lui porter de l’aide, elle nous a reçu avec insultes, disant que nous (ses parents) avions sali ses « frères » par notre combat médiatique et aide aux victimes .
Nous abordâmes la question du mariage de sa petite sœur espérant qu’elle serait présente. Elle nous dit : "un repas de mariage cela se prend dans la paix". J’ai rétorqué que je venais avec la paix ; elle n’en voulait pas puisqu’on ne partage pas un repas , une fête avec des exclus ! des apostats ! des suppôts de Satan !

Quelle ne fut pas notre angoisse lorsque nous avons appris la veille du mariage qu’elle acceptait d’être le témoin du mariage civil de sa petite sœur. Les sentiments avaient-ils repris le dessus ? Avait-elle eu une autorisation ? Jamais nous n’avons pu en parler et elle n’était pas à table avec nous.

Dans les mois qui suivirent, elle reprenait dans le secret quelques rares contacts avec la cadette. C’est ainsi que profitant de notre absence due à un petit voyage à l’étranger pour nos 25 ans de mariage, elle est venue chez nous alors que sa sœur y était. Elle a pris ma voiture pour se rendre chez sa grand-mère, malheureusement a écrasé le véhicule et est repartie sans même un mot d’excuse ! Etait-ce l’émotion ou la culpabilité qui l’avait conduite dans un mur ? Dieu merci, elle n’était pas blessée.

L’année dernière, notre cadette a donné naissance à une petite fille « Gaëlle » ; c’est ainsi que nous avons eu le bonheur de revoir notre autre fille à la maternité, et dans la puissance des sentiments tout s’est bien passé.

Notre fille sait qu’elle est attendue chez nous, que nous ne lui tenons pas rigueur, mais depuis 6 ans elle n’est pas encore revenue à la maison en notre présence. Bien entendu elle n’était pas là à Noël, ni au nouvel an. Cela fait mal l’absence !

Des témoignages du même ordre, nous en avons eu de très nombreux par le biais de l’association.

Pour ce qui est de ceux qui nous appelaient « frère et sœur », nous sommes devenus « transparents » lorsque nous les croisions en rue ou dans un supermarché. Au début je me disais que ce serait bien d’avoir une crécelle comme une lépreuse afin de l’utiliser dans les lieux publics où j’aurais pu les rencontrer.
Certains qui comme nous sont sortis après nous et qui étaient nos amis lorsque nous étions toujours dans la "secte" nous ont dit qu’ils m’auraient eu craché dessus s’ils m’avaient rencontrée.

Encore la semaine dernière, j’apprenais que ma meilleure amie d’autrefois (Nicole) vivait des moments difficiles. Son mari, qui n’était pas Témoin de Jéhovah, était dans le coma ; il a fait une septicémie et a été amputé d’un pied, des doigts de son autre pied et des deux mains. N’y tenant plus, mon cœur a pensé à son épouse, et je lui ai téléphoné ; ses premiers mots ont été : "reviens à Jéhovah". Cela ne m’a pas empêchée de lui dire que je n’avais jamais cessé de les aimer, que je ferais tout mon possible pour l’aider même dans le secret … Qu’en fera-t-elle ?

Aujourd’hui notre ami est décédé ; je n’ai pas pu me rendre à l’enterrement ; toutefois j’ai fait envoyer des roses rouges avec un carton qui disait "les roses que j’aurais aimé cultiver et offrir avec Guy" et j’ai signé : Mimi et Jean-Ma . Mimi est le petit nom que j’utilise aujourd’hui, mais je pense que Nicole aura compris. J’ai aussi déposé dans sa boîte aux lettres une carte avec un papillon et au sol des feuilles mortes et des racines, en joignant une lettre d’amitié car ainsi elle pourrait la glisser dans sa poche si quelqu’un avait fait opposition : son fils ou sa fille aînée, eux aussi Témoins de Jéhovah. Pourquoi agir ainsi ? Tout "simplement" parce que ma fille ayant appris par sa grand-mère que j’avais contacté Nicole a été odieuse avec nous comme une personne sous emprise de "secte" peut l’être. Elle nous a intimé l’ordre de cesser d’importuner Nicole, que je ne comprenais pas encore que j’étais exclue, que je ne faisais plus partie du peuple qui porte le nom de Dieu, que j’avais assez d’amis maintenant pour qu’on lui "foute la paix"

Je lui ai répondu que l’amitié traversait les problèmes, que Guy n’était pas Témoin de Jéhovah. Que Nicole m’aimait toujours ! Que c’en était assez des leçons, que j’allais vers ceux qui m’aiment, que Dieu est amour et je lui ai donné rendez-vous au paradis ! J’ai signé Michèle BASTIN qui t’a donné la vie !

Cela n’a pas été suffisant car elle m’envoyait un message écrit sur le portable disant : "espérons que tu aies suffisamment de respect pour respecter sa foi et ne pas profiter de la situation pour la manipuler et en faire une de tes adeptes !" A quoi je n’ai pas pu me retenir de lui répondre : "Je ne suis pas un charognard. Chez nous tout le monde est libre. Il n’y a que de l’amour à l’exemple de Jésus. Vade retro … laisse moi en paix !"

C’est terrible de voir un mur se dresser entre ceux que nous aimons toujours et nous, simplement parce qu’on a repris sa liberté, quelle liberté ?

Nous restons toujours avec les barreaux dans la tête, ceux que nous y a introduit l’organisation des Témoins de Jéhovah, tout doucement, jusqu’à nous rendre totalement dépendants. C’est une prison dont personne ne sort ... Que je ne comprenais pas qu’elle m’avait exclue de sa vie ! Cette fois c’en était trop ! Au nom de Dieu les dirigeants de cette secte appliquent des "sanctions" radicales à ceux qui reprennent leur liberté dans la transparence, et dont la plupart d’entre eux restent croyants. Piètre façon d’appliquer l’amour de Dieu. Des prises d’otage ! !

J’ai dû entamer un suivi psychologique. Ma psy est bouleversée et écoeurée d’une telle situation inhumaine.

La Justice, si elle était saisie d’une telle manipulation devrait "ouvrir de grands yeux" et vivement réagir tout en reconnaissant à la victime un tel statut ; cependant « la secte cumule à la fois les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire mue par le projet utopique de création d’un surhomme idéal et d’une société fantasmée, dans lequel le temporel est subordonné à un spirituel autoréférent et qui soumet par la manipulation mentale l’individu adepte, le conduisant vers une destruction psychologique, intellectuelle, émotionnelle et parfois physique qui lui fait perdre sa dimension de personne et de citoyen » (définition de l’un de nos amis administrateur de l’UNADFI, Monsieur Jean-Pierre JOUGLA, Avoué à la Cour - 7, plan du Palais - 34000 MONTPELLIER (France) -
Tél. 04.67.52.81.00 - Mail : jougla@wanadoo.fr)

Si mon témoignage est digne d’intérêt et que vous souhaiteriez réaliser une émission sur ce sujet, Monsieur Jean-Pierre JOUGLA et son épouse, Madame Sonya JOUGLA, Psychologue Clinicienne, Psychothérapeute, D.U. Victimologie, seraient heureux d’y collaborer.

Je reste ainsi que mon mari à votre entière disposition, j’ajouterai que je tiens aussi à votre disposition la K7audio des tristes paroles de ma fille.

Avant de vous quitter, je tiens à souligner qu’un enfant même âgé de 31 ans (fin de ce mois) reste un enfant et qu’on ne peut pas faire le deuil d’un enfant vivant.

Bien à vous,

Michèle SAENEN
Warre 45
B-6941 DURBUY

Tél : 00.32.86.21.41.85
Fax : 00.32.86.21.10.85



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Le témoignage de Chantal montre à l'évidence que tout n'est pas "fini" après les Témoins de Jéhovah.
Elle nous raconte comment, en compagnie de son mari, elle a rencontré Christ.


JESUS M’A SAUVE DES FAUSSES DOCTRINES
DES TEMOINS DE JEHOVAH
!
>

« Les paroles du Seigneur sont franches comme l’or
qui est passé au creuset et sept fois purifié. »
Psaumes 12 : 7

Bonjour, je m’appelle Chantal, je suis née en 1965 en France et je voudrais vous faire partager mon témoignage des merveilles que Jésus-Christ a fait pour moi.

Dans les années 1964-65 mes parents, à la recherche de Dieu, sont devenus témoins de Jéhovah. Ils m’ont donc enseigné la doctrine de leur religion dès ma tendre enfance. Sur des livres pour enfants illustrés de belles images édités par leur société j’étudiais 1 heure par semaine avec mon père ou ma mère, et assistée aux 5 heures de réunion hebdomadaire. En 1983, je me faisais baptiser par immersion ; cette décision je l’avais prise seule sans influence apparente de mes parents (mais comment en aurait-il été autrement puisque j’avais été endoctrinée depuis toujours !)…. Le cœur rempli de ces doctrines croyant que j’étais dans la seule vraie religion.
J’ai cru que cet enseignement était « La Vérité » jusqu’en 1995, année où je compris par une expérience personnelle que l’âme pouvait se séparer du corps. Il m’est arrivée une sortie hors de mon corps dans ma chambre et cet événement m’a vraiment troublé car cela allait à l’encontre de ce que l’on m’avait enseigné.
Des questions nouvelles se posèrent dans ma vie :
- Existe-t-il une vie après la mort ?
- L’âme est-elle éternelle ?
- Pourquoi les témoins de Jéhovah disent que l’âme meurt avec le corps ?
Selon eux, l’âme c’est le corps animé du souffle de vie. Après la mort c’est le néant, il n’y a rien, ni pensées, ni souvenirs, aucune activité qu’il soit. Alors pourquoi avais-je réussi à séparer mon âme de mon corps lors de cette expérience ?
J’ai prié Dieu car j’étais perdue !!! J’avais une telle soif de connaître la vérité …… une gorge sèche spirituelle qui demandait l’eau de la vie !
« Seigneur, où est la vérité ? Est-ce les témoins de Jéhovah ? Je ne comprends pas car je suis sortie hors de mon corps donc je possède une âme en plus de mon corps, guide-moi… »
Il a répondu au printemps 1997.

Apprenant le décès d’un ami d’enfance, que j’avais perdu de vue ainsi que sa famille, j’ai appelé ses parents pour les condoléances d’usage. La discussion a très vite dérivé sur la religion.
Cette dame que je connaissais depuis mon enfance et qui était témoin de Jéhovah m’a demandé si moi-même je l’étais toujours. Je lui ai répondu que je doutais de la véracité de leur religion. Elle m’a appris que maintenant elle n’était plus témoin de Jéhovah et qu’elle avait découvert la vérité en Jésus-Christ.
Je lui ai fait part de mon aventure et de mes interrogations sur la vie après la mort. Elle m’a témoigné ses nouvelles croyances et cela m’a encouragé à me tourner vers Jésus-Christ pour l’interroger personnellement, ce que je fis dans la prière.
Je rends gloire à Dieu de nous avoir sorti de cette religion et ce que j'ai écrit réellement mon témoignage car ce qui m'a fait sortir de ces faux enseignements c'est la question de la vie après la mort !!!
C'est par amour pour moi que Jésus-Christ m'a donné tous ces textes pour me montrer qu'Il était bien écrit dans Sa Parole que l'âme survivait après la mort !! C'est de Son amour que je témoigne, je l'ai vécu !!!
Je voudrais aussi aider des frères et sœurs à répondre aux objections des témoins de Jéhovah sur la question de la vie après la mort car je connais leurs croyances et les textes phares qu'ils utilisent pour nous convaincre qu'il n'y a plus rien après la mort !
Je n'ai pas écrit ce texte par hasard, cela faisait des années que j'y pensais et je demandais au Seigneur Jésus de m'aider à l'écrire quand le moment viendrait.
Il m'a aidé et je l'en remercie.

Les textes sont tirés de la bible en français courant, la nouvelle édition révisée de 1997.

Voici ci-dessous quelques textes bibliques que les témoins de Jéhovah utilisent pour expliquer leur doctrine :

Ecclésiaste 9 : 10
« Utilise ta force à réaliser tout ce qui se présente à toi. En effet on ne peut pas agir ni juger, il n’y a ni savoir ni sagesse là où sont les morts que tu iras rejoindre. » Ce texte est pris hors contexte, je m’explique : Le contexte entier de l’Ecclésiaste parle de la vanité de la vie sur la terre, tout n’est que fumée….. Et qu’il faut entreprendre tout ce que ta force ou ta main trouve à faire pendant ta vie physique (dans ton corps) car après la mort, c’est terminé, nous ne pouvons plus faire les choses d’ici-bas. D’ailleurs la fin de l’Ecclésiaste pris dans son contexte le résume bien :
Ecclésiaste 12 : 1 à 8
« Pendant que tu es jeune, n’oublie pas celui qui t’a crée. Souviens-toi de lui avant que ne viennent les jours du déclin et le moment où tu diras : « je n’ai point de plaisir à vivre ». Alors le soleil s’assombrit, la lune et les étoiles se ternissent, les nuages reviennent sans cesse après la pluie. Alors le gardien tremble de peur, l’homme vigoureux se courbe, les meunières cessent de moudre par manque de compagnie, la femme renonce à paraître à sa fenêtre. Alors la porte se referme sur la rue, le bruit du moulin baisse, le chant de l’oiseau s’éteint, toutes les chansons s’évanouissent. On a peur de gravir une pente, on a des frayeurs en chemin, les cheveux blanchissent comme l’aubépine en fleur, l’agilité de la sauterelle fait défaut, les épices perdent leur saveur. Ainsi chacun s’en va vers sa dernière demeure. Et dans la rue, les pleureuses rôdent en attendant. Alors le fil d’argent de la vie se détache, le vase d’or se brise, la cruche à la fontaine se casse, la poulie tombe au fond du puit. Le corps de l’homme s’en retourne à la terre d’où il a été tiré et le souffle de vie s’en retourne à Dieu qui l’a donné.
Tout n’est que fumée, dit le Sage, tout part en fumée. »
Le sage parle du déclin de la vieillesse et de la mort d’une façon imagée et poétique, mais il veut mettre en lumière que la vie terrestre n’est que fumée. Il dit que le corps de l’homme s’en retourne à la terre d’où il a été tiré et que le souffle de vie retourne à Dieu qui l’a donné.
Le livre de l’Ecclésiaste a été écrit nous pour montrer que seul notre Dieu nous demandera des comptes sur toutes nos actions et qu’il faut Le respecter pendant notre vie terrestre car c’est cela qui a de la valeur à Ses yeux divins, tout le reste part en fumée.
Ecclésiaste 12 : 13 et 14
« Et voilà la conclusion de tout ce qui a été dit : le devoir de tout homme est de respecter Dieu en obéissant à ses ordres. En effet Dieu demandera des comptes pour toutes nos actions, même cachées, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. »
C’est très important d’examiner le contexte dans lequel nous lisons un verset biblique car nous pouvons lui faire dire ce que nous voulons ; c’est grave.
Quand nous lisons la lettre d’un ami, nous la comprenons car nous la lisons dans son ensemble, la Bible c’est pareil, c’est une lettre de Dieu pour nous.
Je voudrais étayer davantage sur les comptes que Dieu demandera à la fin de notre vie ici-bas. L’apôtre Paul nous explique que l’âme doit comparaître devant le Christ au ciel pour y être jugée selon ce qu’elle aura accompli durant sa vie terrestre.
2 Corinthiens 5 : 6 à 10
« Nous sommes donc toujours pleins de courage. Nous savons que tant nous demeurons dans ce corps, nous sommes loin de la demeure du Seigneur – nous marchons en effet dans la foi et non en voyant déjà. Nous sommes pleins de courage et nous aimerions mieux quitter ce corps pour aller demeurer auprès du Seigneur. Mais nous désirons avant tout lui plaire, que nous demeurions dans ce corps ou que nous le quittions. Car nous devons tous comparaître devant le Christ pour être jugés par lui, afin que chacun reçoive ce qui lui revient, selon ce qu’il aura fait en bien ou en mal pendant qu’il était dans son corps. » L’apôtre Jean le confirme dans la révélation qu’il a eu de Jésus-Christ.
Apocalypse 20 : 11 à 14
« Puis je vis un grand trône blanc et celui qui y siège. La terre et le ciel s’enfuirent loin de lui, et on ne les revit plus. Ensuite, je vis les morts, grands et petits, debout devant le trône. Des livres furent ouverts. Un autre livre encore fut ouvert, le livre de vie.
Les morts furent jugés selon ce qu’ils avaient fait, d’après ce qui était écrit dans les livres. La mer rendit les morts qu’elle contenait. La mort et le monde des morts rendirent leurs morts. Et tous furent jugés selon ce qu’ils avaient fait. »
Ici, dans ces quatre textes, nous pouvons retenir :
1 – Que le corps retourne à la poussière et que le souffle de vie retourne à Dieu,
2 – L’âme est sortie du corps et elle est retournée à Dieu,
3 – L’âme sera jugée selon ce qu’elle aura accompli durant sa vie terrestre et des grands livres seront ouvert pour ce jugement.
Voici le 2ème texte biblique que les témoins de Jéhovah utilisent :
Ezéchiel 18 : 4
« En effet, la vie de chacun m’appartient, celle des parents comme celle des enfants, et c’est le coupable qui doit mourir »
La version DARBY est encore plus explicite pour les témoins de Jéhovah :
« Voici, toutes les âmes sont à moi ; comme l’âme du père, ainsi aussi l’âme du fils est à moi : l’âme qui péchera, celle-là mourra. »
Et bien voilà un texte clé qui pourrait nous faire croire que l’âme meurt avec le corps s’il est pris hors de son contexte !
Dieu parle d’une mort physique ainsi que d’une mort spirituelle car l’âme quand elle pèche mérite la mort loin de la présence de Dieu, ce que Jésus appelle la géhenne.
Tout le contexte de la Bible annonce que Jésus-Christ, qui est la Parole de Dieu, est venu pour nous sauver de cette mort spirituelle et faire de nous des enfants de Dieu.
Notre Seigneur Jésus a expliqué qu’il faut craindre Celui qui peut détruire l’âme et le corps dans la géhenne ou l’enfer en Matthieu 10 : 28 car là, il n’y a plus d’espoir, c’est le jugement de Dieu.
Matthieu 10 : 28
« Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais qui ne peuvent tuer l’âme ; mais craignez plutôt Dieu qui peut faire périr à la fois le corps et l’âme dans l’enfer. »
Jésus parle de la mort spirituelle par un fait lourd de sens :
Matthieu 8 : 21 et 22
« Quelqu’un d’autre, un de ses disciples, lui dit : « Maître, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père » Jésus lui répondit : «Suis-moi et laisse les morts enterrer leurs morts. »
Nous voyons là ce que signifie la mort spirituelle, des morts qui enterrent leurs morts, ils sont morts devant Dieu comme l’âme qui pèche meurt spirituellement.
L’histoire de l’homme riche et Lazare est une explication de Jésus sur l’au-delà :
Luc 16 :19 à 31
« Il y avait une fois un homme riche qui s’habillait des vêtements les plus fins et les plus coûteux et qui, chaque jour, vivait dans le luxe en faisant de bons repas.
Un pauvre homme, appelé Lazare, couvert de plaies, se tenait couché devant la porte de la maison du riche. Il aurait bien voulu se nourrir des morceaux qui tombaient de la table du riche. De plus, les chiens venaient lécher ses plaies.
Le pauvre mourut et les anges le portèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi et on l’enterra. Le riche souffrait beaucoup dans le monde des morts ; il leva les yeux et vit de loin Abraham et Lazare à côté de lui.
Alors il s’écria : « Père Abraham, aie pitié de moi et envoie Lazare pour qu’il trempe le bout de son doigt dans de l’eau et rafraîchisse ma langue, car je souffre beaucoup dans ce feu. »
Mais Abraham dit : « Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu beaucoup de biens pendant ta vie, tandis que Lazare a eu beaucoup de malheurs. Maintenant, il reçoit ici sa consolation, tandis que toi tu souffres. De plus, il y a un profond abîme entre nous et vous ; ainsi, ceux qui voudraient passer d’ici vers vous ne le peuvent pas et l’ont ne peut pas non plus parvenir vers nous de là où tu es »
Le riche dit : « Je te prie donc, père, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père, où j’ai 5 frères. Qu’il aille les avertir, afin qu’ils ne viennent pas eux aussi dans ce lieu de souffrances. »
Abraham répondit : « Tes frères ont Moïse et les prophètes pour les avertir : qu’ils les écoutent ! »
Le riche dit : « Cela ne suffit pas, père Abraham. Mais si quelqu’un revient de chez les morts et va les trouver, alors ils changeront de comportement. »
Mais Abraham lui dit : « S’ils ne veulent pas écouter Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader même si l’un des morts revenait à la vie. »
Combien nous devons nous aussi écouter Jésus qui nous prévient de la survivance de l’âme après la mort du corps et de son itinéraire ….
Voici un autre témoignage qui montre que les morts ne sont pas inconscients mais sont vivants et discutent avec Jésus.
Luc 9 : 28 à 32
« Environ une semaine après qu’il eut parlé ainsi, Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur une montagne pour prier. Pendant qu’il priait, son visage changea d’aspect et ses vêtements devinrent d’une blancheur éblouissante. Soudain, il y eut là deux hommes qui s’entretenaient avec Jésus : c’étaient Moïse et Elie, qui apparaissaient au milieu d’une gloire céleste. Ils parlaient avec Jésus de la façon dont il allait réaliser sa mission en mourant à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons s’étaient profondément endormis ; mais ils se réveillèrent et virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui se tenaient avec lui. »
Ici, nous voyons l’apparition devant Jésus de deux hommes qui ne sont plus sur terre depuis longtemps, il y a Elie qui a été enlevé par Dieu et Moïse qui est mort à 120 ans.
Pierre, Jean et Jacques ont été témoins de cette apparition !!
Moïse et Elie discutaient avec Jésus de la façon dont il allait réaliser sa mission en mourant à Jérusalem !
Les témoins de Jéhovah ont trouvé une interprétation assez scandaleuse de ces versets (enfin c’est ce qu’on m’a enseigné dans l’enfance), ils disent que ce sont deux anges qui ont pris l’apparence de Moïse et Elie.
La Bible ne ment jamais et quand des anges apparaissent, cela est toujours mentionné :
En voici plusieurs exemples :
Luc 2 : 8 à 9, 13
« Dans cette même région, il y avait des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leur troupeau.
Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les entoura de lumière. Ils eurent alors très peur. »
Verset 13 :
« Tout à coup, il y eut avec l’ange une troupe nombreuse d’anges du ciel, qui louaient Dieu en disant :
« Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur la terre pour ceux qu’il aime ! »
Marc 4 : 11
« Cette fois le diable le laissa. Des anges vinrent alors auprès de Jésus et se mirent à le servir. »
Luc 22 : 42 à 43
« Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe de douleur. Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne » Alors un ange du ciel lui apparut pour le fortifier.
Jésus nous dit aussi :
Matthieu 22 : 31 et 32
« Pour ce qui est des morts qui reviennent à la vie, n’avez-vous jamais lu ce que Dieu vous a déclaré ?
Il a dit : « Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. »
Dieu , ajouta Jésus, est le Dieu d’hommes vivants, et non de morts »
Luc 20 : 38
« Dieu, ajouta Jésus, est le Dieu d’hommes vivants, et non de morts ; car tous sont vivants pour lui »
Ici, nous voyons que Dieu est le Dieu des vivants, mais me direz-vous : Abraham, Isaac, Jacob sont morts !
Oui, leurs corps sont morts mais leurs esprits sont auprès de Dieu.
Cela est confirmé dans la lettre aux Hébreux :
Hébreux 11 : 10 et 13 à 16
« Car Abraham attendait la cité qui a de solides fondations, celle dont Dieu est l’architecte et le constructeur »
« C’est dans la foi que tous ces hommes sont morts. Ils n’ont pas reçu les biens que Dieu avait promis, mais ils les ont vus et salués de loin, et ils ont déclaré qu’ils étaient des étrangers et des exilés sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu’ils cherchent une patrie.
S’ils s’étaient mis à regretter le pays qu’ils avaient quitté, ils auraient eu l’occasion d’y retourner. En réalité, ils désiraient une patrie meilleure, c’est-à-dire la patrie céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité. »
Mais qu’elle est cette cité céleste ?
Hébreux 12 : 22 à 23
« Mais vous vous êtes approchés de la montagne de Sion et de la cité du Dieu vivant, la Jérusalem céleste, avec ses milliers d’anges.
Vous vous êtes approchés d’une assemblée en fête, celle des fils premiers-nés de Dieu, dont les noms sont écrits dans les cieux.
Vous vous êtes approchés de Dieu, le juge de tous les hommes, et des esprits des hommes justes rendus parfaits. »
L’apôtre Pierre nous explique que la bonne nouvelle a été prêchée même aux morts, aux esprits emprisonnés pour qu’ils puissent se repentir :
I Pierre 3 : 18 à 20
En effet, le Christ lui-même est mort, une fois pour toutes, pour les péchés des hommes ; lui qui était bon est mort pour des méchants, afin de vous amener à Dieu.
Il a été mis à mort dans son corps humain, mais il a été rendu à la vie par le Saint-Esprit. Par cet Esprit, il est même allé prêcher aux esprits emprisonnés, c’est-à-dire aux esprits de ceux qui, autrefois, ont désobéi à Dieu, quand il attendait avec patience durant les jours où Noé construisait l’arche. Un petit nombre de personnes, huit en tout, entrèrent dans l’arche et furent sauvées par l’eau. »
I Pierre 4 : 5 à 6
« Mais ils auront à rendre compte de leurs actes à Dieu, qui est prêt à juger les vivants et les morts.
C’est pour cela que la Bonne Nouvelle a été annoncée aussi aux morts, à ceux qui ont été jugés dans leur existence humaine comme le sont tous les hommes ; elle leur a été annoncée afin que, par l’Esprit, ils puissent vivre comme Dieu vit. »
Les témoins de Jéhovah interprètent ces versets en disant que les esprits emprisonnés sont les démons qui se sont dématérialisés lors du déluge.
Cela est impossible, parce que les démons n’ont pas la possibilité de se convertir par l’Esprit pour vivre la vie de Dieu, ils sont condamnés à l’abîme.
Jésus a donné Sa vie en rançon pour les hommes, non pour les démons.
Jude 6
« Rappelez-les vous les anges qui ne se sont pas contentés du pouvoir qui leur était accordé mais ont abandonné leur propre demeure : Dieu les a gardés dans l’obscurité d’en bas, liés par des chaînes éternelles pour le grand jour où ils seront condamnés. »
Qu’elle est donc cette Bonne Nouvelle qui donne la vie aux hommes ?
Notre Seigneur Jésus a donné sa vie sur la croix afin que nous la recevions par la foi.
L’Evangile est très simple, un petit enfant la comprendrait : « Soyez comme des enfants » nous dit Jésus.
Il veut tout simplement que nous nous reconnaissions pécheurs devant Lui afin qu’Il nous pardonne par Son sang versé pour nous au Golgotha.
I Jean 4 : 10
« Et l’amour consiste en ceci : Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés ; il a envoyé son Fils qui s’est offert en sacrifice pour le pardon de nos péchés. »
En nous pardonnant, Il a nous fait un cadeau en nous donnant Sa vie en nous par Son Esprit Saint, c’est le sceau de Dieu. Nous commençons donc une vie nouvelle, nous naissons de nouveau et devenons un enfant de Dieu.
Je suis née de nouveau ainsi que mon mari en 1997.
Jean : 1 : 12 à 17
« Cependant, certains l’ont reçu et ont cru en lui ; il leur a donné le droit de devenir enfants de Dieu. Ils ne sont pas devenus enfants de Dieu par une naissance naturelle, par une volonté humaine ; c’est Dieu qui leur a donné une nouvelle vie. »
Jean 14 : 15 à 17
« Si vous m’aimez, vous obéirez à mes commandements. Je demanderai au Père de vous donner quelqu’un d’autre pour vous venir en aide, afin qu’il soit toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité. Le monde ne peut le recevoir, parce qu’il ne peut le voir ni le connaître. Mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure avec vous et qu’il sera toujours en vous. »
Cet Esprit merveilleux enseigne individuellement chaque enfant de Dieu et c’est comme cela qu’Il m’a montré la vérité en Jésus-Christ, Ses promesses de vie éternelle et la révélation de la survivance de l’âme après la mort.
Jean 14 : 26
« Celui qui doit vous venir en aide, le Saint-Esprit que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. »
1 Jean 2 : 27
« Quand à vous, l’Esprit que vous avez reçu du Christ demeure en vous ; vous n’avez donc pas besoin qu’on vous instruise. En effet, l’Esprit vous instruit de tout : il enseigne la vérité et non le mensonge. C’est pourquoi, faites ce qu’il vous a enseigné : demeurez unis au Christ »
C’est le chemin que je suis maintenant avec mon mari, nous prions et demandons à notre Seigneur Jésus de nous guider tous les deux chaque jour par Son Esprit qui vit en nous. C’est magnifique la nouvelle naissance, c’est la vie éternelle !!!
Je terminerai par un texte merveilleux qui montre l’espérance d’un enfant de Dieu, je vous encourage à vivre vous aussi cette vie nouvelle en Jésus-Christ, Il vous attend, vous tend Ses bras d’amour…… Demandez Lui pardon pour vos péchés et donnez Lui votre vie pour toujours, Il vous fera le cadeau de mettre Sa vie en vous, vous deviendrez un enfant de Dieu !!!
Romains 8 : 14 à 17
« Tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont enfants de Dieu.
Car l’Esprit que vous avez reçu n’est pas un esprit qui vous rende esclaves et vous remplisse encore de peur ; mais c’est l’Esprit Saint qui fait de vous des enfants de Dieu et qui vous permet de crier à Dieu « Abba, ô mon Père ! »
L’Esprit de Dieu atteste lui-même à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Nous sommes ses enfants, donc nous aurons part aux biens que Dieu a promis à son peuple, nous y aurons part avec le Christ ; car si nous souffrons avec lui, nous serons aussi avec lui dans sa gloire. »
Maintenant, je remercie de tout mon cœur Jésus-Christ qui m’a sauvé des fausses doctrines qu’enseignent les témoins de Jéhovah, Il m’a pardonné mes péchés et m’a donné une vie nouvelle en Lui !

Gloire à Dieu ! Gloire à l’agneau !! Soyez bénis dans le beau nom de Jésus-Christ !

Chantal



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Voici le témoignage de Rosy.
On peut affirmer que la conduite des anciens envers elle n'a pas été vraiment chrétienne ...


Je suis une femme et j'ai 56 ans. J'ai passé 34 ans chez les Témoins de Jéhovah, mais depuis 4 ans je suis exclue et c'est seulement maintenant que je commence à me remettre de tout cela.

Sur ces quatre ans j'ai même été chercher d'autres exclus pour les ramener à la salle, dont une qui a été réintégrée. Et du jour au lendemain elle m'a téléphoné pour me dire qu'elle ne pouvait plus me parler maintenant qu'elle était réintégrée et dire que c'est moi qui l'ai aidée à y retourner, mais je comprenais son attitude bien que j'avais très mal.

J'étais dans la congrégation d’Anderlecht en Belgique.


Mon histoire chez les Témoins de Jéhovah :

Mon mari étant décédé (il n'était pas Témoin de Jéhovah), je décidais de me remarier avec un Témoin de Jéhovah cette fois pour que je puisse continuer à être fidèle à Jéhovah. Mais j'avais un enfant noir de deux ans à l'époque et je me suis mariée avec un Témoin de Jéhovah de 29 ans plus âgé que moi. Sitôt mariée et confiante, les problèmes ont commencé, il était autoritaire et commença à me traiter de putain à cause de mon fils. Après la prédication, quand je rentrais, il me disait que tout ce que je faisais n'était pas bon et que Jéhovah allait me taper la tête dans le mur pour mon fils et parce que maman n'avait jamais été mariée quand elle m'a eu. Enfin c'était l'enfer et au bout de deux ans je le quittais et suis allée vivre avec maman et le petit.

J'ai vu les anciens, mais après beaucoup de problèmes ils acceptèrent cette séparation avec la condition que je ne pouvais plus me remarier. J’ai vécu séparée pendant 10 ans, mais pour Jéhovah je continuais à prendre soin de lui et lui portais son manger chaud tous les jours malgré ses insultes. Il disait aux autres sœurs que j'étais une putain et beaucoup d'autres méchancetés, il disait même que je le volais… Mais je continuais à aller a la salle car persuadée que les Témoins de Jéhovah étaient la vérité.

Il y a cinq ans maman est décédée, et mon époux voulait absolument que je retourne chez lui mais je refusais toujours car je savais comment il était avec son visage d'ange à la salle et de démon à la maison. J'ai finalement rencontré un autre homme et aussi plus âgé et je décidais de quitter les Témoins de Jéhovah et j'ai écrit aux anciens que je voulais mettre ma situation en ordre et que je reviendrais. Et je fus considérée comme exclue, cela me pesa terriblement, mais j'étais encore sûre d'être dans la vérité.

N'ayant plus d'activité et me sentant seule, je décidais d'aller rechercher les exclus afin de leur donner espoir. Voilà que ma situation était de nouveau en ordre et j'écrivis pour me faire réintégrer, mais les aînés refusèrent en disant que c'était trop facile et que manifestement je ne regrettais rien. Ils n'ont pas voulu me reprendre et j'avais beaucoup de chagrin, mais je continuais à aller à la salle en toute confiance et quelques mois après j'ai de nouveau écrit mais toujours pas d'accord, les anciens m'ont dit de continuer pendant quelques temps car j'avais la main sur la porte…

Cette fois cela a été de trop pour moi et seulement je commençais à réfléchir et je me suis rendue compte que quelque chose était brisé en moi… faire tant d'effort pour rien et j'ai seulement compris que ce n'était pas la vérité. Cela fait presque deux ans maintenant que je ne fréquente plus la salle du royaume. J'en suis sortie dégoûtée et je n'y retournerai plus car c'est vrai qu'ils m'ont détruit.

Pour moi c'est maintenant une secte dangereuse, car elle peut briser un être humain en quelques secondes, ce qui a été mon cas au bout de 3 ans de ce que je croyais être la vérité. Un détail que j'ai oublié de préciser, un jour un ancien a dit à ma porte quand il est venu que s’il avait une femme comme moi il la tuerait…

Voilà c'est mon histoire et j'ai parfois encore du mal à me remettre de tout cela.

Aujourd'hui, je suis divorcée et remariée et je commence à me remettre. Mon nouvel époux est très gentil avec moi et je crois que c'est cela qui fait que je vais un peu mieux, mais je crois que pour vraiment tout oublier il faudra encore du temps…



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Et voici le témoignage d'Augustin Delmas. Après leur passage chez Témoins de Jéhovah, Augustin et son épouse n'ont cessé de montrer de l'appréciation pour la Parole de Dieu.


TÉMOIGNAGE - EXPÉRIENCE D’UN ANCIEN DU MOUVEMENT
« TÉMOINS DE JÉHOVAH »


PREMIER CONTACT TJ, BAPTÊME

Aîné d’une famille catholique de cinq enfants, j’ai eu l’occasion, dans mon enfance, de lire un évangile. Cela m’a beaucoup impressionné. Il se dégageait de ce texte, de l’oeuvre de Jésus qu’il décrivait, de sa conduite et de son enseignement, un idéal de justice, de pureté, de perfection, d’absolu. Sa lecture provoquait en moi une intense émotion.

Je n’étais pas très docile, non pas désobéissant à proprement parler, mais difficile à convaincre. Je ne m’en rendais pas toujours compte. Un jour, excédé, mon père me reprocha d’être incapable d’obéir à qui que ce soit. Ses paroles m’ont touché et ce jour-là je pris conscience de mon principal défaut. J‘avais environ dix-sept ans. Dans le bus, qui me conduisait au travail, je convenais que mon père avait raison : je ne me soumettais à personne. Cela m’attristait et je me sentais orgueilleux. C’est alors que je pensais à Jésus et, spontanément, jaillit un cris du coeur : « à lui je me soumettrais ». Je ne savais pas trop de quoi je parlais car, bien que catholique, je n’étais pas pratiquant et je ne connaissais pas la bible, si ce n’est cet évangile.

À partir de ce jour-là, je décidais de rechercher la vérité. Quelle vérité ? Je ne savais pas. Mais j’étais convaincu qu’il me fallait un point de départ solide, absolu et que partant de lui je pourrais « débobiner tout l’écheveau de la vérité, du réel ». Je parlais de mon profond désir de connaissance à un jeune ingénieur des Arts et Métiers qui travaillait dans la même usine. Il me proposa de venir avec lui à l’heure des repas, car il y avait à sa table de quatre, un Libre Penseur et un Témoins de Jéhovah. Je me retrouvais bien encadré.

Dès le premier midi, suite à une explication du TJ sur la vérité, le Libre Penseur me dit qu’il fallait que je doute de tout. Ma réaction a été spontanée : « si je devais douter de tout, je commencerais par douter de ce que vous me dites ». C’est ainsi, qu’à plusieurs reprises, j’ai dû prendre la défense du TJ. Certes je ne connaissais pas les doctrines TJ, mais le peu que cette personne disait était intéressant et paraissait logique. J’ai appris plus tard, que cet homme avait été Surveillant de la congrégation de la région et que lorsque je l’avais connu il venait de quitter cette fonction à cause d’une dépression nerveuse. Je me souviens qu’il était très prudent lorsqu’il expliquait quelque chose. En fait, il se « reconstruisait » et recherchait au fond de lui les éléments de vérité auxquels il pouvait vraiment faire confiance. Plus tard il m’a expliqué que c’était grâce à nos discussions qu’il avait pu « remonter la pente » et sortir de sa déprime.

Quelques jours passèrent et, comme les congés approchaient, il m’invita chez lui afin de rechercher dans une « concordance » les textes de la bible qui employaient le terme « vérité ». Il était marié, père de neuf enfants. Une magnifique famille, très vivante. Je fus accueilli avec beaucoup de chaleur. Pourtant, ce premier contact fut assez difficile pour moi car j’étais toujours sur le « qui vive ». Je repartis de chez lui avec une longue liste de références bibliques, une concordance et une bible.

J’ai alors commencé à étudier les Écritures. Tout le mois d’août de 1960, j’ai lu et relu les textes employant le mot « vérité », j’ai recherché les passages où il était question de l’âme, j’ai constaté que celle-ci était mortelle. Et surtout j’ai lu la première épître de Paul aux Corinthiens. Ce jour-là tout a basculé. Paul écrivait : « Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile ; tout m'est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit » et plus loin : « Tout est permis, mais tout n'est pas utile ; tout est permis, mais tout n'édifie pas ». J’ai eu l’impression de faire craquer un corset, de faire voler en éclats une carapace qui m’emprisonnait. J’étais libre ... J’adhérais pleinement à son message, je retrouvais cet absolu, cette perfection, cette pureté, cette puissance que j’avais ressenti en lisant l’évangile. Je trouvais fantastique cette autre déclaration de Paul : « Où est le sage ? où est le scribe ? où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ? Car puisque le monde, avec sa sagesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : nous, nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes ». J’avais trouvé Jésus. Désormais c’est à lui que j’obéirais, non pas servilement, non pas aveuglément, mais avec toutes mes facultés perceptives, avec toute mon intelligence, avec toute ma liberté, car on n’obéi pas à la justice, à la perfection, à l’absolu en s’amputant, en se mutilant.

À la fin des congés, lorsque je retrouvais mon ami André, le TJ, je lui déclarais que j’étais devenu chrétien et je lui ai expliqué tout ce que j’avais compris. Il fut enthousiasmé et me proposa une étude biblique. Je refusai d’emblé. J’étais toutefois d’accord pour discuter, de la vérité que je venais de trouver environ six mois après avoir voulu la rechercher. Mon caractère insoumis continua de se manifester. Je n’acceptais pas facilement les explications. Je voulais toujours approfondir, prouver. Ce n’était pas volontaire, mais instinctif. À tel point qu’un jour, Marcelle, la femme de mon ami, me dit : « tu es têtu, mais d’un autre côté, c’est vrai que tu n’as pas besoin d’une étude. Tu connais les sujets ... ». Je devais être pénible, un peu monsieur « je sais tout ». Mon désir de liberté, de ne pas me laisser asservir par quoi que ce soit, m’amenait à ces extrémités. Il faut dire que cela cadrait quelque peu aussi avec ma formation de technicien. Je manquais de souplesse.

À cette époque, j’ai également contacté divers mouvements religieux, les Mormons, les Adventistes, les Roses Croix, les Amis de l’Homme, les Protestants, les Catholiques ... Mais, à mon avis, aucun n’était aussi avancé dans la connaissance des Écritures que les TJ. J’ai donc commencé à assister aux réunions, puis en 61 je suis allé au congrès de Paris où j’ai pris le baptême. Ce fut là aussi un moment difficile. Je ne voulais pas faire partie des TJ. Je ne voulais pas intégrer un groupe, une religion. Je disais à Dieu que je prenais le baptême pour prouver que je me vouais à Lui mais que je ne voulais en aucun cas me vouer à un homme ou à une organisation. J’acceptais seulement de marcher un temps avec l’organisation. D’ailleurs, à l’époque, André m’avait dit que lui-même ne voulait en aucun cas se vouer à un système. Et que si la société lui demandait de se vouer à elle, il refuserait. À l’époque l’organisation était un outil. Ce n’était pas encore la « sainte mère organisation » à qui l’on doit une obéissance absolue.


APRÈS LE BAPTÈME

Après le baptême, je continuais d’étudier, mais, de plus en plus, j’étais troublé par le fait que les TJ disaient qu’il y avait deux classes d’hommes, deux espérances. Cela paraissait obscur et ne cadrait pas avec le côté simple, pur, absolu des croyances des apôtres. Tout dans les Écritures grecques était orienté vers une seule espérance. Depuis les évangiles jusqu’au livre de l’apocalypse, un seul message une seule conduite : abandonner tout et suivre le Christ peu importe où il va. Pas un seul apôtre, pas un seul disciple, n’évoque un désir ou une possibilité d’espérer en une autre voie. J’éprouvais la même ferveur que Paul qui regardait toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus-Christ son Seigneur, pour lequel il avait renoncé à tout, les regardant comme de la boue, afin de gagner Christ. Je ne comprenais pas très bien d’où venait le malaise, mais il était évident pour moi que seule l’espérance que développaient les premiers Chrétiens me permettais de vivre la vérité et de réaliser pleinement mon voeu. (Philippiens 3:8)

J’allais voir un ancien, très respecté, un exemple dans la congrégation, et qui déclarait publiquement avoir la même espérance que les apôtres. Je lui annonçais que j’étais moi aussi mort quant à la chair mais vivant en Jésus le Christ. Il m’a aussitôt dit de n’en parler à personne. Je devais attendre le jour de la commémoration. Ce jour-là, comme il prononcerait le discours prévu par la société, il me ferait asseoir à l’estrade, puis il me passerait les emblèmes.

Ce n’est pas très facile d’être « oint » dans les congrégations TJ. On nous regarde comme une bête curieuse. Ne comprenant pas cette espérance, certains vous mettent une auréole, d’autres vous méprisent. Nos relations ne sont plus naturelles. De nombreuses fois, on m’a demandé comment je savais que j’étais oint. En général je répondais : « comment sais-tu que tu es un homme (ou une femme) ? » C’était tellement évident qu’il fallait suivre Jésus, que je ne comprenais pas pourquoi ils ne le faisaient pas. En fait, souvent je leur demandais comment eux-mêmes faisaient-ils pour prouver qu’ils avaient une autre espérance que celle des premiers Chrétiens, une espérance terrestre. Leurs réponses tournaient toujours autour de : « Je ne désire pas aller au ciel. J’aime la terre. Dieu a promis de rétablir le paradis sur la terre et de donner celle-ci aux hommes ... » Leurs arguments n’étaient pas dans la lignée du message de Jésus, de son sacrifice, du fait que nous devions prendre notre croix et le suivre continuellement, que celui qui perdrait son âme la recouvrerait, mais que celui qui la sauverait la perdrait ... Le problème n’était pas chez les oints, mais chez eux : « comment pouvaient-ils être chrétiens tout en ayant une espérance terrestre ? ». Plus grave encore, comment pouvaient-ils vaincre le péché, sans être nés de Dieu ? Je ne comprenais pas. (Mat 16:24,25 ; I Jean 3:9 ; 4:7 ; 5:4,18,19)

Durant quelque temps, je suis devenu « pionnier », puis « pionnier spécial ». Ce furent mes meilleures années. Non pas parce que je faisais du « porte à porte », ni à cause des obligations que cela impliquait, mais du fait de dépendre de Jéhovah. Je m’en remettais à lui pour vivre, pour manger, boire, dormir, me vêtir, me déplacer ... J’ai eu des expériences magnifiques. En revanche, j’éprouvais de plus en plus de difficultés dans la congrégation. J’étais hors norme, car je ne pratiquais que ce que j’avais bien compris. Comme Paul, je pensais que tout ce qui n’est pas fait avec conviction est péché. Et beaucoup d’enseignements ne me convainquaient pas : l’espérance terrestre, le sang, le porte à porte, les réunions, l’explication des prophéties ... Ce fut notamment le cas dans les années 60 lorsqu’une publication annonça 1974 comme étant la date d’Harmaguédon. Cela me semblait absurde, invraisemblable, déraisonnable. (Rom. 14 :23)


MISE EN CAUSE DE L’ESPÉRANCE

Constamment je devais défendre ma foi. Pensant agir pour mon bien, certains membres du comité de la congrégation essayèrent de me faire réfléchir sur mon espérance. Je devais me tromper car j’étais jeune. Le nombre des 144 000 était au complet. Il ne pouvait y avoir un nouvel appelé que si un frère du Christ avait abandonné la course. Ce qui était très rare. De plus Jéhovah choisissait des hommes ou des femmes d’expériences pour remplacer un membre défaillant. J’en suis arrivé à douter de mes facultés mentales. Leur raisonnement brouillait ma vision du message biblique. Il m’éloignait de Dieu. D’un côté, je ne pouvais pas rejeter ce que je comprenais dans les Écritures et, de l’autre, le comité avaient peut-être raison car j’étais têtu, indépendant ... Non pas asocial, car j’avais beaucoup d’amis parmi les TJ, beaucoup d’études bibliques, mais indépendant d’esprit, pas soumis à l’organisation.

Finalement, très perturbé, j’ai tout quitté, le service de pionnier, la congrégation et la région. J’ai trouvé du travail dans une petite ville, loin de tous ces problèmes.

Un an plus tard, pour des raisons professionnelles je déménageais à nouveau. J’avais repris pieds. Convaincu de mon espérance, je contactais la congrégation de ma nouvelle ville. Là, je rencontrais ma future femme. Elle m’a beaucoup aidé à prendre de l’assurance et à me stabiliser. De mon côté, je lui ai apporté beaucoup de problèmes et de soucis à cause de certains TJ qui me rejetaient. Mais maintenant, nous étions deux.


MON ÉPOUSE

Elle avait connu les TJ vers l’age de 11 ans. Elle avait accueilli un couple de pionniers en prédication de porte en porte. Elle fut très touchée par le message sur Jésus et commença à étudier. Vu son jeune age, elle rencontra beaucoup d’épreuves et de difficultés lorsqu’elle voulu assister aux réunions et accomplir le ministère que les TJ lui recommandait de faire. Sa soeur aînée se maria avec un TJ. Sa famille catholique était bouleversée. Ma future femme aimait beaucoup les Écritures, elle se voua à Dieu et pris son baptême. Plus tard, afin de trouver un peu d’indépendance, elle s’inscrivit dans une des facultés de la ville où j’allais habiter et fréquenta la congrégation. C’est là que nous-nous sommes rencontrés. Je la trouvais simple, vive, très attachée à la parole de Dieu. Elle n’aimait pas le monde. Nous-nous sommes mariés, créant de nouveaux soucis à sa famille. Du côté des TJ cela a soulevé bien des réactions inamicales : un oint épousait un membre de la grande foule, et cela 3 ans avant Harmaguédon. C’était inconcevable, inconvenant ! Beaucoup ont tenté de dissuader ma future femme ... Trente-quatre ans plus tard nous sommes toujours mariés et très heureux. Nous partageons la même espérance et la date fatidique de 1974 est passée.


DÉBUT DE LA SÉPARATION

En 74, la bêtise de ceux qui avait annoncé Harmaguédon pour cette date se révéla. Mais, loin de reconnaître ses tords, la société WT fit retomber son erreur sur des ‘frères’, des anonymes, ceux qui avaient avancé cette année-là dans leurs écrits ... Cet événement ne nous a pas beaucoup touchés. L’organisation n’est pas Jéhovah. Des erreurs, tous nous en commettons. C’était même rassurant de voir que la WT pouvait se tromper. Elle était comme nous. Elle n’avait jamais été infaillible. En revanche, ceux qui lui avaient voué une obéissance aveugle furent mal menés.

Au milieu des années 70, lors d’un congrès à Paris, on nous annonça le « roulement des anciens » dans toute l’organisation. Avec mon épouse, nous avons pensé que ces dispositions allaient révéler si l’Esprit de Dieu guidait ou non les congrégations. C’est à cette époque, que l’on nous expliqua que « Babylone la Grande », tombée en 1918, était l’ « Empire mondiale de la fausse religion ». C’est à partir de ces années-là qu’un malaise grandissant commença dans les congrégations. Sans doute pour de multiples raisons, mais il me semble que la principale était que la majorité des TJ n’étaient pas réellement et entièrement voués à Dieu. Une partie de leur voeu allait aux hommes, au système et celui-ci avait perdu de son auréole. Par contre, les extrêmes, ceux qui étaient voués à Dieu seul, et ceux qui se revendiquaient pleinement de l’organisation semblaient imperturbables. Dans les années quatre-vingt, la WT décida de rétablir son autorité. Elle insista lourdement sur de soi-disant faits qui se seraient passé dans les cieux en 1914 et 1918. Cela donnait l’impression qu’après le fiasco des annonces d’évènements terrestres, il ne restait plus que les évènements célestes car dans les cieux, personne ne pouvait aller vérifier. Selon elle, ces évènements établissaient d’une façon incontestable sa légitimité, celui « d’esclave fidèle et avisé » établi sur les biens de son maître, Jésus, qui venait de devenir Roi. Elle était cette esclave « donnant la nourriture en temps voulus », le seul canal, l’intermédiaire entre Dieu et les disciples pour ce qui était de la connaissance de Dieu et de sa Parole. Assurant qu’il fallait désormais reconnaître et adhérer aux enseignements qu’elle avait recueillis depuis les cent dernières années de son histoire. Ceux qui ne reconnaîtraient pas ces faits et cet enseignement seraient considérés comme apostats contre l’organisation. Là, la coupe était pleine. Jusqu'à présent nous avions marché à ses côtés, maintenant nous ne pouvions pas accepter cet appel à la soumission. Nous entendions autour de nous des TJ qui commençaient à parler de l’organisation comme d’une mère ; qu’il ne fallait pas « mordre la main qui nous nourrissait ». Certains employaient même l’expression « notre sainte mère l’organisation ». Les idolâtres se révélaient.

Je conduisais l’étude de la Tour de Garde, et les articles à étudier étaient de plus en plus tendancieux. On ne ressentait plus l’esprit de Dieu derrière certains textes. Ce n’était plus des études de la Bible, mais il y avait une volonté de plus en plus évidente à démontrer l’autorité du système. Les versets ne servaient plus à enseigner le message Chrétien, mais à étayer plus ou moins malhonnêtement les dires de la WT. D’une étude à l’autre, des explications de textes bibliques pouvaient diamétralement s’opposer (notamment lorsque ces derniers montraient que nous devions éprouver toutes choses). J’avais négligé d’étudier les sujets concernant les prophéties. Comme dans les TG, que je devais préparer pour les conduire, la société insistait sur les deux dates de 1914 et 1918, j’ai analysé les versets bibliques, et découvert les erreurs énormes qu’elle commettait.


NON SENS VOLONTAIRES

Par exemple, au sujet du Royaume et de la date de 1914, elle expliquait que Jésus s’était assis à la droite de son Père attendant, pour commencer son règne, que celui-ci ait mis ses ennemis sous ses pieds. C’est ainsi qu’il aurait attendu jusqu’en 1914 date à laquelle son Père aurait mis ses ennemis sous ses pieds et lui aurait remis le Royaume. Et de citer le Psaume 110 : « Assieds-toi à ma droite, Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ». Or, Paul, dans son épître aux Corinthiens, écrit que lorsque ses ennemis sont sous ses pieds, le Christ ne commence pas son règne, il le termine : « Ensuite viendra la fin, quand il remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir détruit toute domination, toute autorité et toute puissance. Car il faut qu'il règne jusqu'à ce qu'il ait mis tous les ennemis sous ses pieds. Le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. » Cela ne s’est pas produit en 1914. En fait, dès qu’il s’assit à la droite de son Père, Jésus commença à régner au milieu de ses ennemis. tout pouvoir lui avait été donné dans le ciel et sur la terre. (I Cor. 15:20-26 ; Mat 28 :18)

La WT voudrait qu’après 1914, quatre ans plus tard, en 1918, Babylone la Grande soit tombée. Or, cette ville symbolique, qui d’après eux représenterait l’empire mondial de la fausse religion, ne relâchait jamais ses prisonniers. Dans ce cas comment les premiers Chrétiens et notamment ceux, venus des religions païennes, sont-ils sortis de cette « ville » qui n’était pas encore tombée ? Il y avait là aussi une erreur. En fait, c’est par rachat, par sa mort et à sa résurrection, que Jésus les avait libérés. C’est à ce moment-là qu’il avait fait tomber la ville symbolique qui les retenait captifs. Il avait dépouillé les dominations et les autorités, et les avait livrées publiquement en spectacle, en triomphant d'elles par la croix. (Isaïe 48 :20 ; Éphésien 2:15)

Nous savions que la WT n’était pas inspirée, qu’elle commettait des erreurs, qu’elle n’était qu’un outil, qu’un moyen pour étudier les Écritures et les faire connaître. Mais nous ne pensions pas qu’elle puisse être malhonnête. À partir de ces études, nous avons commencé à douter de ses mobiles. Durant des années, nous avions apprécié la connaissance qu’elle apportait. La somme de recherches qu’elle avait faite sur la Bible était précieuse. Jamais, en tant qu’individu, nous n’aurions pu amasser autant de connaissance. Mais, à présent elle changeait. Elle était liée à son passé, elle ne pouvait plus modifier certains de ses enseignements erronés par crainte de voir l’édifice s’écrouler. Elle devenait une « vieille outre » dans laquelle on ne pouvait pas mettre du vin nouveau. La recherche de la vérité pour la gloire de Dieu n’était plus son mobile. Elle avait colporté depuis longtemps bien des erreurs, et deux classes d’hommes avaient cohabité chez elle. Ceux qui étaient voués à Dieu seul et ceux qui l’idolâtraient. À présent, ces derniers prenaient le dessus. (Luc 5:37 ; Apo. 14:4)


ORIGINE DE LA GRANDE FOULE DES TJ

Depuis sa création jusqu’aux années 30, en propageant un enseignement entaché d’erreurs, elle avait engendré ses propres disciples, ses propres fils. Elle avait mêlé au message du Christ ses aspirations d’organisation terrestre. Ceux qui reçurent et acceptèrent ce message ne purent naître d’eau et d’esprit. C’est ainsi que, lorsque le nombre des disciples ne participant pas aux emblèmes augmenta de façon significative, la WT chercha une explication et la trouva dans le livre de l’apocalypse : la « Grande Foule ». Aujourd’hui, dans ses rangs, très peu d’hommes et de femmes suivent Jésus peu importe où il va.

Au milieu des années 80, avec quelques TJ, nous avons approfondi l’espérance qui vient des Écritures. Il devenait évident que le dessein de Jéhovah avait été dès l’origine d’engendrer des fils à son image, à sa ressemblance. Or, Dieu étant esprit, ses fils aussi seraient esprits, car ce qui est né de l’esprit est esprit. Adam était un « homme spirituel ». Il comprenait ce qui venait de son Père, l’Esprit. Bien que son corps ait été physique, sa vie ne procédait pas de ce monde matériel, elle venait directement des cieux, de son Père. C’est en recevant sa parole et son esprit qu’il parviendrait à porter son image. Son refus entraîna toute l’humanité dans une mort spirituelle la rendant prisonnière d’un état mental désapprouvé. Désormais la vie humaine ne procédait plus de Dieu mais de ce monde. Plus aucun homme physique ne pouvait comprendre la pensée de Dieu. Il devenait nécessaire de naître de nouveau afin de retrouver la position d’ « homme spirituel », de fils de Dieu l’Esprit perdue par Adam. Pour cela il fallait que Dieu intervienne et nous libère afin que nous recevions à nouveau son esprit. (Jean 3:6 ; I Cor. 2:14,15)

Nous comprenions qu’en fait, le premier homme avait remplacé dans les consciences, le Créateur par sa création. Depuis, tous les hommes espéraient dans cette création pour avoir la vie. Elle était devenue un intermédiaire entre Dieu et eux. Lorsque Jésus vint, ceux qui le suivirent espéraient qu’il rétablirait toute chose, qu’il accomplirait les promesses et que Dieu les bénirait au travers de la création. Ils s’attendaient à une réalisation physique. Ils le suivirent jusqu’à sa mort. Celle-ci devint aussi la leur, car, ce jour-là, tous leurs espoirs furent anéantis. En fait ils furent lavés, purifiés de cette idolâtrie. Ils furent libérés et comprirent que la vie venait de Dieu, qu’Il était le seul rémunérateur. Ils avaient reçu la circoncision du coeur, le dépouillement du corps de chair. À la pentecôte de l’an 33 ils revinrent spirituellement à la vie. Jéhovah poursuivait son dessein : engendrer des fils à son image. Un jour, après le règne millénaire, lorsque ce qui est corruptible aura revêtu l’incorruptibilité et ce qui est mortel aura revêtu l’immortalité alors la mort ne sera plus, tous les hommes seront fils de Dieu, l’Esprit et Jésus remettra le Royaume à son Père. (Rom. 1:22-25; Colossiens 1:13 ; I Cor. 15:54)

Pour un petit nombre de TJ dans les congrégations de la région, cette compréhension remettait tout en question. Il devenait de plus en plus difficile de continuer à participer aux réunions. Conduire l’étude de la TG était un véritable exercice d’équilibriste. Il ne fallait pas choquer les assistants, d’un autre côté je ne pouvais pas donner de faux enseignements. Discrètement, il fallait faire la distinction entre ce qui venait de la Bible et ce qui venait de la WT. Les anciens se rendaient compte qu’il y avait un malaise et cherchaient à comprendre. Par la suite, ils résolurent de trouver un moyen pour me reprendre. Durant plusieurs mois, peu être une année ou deux, nous avons continué à assister et à participer aux réunions. Notre objectif n’était pas de nuire à la société mais d’essayer de faire comprendre à ceux que nous fréquentions depuis plusieurs années la véritable bonne nouvelle : l’espérance que Dieu nous offrait pas Jésus. Je rédigeais un texte d’une dizaine de pages sur les décrets des apôtres. Ce document étayé reprenait quelques points sur l’espérance. Il parvint rapidement entre les mains d’anciens qui le lurent et le transmirent à un surveillant de district. Celuici demanda si je n’étais pas en contact avec des personnes du Béthel de Brooklyn car les idées développées étaient assez proches de celles qui avaient cours là-bas parmi certains TJ. Mais nous n’avions aucun contact avec ces personnes.

Par la suite un surveillant de circonscription me dit qu’il ne fallait pas critiquer la société ni son enseignement. C’était sous le couvert de la prière et guidé par l’esprit saint que le collège central préparait la « nourriture spirituelle ». Puis, un moment plus tard, on aborda les problèmes causés par le roulement des anciens. Ne se rappelant plus ce qu’il m’avait dit quelques minutes plus tôt, il m’expliqua avec vivacité qu’il n’avait pas apprécié ce système et qu’il n’avait pas été d’accord lorsqu’il avait été mis en place. Je lui demandais alors : « Ces dispositions ne viennent-elles pas du collège centrale ? N’ont-elles pas été prises sous le couvert de la prière ? Le collège n’était-il pas guidé par l’esprit saint ? » Il fut très irrité.


DERNIER CONTACT TJ, EXCLUSION

Finalement, je fus exclu sans qu’aucun des membres du comité ne cherche à savoir si ce que je disais au sujet du Royaume était conforme aux Écritures. Quelques jours plus tard ce fut le tour de ma femme, puis, d’un certain nombre de TJ, et cela sans qu’aucun comité judiciaire cherche à connaître la vérité. Nous fûmes tous exclus pour apostasie contre l’organisation. Un comble !

Dans une organisation humaine, lorsque l’on ne partage plus les idées de celle-ci, il est normal que l’on se retire ou que l’on soit radié. Mais, dans une organisation divine, sensée appartenir à Dieu, sensée annoncer la vérité divine, lorsque l’on s’aperçoit qu’un enseignement n’est pas conforme, nous ne pouvons pas nous retirer, sauf si nous sommes convaincus que Jéhovah a abandonné cette oeuvre. Nous devons le signaler (exemple : la vive réaction de Paul à Antioche au sujet de la circoncision). Ceux qui vont juger l’affaire ont l’obligation de déterminer où se trouve la vérité. S’ils ne le font pas et nous excluent, ils montrent qu’ils s’appuient sur les dires d’une organisation et non pas sur la vérité de Dieu. Ils se soumettent à une disposition humaine qui prétend être le canal, l’intermédiaire entre Dieu et eux. Ils nous excluent pour apostasie contre leur organisation et non pas contre Dieu. Le comble c’est qu’ils le disent, démontrant, publiquement, que la vérité de Dieu n’est pas chez eux.

À cette époque, nombre de ceux qui furent exclus n’étaient pas vraiment voués à Jéhovah. Ce qui s’était passé dans les congrégations leur avait servi d’excuse, de moyen pour sortir. Certains son redevenus catholiques, d’autres sont devenus bouddhistes, d’autres encore sont entrés dans une secte ou ont cessé de croire en Dieu..

. Depuis, cela fait plus de quinze ans, avec mon épouse et quelques anciens TJ, nous n’avons pas cessé d’étudier les Écritures. Nous regrettons d’avoir, durant un temps, fait trop confiance à la WT et accepté sans les approfondir certains de ses enseignements, certaines de ses consignes. Cela nous a amenés à avoir des comportements arbitraires, sectaires. Dans certaines occasions, nous avons fait souffrir nos parents, nos relations. Dans ces moments-là, nous aurions dû écouter notre conscience qui nous reprochait notre manque d’amour. Plutôt que de les aider à aimer Dieu, nous choquions leur conscience.

Aujourd’hui, nous n’avons pas perdu la foi, loin de là ! Nous sommes libres. Notre voeu à Jéhovah n’est pas entravé. Il n’y a pas d’intermédiaire entre nous et Lui, si ce n’est Jésus. Nous avons de bonnes relations avec nos familles, nos voisins, les gens que nous fréquentons. Cela nous permet de glorifier Dieu, non pas par des actes sectaires et stupides, mais par des comportements simples, respectueux. Comme le dit Paul, nous devons rechercher non pas notre propre intérêt mais celui des autres. (I Cor. 10:24)


DEVENIR

Que va devenir l’organisation des TJ ? Elle subira les mêmes difficultés, les mêmes problèmes que les autres organisations du monde : celui qui sème dans la chair héritera de la chair la corruption. L’espérance terrestre qu’elle propage entraînera sa perte. Elle est dans la lignée de l’homme qui méprise la loi dont parle Paul. Ce personnage doit se révéler. Il est l’aboutissement de la rébellion d’Adam. Il s’assoit dans les consciences et s’établit comme Dieu. À la place de Dieu, il devient le critère du bon et du mauvais. Ceux, qui ne le reconnaîtront pas, seront rejetés, exclus, « tués », ils ne pourront plus « ni acheter ni vendre ». Cet antéchrist causera la désolation, une tribulation terrible, chacun se tournera contre son frère. Les gens se haïront les uns les autres, se déchireront, manifestant les fruits produit par l’apostasie contre Dieu. Après ces jours de détresse, il n’y aura plus de repère, plus de guide… Alors apparaîtra le signe du Fils de l’Homme. Celui-ci enverra ses anges moissonner les Fils du Royaume. C’est là, que se révélera la Grande Foule dont parle le livre de la Révélation. Elle viendra de la grande tribulation qui n’a pas encore eu lieu. (Isaïe 1:31 ; Galates 6:8 ; II Thes. 2:1-12 ; Apo. 13:1-18 ; Mat. 13:40-43 ; Isaïe 1:31 ; Ézéch. 38:21 ; Psaume 51:19 ; Mat. 12 :30-41 ; Rom. 11:32 ; Apo. 7 :9-13 ; Mat. 24:29-31 ; I Cor. 3:11-15)

Nous sommes convaincus que la principale leçon à retenir de notre expérience chez les TJ est que nous devons être voués à Dieu et à lui seul. La moindre idolâtrie, le moindre acte de soumission de notre foi à une chose créée, quelle qu’elle soit, est un piège qui nous fait porter de mauvais fruits. Comme le dit Jean « petits-enfants gardez-vous des idoles ! » (Isaïe 8:21 ; Apo. 11:3,4 ; Galates 3:19 ; Rom. 7:5-22 ; Rom. 8:12-16 ; I Jean 5:21).




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Philippe s'est rendu compte du véritable visage de l'organisation des Témoins de Jéhovah et de son Collège Central lorsqu'il s'est penché sur la question du sang et du refus de transfusion.


Voici comment j’ai découvert le vrai visage du collège central des témoins de Jéhovah.

Je vis à Bruxelles. Je suis devenu témoin à l'âge de 18 ans alors que j'étais étudiant en pharmacie. Mes parents n'étaient pas du tout ravis. Mon père m'interdit d'assister à plus d'une réunion par semaine. J'ai cédé sous la pression, et le sentiment de culpabilité qui en a résulté a provoqué pendant un temps des crises de panique. Mais j'étais content d'avoir trouvé la "Vérité".

Alors que la fin de mes études approchait, la question du refus du service civil devenait plus aiguë. Mes parents étaient désespérés. Tous les jeunes hommes témoins belges faisaient de la prison parce que les instructions du collège central à ce moment-là étaient que nous ne pouvions faire ni service militaire, ni service civil de remplacement. Je ne comprenais pas bien cette décision, mais je faisais confiance au collège central. Finalement, à la demande de mes parents, notre médecin de famille a trouvé une raison de me faire exempter de service.

Je me suis par la suite marié et mon épouse et moi avons commencé à prêcher à plein temps dans la communauté chinoise de Bruxelles. Nous travaillions à mi-temps, vivions simplement et n’avions pas d’enfants. Nous avons appris le chinois, et pensions partir en Chine comme missionnaires autofinancés. Mais j’avais toujours été mal à l’aise avec le sectarisme (« nous sommes les seuls vrais chrétiens ») et le légalisme (placer la loi au-dessus de l’homme, et non l’inverse) de l’organisation des témoins.

En 2000, j’ai décidé d’examiner à fond l’interdiction du sang dans la Bible. Je trouvais paradoxal d’être prêt à mourir ou laisser mourir soi-disant par respect pour la vie représentée par le sang.

J’ai découvert que non seulement le légalisme de l’enseignement de l’organisation des témoins était absurde, mais qu’en plus la compréhension du symbolisme biblique du sang était erronée. J’avais confiance que le collège central des témoins écouterait mes arguments. J’ai écrit des lettres, d’abord aux anciens de ma congrégation, ensuite au surveillant de circonscription, et finalement au collège central à Brooklyn. C’est le bureau de correspondance à Patterson qui m’a répondu. A chaque fois, je n’ai rencontré que des oreilles sourdes. Bien entendu, je gardais cette question tout à fait confidentielle dans la congrégation.

J’ai finalement téléphoné à Fred Rusk à Patterson, qui apparemment était celui qui avait répondu à mes lettres. Je lui ai demandé une entrevue, de manière à m’assurer que mes arguments étaient bien compris. Il n’a accepté qu’à contrecoeur, me rappelant le conseil qu’il m’avait donné de laisser cette affaire de côté. J’ai donc rencontré Fred Rusk et Ray Richardson à Patterson le 19 novembre 2002. Je m’étais préparé à faire preuve de douceur et de respect, mais Fred Rusk était impatient et assez agressif. Il m’a dit que dans la Bible le sang d’une créature vivante ou mise à mort représentait exactement la même chose. Ce point de vue était diamétralement opposé au symbolisme biblique du sang ! J’ai répondu que je voulais faire appel au collège central. Ray Richardson m’a mis en garde du danger de devenir apostat.

Lorsque je suis arrivé à Brooklyn plus tard le même jour, j’ai rencontré les secrétaires Robert Landis et David Iannelli. Fred Rusk ou Ray Richardson les avait avertis de ma visite. Robert Landis était assez compréhensif, mais a dû me dire que le collège central ne recevait pas d’audiences. Je crois que le pape est plus accessible que ces hommes. Je leur ai laissé une lettre à l’intention du collège central, et je suis retourné à Bruxelles.

J’ai encore écrit quelques lettres sans résultat, et finalement j’ai décidé de publier une lettre ouverte au collège central sur l’Internet, dans laquelle j’exposais respectueusement mes arguments, insistant sur une audience. Je pensais avoir la responsabilité de le faire, parce que des vies humaines étaient concernées. Je l’ai fait savoir aux anciens de ma congrégation.

Leur réaction était bien plus agressive que je l’avais imaginé. Je n’étais pas prêt à m’entendre traiter d’apostat. J’ai retiré ma lettre de l’internet. Je n’ai donc pas été exclu, mais les anciens m’ont enlevé toutes mes responsabilités de service et d’enseignement. Le choc était si intense que j’ai passé quelques jours à l’hôpital. Je me suis vite remis, et j’ai alors commencé à examiner vraiment ce que j’avais cru et enseigné pendant des années. J’étais stupéfait de constater l’ampleur de l’erreur, et même de la fraude dans l’enseignement de l’organisation des témoins.

J’ai eu un contact avec « Elder Lee » de l’organisation ajwrb.org, et je l’ai fait savoir aux anciens pour crever l’abcès. Ils m’ont convoqué devant un comité judiciaire. C’est là que le surveillant-président de ma congrégation s’est penché vers moi pour me demander sur un ton très sérieux si j’avais foi dans « l’esclave fidèle et avisé » (= la direction des témoins). Il m’a ainsi donné la confirmation finale que le dieu de ces hommes est leur organisation. J’ai signalé à ces anciens que je n’étais plus témoin de Jéhovah.

J’ai lu les livres de Raymond Franz. J’étais scandalisé d’apprendre que dans les années 70 pas même la moitié des membres du collège central était d’avis que les jeunes hommes témoins devaient refuser le service civil non militaire au risque d’aller en prison. Nous n’étions même pas au courant de ce fait, parce que les réunions de ce collège sont strictement confidentielles. Aujourd’hui il ne reste rien de mon respect envers ces hommes. Leur conviction que leur organisation est celle de Dieu sur la terre a des conséquences très graves.

Malheureusement, j’avais à ce moment-là des sentiments de choc et de dégoût qui ont provoqué mon divorce. Mon ex-épouse est restée une fidèle témoin de Jéhovah. Je prends la responsabilité de notre séparation, mais d’un autre côté, je suis maintenant un « apostat ». J’avais une intense envie d’avoir enfin une vie de famille normale avec des enfants, ce que je souhaite pour l'avenir.

Je suis resté croyant, mais en un Dieu d’amour et non de jugement. Je suis très heureux d’avoir retrouvé ma liberté chrétienne.

Philippe



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Isabel nous dit comment elle a été trompée par un homme qui, plus tard, s'est avéré être Témoin de Jéhovah ... Elle nous raconte comment il lui a menti.


J'habite en Belgique, en région liégeoise, et je voudrais témoigner et vous raconter mon histoire, ma douloureuse histoire ...
En décembre 2006 grâce à mon boulot et à une sortie de fin d'année, j'ai rencontré Jean, 35 ans, un beau garçon au regard mystérieux, d'origine italienne. Moi je suis d'origine latine. Nous avons sympathisé et il m'a raconté ses problèmes de couple, il avait l'air très malheureux. Et puis nous nous sommes échangés des sms pendant un mois. Fin janvier nous avons commencé notre relation, elle était belle, très belle sauf que les propos de Jean n'étaient pas très cohérents. Il était d'une naïveté incroyable. J'adorais les fois où il me disait qu'avec moi il apprenait beaucoup de choses. Quand je lui faisais remarquer cette naïveté, je lui demandais ce qu'il avait bien pu faire avant de se marier. Il était marié depuis 3 ans. Il me dit qu'il était resté 7 ans avec une fille mais n'insistait jamais. Nous parlions beaucoup et nos rencontres étaient toujours pleines de joie et de rires. Nos rencontres intimes ont été les plus belles de ma vie, on se comprenait. Mais il tenait des propos qui n'avaient aucun sens et je commençais à me sentir mal. Par exemple il pouvait dire qu'il n'aimait aucune femme sauf sa fille. Alors je lui ai dit qu'il pouvait partir mais il se reprenait. Ou bien il pouvait aussi m'écrire "je t'aime" mais quand je le lui disais il me disait d'y aller doucement.
Et puis un jour, après presque 5 mois de relations, j'ai appris par hasard qu'il était témoin de Jéhovah. Tout s'est écroulé, quelque chose s’est cassé en moi, mais tout devenait plus cohérent. Je me demande si notre Dieu à tous ne m'a pas chargée d'une mission sur terre ... Mais je m'en serais passée volontiers ... Ma famille avait déjà vécu une terrible épreuve avec eux. Une personne de ma famille qui était partie vivre avec un témoin de Jéhovah il y a 25 ans, s'est convertie elle aussi. Mais 25 ans de malheurs et de douleurs terribles. Son mari l'a battue et elle s'est tue jusqu'au jour où il a été dénoncé. Ils ont divorcé et elle est sortie dans le monde. Pendant 4 ans elle a découvert la vie, elle était aux anges et puis une nouvelle épreuve, une grosse dépression, elle n’était pas forte assez pour affronter les joies et les peines que la vie nous apportent à tous. Elle ne nous reconnaissait plus, elle ne nous reconnaît plus, nous les membres de sa famille. Maintenant c’est une morte vivante et il n’y a pas un jour où je ne la pleure pas. Alors quand j'ai su pour Jean, j'ai « pêté » ce qu'on peut appeler "un câble". Je lui ai dit que j'allais le dénoncer, que c'était inadmissible, qu'on ne pouvait pas mentir, tromper alors qu'on allait prêcher la bonne parole en disant que les gens du monde étaient des « Satan ». Et puis moi, je me suis sentie sale, comme s'il m'avait prise pour son jouet « du monde », alors que moi je l’ai respecté chaque seconde. Tu parles, bien sûr les femmes Témoins de Jéhovah, elles sont pures elles, n'est-ce pas Jean? Et tu le sais toi Jean, n'est-ce pas? Tu sais ce que tu as fait avec cette fille de ta congrégation, pourtant elles doivent se marier vierges, non ?
Il a eu peur, il m'a juré qu'il voulait s'en sortir, qu'il m'aimait et que je pouvais l'aider, qu'il s'était converti pour épouser sa femme. Ce qui était totalement vrai car j'aurais déplacé des montagnes pour lui, frappé aux portes, j'aurais tout fait pour le guérir. J'ai laissé passé deux jours et puis nouveau mensonge. J'ai appris qu'il était converti avant sa femme et qu'il lui avait envoyé des dizaines de bouquets de fleurs pour la conquérir, lui qui ne m'avait jamais offert une rose ... Ca ce n'est pas encore grave. Ce sont les mensonges qui sont terribles. Tout s'écroule. Alors, je n'ai même pas réfléchi et j'ai appelé sa femme, j'ai tout dit. Jean m'a insultée avec des mots terribles et lui et son frère ont fait croire que ce n'était pas avec lui mais avec son frère (non TJ) que j'avais eu une histoire. Heureusement, j'avais sauvé pas mal de beaux sms qu'il m’envoyait pendant les cinq mois de notre relation et je suis allée les montrer aux anciens de sa congrégation. Je ne sais pas ce qu'il est devenu. Je sais qu'il me manque même si je sais qu'il m'a menti, insultée, qu'il est mythomane, qu’il est manipulateur puisqu’il a toujours été manipulé ou qu'il n'a plus de cerveau ou tout simplement comme il disait bien, qu'il n'a pas de rêves puisqu'il ne rêve jamais (chez eux les rêves sont interdits) ou qu'il ne sait pas aimer, bref que c’est un écorché vif qui n’a plus de repères. J'ai connu deux Jean, le bon (tout en couleurs) et le mauvais (tout en noir).
Si vous publiez ce message, je voudrais dire à Jean, qu'après ma colère, je lui pardonne ainsi qu'à son frère d'avoir été si faibles, comme moi dans la colère. Que je l'aime et je l'aimerais toujours, que s'il a la chance de rester en vie et en bon état, il y a une main quelque part pour lui, pour braver les montagnes, celles de l'amour le vrai, celui de la confiance et du partage mutuels mais pour de vrai ... L'amour de la vie et pas ce qu'écrivent leurs torchons ... Je voudrais dire à Jean que cette main, il saura toujours où la trouver quand il en aura besoin.
Et à son frère Jo ou Vincent, je lui dis que s'il aime vraiment son frère, il devrait réfléchir à tout ça, qu'il se documente sur internet (et bien oui, Jo ou Vincent, internet ça ne sert pas seulement à trouver une femme ou des femmes), qu'il a encore la chance que son frère le reconnaisse et qu'il a encore toutes les cartes en mains pour lui redonner le sourire et le goût à la vie. Dans Google, tu tapes « JEHOVAH », « secte JEHOVAH », « TEMOIGNAGES D’EX-TEMOINS »…, tu verras, tu apprendras beaucoup. Non Jo, ton frère n'est pas "grave" comme tu disais, il a besoin d'aide parce qu'il se noie tout doucement et tu es tellement occupé que tu ne le vois pas. Il faut dire qu’il cache si bien son jeu. Si tu lui redonnes goût à la vie, tu verras tu redonneras goût à la tienne, tu seras quelqu'un de bien et Dieu te trouveras quelqu'un de bien ... Ma main t'est tendue aussi malgré ce que tu m'as fait si je peux t'aider à te documenter, autour d’un café, tu sais que j’en ai la force et que je suis quelqu'un de bien et que nous savons tous les deux que l’amour et la psychologie peuvent aider quelqu'un à s'en sortir, et à aimer la vie n'est-ce pas Jo ou Vincent ? Je suis sûre que tu aimeras aussi la tienne parce que tu auras fait quelque chose de bien. Tu vois Jo, moi je ne comprenais pas pourquoi lors d’une discussion que j’avais eue avec toi au téléphone, tu m’avais demandé si j’aimais ton frère. Je t’ai répondu « oui » et puis tu m’as demandé ce que je lui trouvais et je t’ai dit « tout ». J’espère que tu me comprendras maintenant et que tu lui montreras ceci.
Je voudrais aussi vous dire à toi Jean et à toi Jo ou Vincent, que la valeur d’une femme ne se mesure pas à l’aide de certains critères qui avaient été définis à l’époque de nos ancêtres (il faut épouser une femme vierge, elle ne peut pas donner son avis, elle ne peut pas être comme-ci ou comme-ça). La valeur d’une femme se mesure de la même manière que celle d’un homme parce que ce sont simplement des êtres humains et que chaque être humain est unique. Si on a la chance de rencontrer un jour ces valeurs, il faut la saisir car elle n’arrive pas plusieurs fois et des gens exceptionnels, il n’y en a quand même pas partout…Et puis une femme ce n’est pas un bout de viande et si vous pensez ça, vous serez toujours en décalage avec la vie. Si vous arrêtiez avec tous ces préjugés et ces sottises, vous seriez pleinement heureux au point de profiter de ce que la vie vous donne de beau.
Et à Jean, je voudrais qu’il se rappelle les beaux moments, comme la balade dans la plus petite ville de Belgique, nos rires et nos pics … Je voudrais aussi lui dire que j’ai énormément appris de lui et des gens, lui qui croyait que de lui je ne pouvais rien apprendre. Et puis je voudrais lui dire aussi qu’il ne doit plus être comme eux, qu’il ne doit pas passer sa vie à manipuler, à calculer et à se noyer dans ses mensonges au quotidien parce qu’alors elle ressemblera à quoi sa vie ? A la fin je ne savais plus ce qui était vrai ou faux. Je voudrais lui dire que tout ça m’a laissé un goût amer, que je ne suis pas sûre de savoir avec qui je suis sortie, que je m’interroge chaque jour encore et que je me demande comment je vais encore faire confiance à quelqu’un. Pourtant il pouvait tout me dire parce que comme il disait si bien, j’étais intelligente, donc tolérante. Mais grâce à lui, je me suis rendue compte que je pourrai transformer ma colère envers ces groupes nuisibles en essayant d’aider les gens qui en sortent pour débuter leur sevrage et se lancer dans la VRAIE vie et qu’il ne doit pas avoir peur. Je témoignerai d’ici jusqu’au bout du monde, parce qu’au fond, moi j’ai une question : si je suis malheureuse à cause de gens qui interprètent la bible, qui sont d’une perfection qui leur est exclusivement réservée et qui représentent Dieu, pourquoi Dieu me rend-il si malheureuse, moi qui ne cherchait qu’à être heureuse ?

Isabel, la petite femme du monde qui vous souriait toujours.



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Voici le témoignage de Copernic. Comment il a vécu sa jeunesse au sein d'une famille TJ.
Comment il a pu se libérer des chaînes de la Watch Tower qui le retenaient captif.


Je suis né dans une famille de TJ. Mon père avait connu les TJ à 16 ans tandis que ma mère l’était devenue à partir de 8 ans par des pionniers. Toute la famille l’est devenue sauf mon grand-père qui s’est toujours montré opposé à cet enseignement fondamentaliste.

Alors que je savais à peine marcher, je fus amené les samedis matins et dimanches matins en prédication. Mon père me rappelait parfois que, lorsque la porte de la maison chez qui nous allions frapper s’ouvrait, je fonçais à l’intérieur et mon père devait me rattraper.

Seul enfant pendant plusieurs années dans une petite congrégation de Bretagne, je n’avais pas d’amis et encore moins à l’école (les « mauvaises compagnies » à éviter …). Cette période est une période assez noire pour moi car c’était la secte dans le sens propre du terme : communautarisme, chacun qui se mêle de la vie des autres, présence obligatoire. Bref, liberté nulle.

Mon père étant ancien, il était souvent pris les soirs pour des visites pastorales et devait faire toutes les semaines des discours et autres sujets ce qui lui prenait beaucoup de son temps libre. Je ne peux pas dire que j’ai eu un papa jouant avec moi. Cependant mes parents étaient affectueux et très zélés et je devais montrer l’exemple en tant que fils d’ancien. J’ai donc ouvert la voie pour les autres enfants qui sont venus bien après moi en affrontant le premier les professeurs (qui ne connaissaient pas les TJ) pour Noël, les anniversaires et tout les autres plaisirs que les enfants ont à l’école et qui nous sont interdits. Je me souviens qu’à l’âge de 5 ans le mari (opposé) d’une sœur qui était mon professeur de dessin m’a forcé à dessiner un arbre de Noël. J’en ai pleuré de dégoût car il savait que ça m’était interdit.

A la salle, j’étais au premier rang avec mon père surveillant à l’école du Ministère Théocratique. Si je remuais un peu trop, ma mère me réprimandait sévèrement dans la voiture au retour. Comme mon père était mal vu pour « port de barbe », nous devions mettre les bouchées doubles pour être irréprochables

. Les exclusions étaient trop nombreuses dans cette congrégation ce qui lui a valu des reproches du Bethel. Cela vous donne l’ambiance !

Lorsque j’ai eu 13 ans, nous avons déménagé à Rennes. L’esprit des congrégations était beaucoup plus agréable car le nombre plus important de proclamateurs m’amenait à rencontrer des jeunes de mon âge. Mon père était moins pris par les discours et nous pouvions passer plus de temps ensemble. J’ai pris le baptême à 15 ans 1 mois et 1 jour (c’était une date inoubliable à l’époque). Les anciens étaient surpris par ma maturité sur les questions bibliques. Je fus toutefois choqué par les questions d’un ancien qui m’expliquait qu’Hitler allait être ressuscité et que si ma femme se faisait violer, il ne fallait pas être violent avec le violeur en tant que chrétien et le raisonner par la parole. Mais bon, Hitler n’était pas mon problème et puis je n’avais pas de femme.

J’ai eu quelques problèmes par la suite, avec cet ancien qui avait décidé de me faire la peau et avec d’autres qui reportaient leur rancœur envers mon père conservant sa barbe, sur moi. Ma mère qui s’applaventrissait devant chaque remarque à mon sujet de la part d’un ancien me « matait » ensuite au mieux pour qu’elle puisse être fière de moi et ne pas lui donner « la honte » Il y a la violence physique que certains enfants connaissent, moi ce fut l’éducation au chantage affectif. Mes parents étaient toutefois des gens aimants qui prenaient soin de moi. Ils ont agis en toute sincérité et je ne leur en veux pas.

A l’école, ça n’était pas simple. Je souffrais d’un handicap physique par une petite taille ce qui me valait d’être « la tête de turc » des autres garçons. L’apologie de la marginalité prônée par les TJ ainsi que la non-violence (ma mère me rappelait suffisamment que je ne devais pas me battre) m’a conduit à me faire cogner à plusieurs reprises. J’étais timide, chétif et très mal dans ma peau.

Mon échappatoire fut la musique. Passionné de musique celtique, j’entrepris d’apprendre la bombarde puis la cornemuse. En ouvrant cette porte vers le monde extérieur, cela m’a permis de rencontrer des personnes ouvertes, accueillantes, aimables et non sectaires comme les Témoins de Jéhovah et qui m’ont beaucoup apporté pour avoir une vision plus équilibrée des « gens du monde ».

Suivre ces cours de musique salutaires n’était pas évident parce qu’avec le système de rotation annuel des horaires des réunions dû au partage de la salle du Royaume par plusieurs congrégations, je devais jongler avec les horaires des cours de musique. Un ancien a tenté de me faire arrêter la musique sous des prétextes fallacieux comme quoi la cornemuse était utilisée pendant la guerre des clans en Ecosse et qu’un TJ ne peut en faire. Je me suis même pris la tête avec un surveillant de circonscription qui trouvait que je passais trop de temps là-dedans me volant du temps pour Jéhovah. Heureusement que mon père me soutenait à l’époque, sinon j’aurais dû arrêter la musique.

J’ai continué à être le fils modèle parfait et à bien respecter tous les enseignements de la Watchtower. A 18 ans, j’ai même fait un exposé magistral en cours de philosophie sur la Bible avec gestion d’un débat devant mes camarades. J’avais l’impression de défendre au mieux ma foi. A 19 ans, je devenais le plus jeune assistant ministériel de la circonscription. J’étais particulièrement à l’aise en prédication face à des étudiants en biologie pour « casser » de l’évolution sur la base du livre Evolution ou Création.

J’ai entrepris par la suite des études de langue bretonne afin de me destiner à cet enseignement mais très rapidement je me suis rendu compte que le fait d’être Témoin de Jéhovah allait me poser problème dans le petit monde des bretonnants. Les Témoins de Jéhovah étaient en plus sous le feu des médias, ce qui ne donnait pas une bonne publicité, être professeur en centre Bretagne et prêcher le samedi n’allait pas être simple.

Mon père me demandant de l’aider de plus en plus souvent, j’ai fini par lâcher mes études pour travailler avec lui. Après tout, Harmagguédon devait bien arriver dans quelques mois, à quoi bon étudier ? Il faut préciser aussi que mon père était un acharné de l’annonce de la Grande Tribulation. Une véritable obsession qu’il a transmis à mes oncles ce qui valait des réunions de familles électriques après chaque discours eschatologique d’assemblée. Chaque événement mondial (un tremblement de terre, une guerre, etc.) donnait lieu à des spéculations familiales à n’en plus finir sur l’imminence du temps de la fin. Il fallait se préparer. D’ailleurs, mon père m’avait fait une étude biblique lorsque j’avais 12 ans pour me préparer à la torture, et à sa supposée torture pour que je ne renie pas ma foi. Pour les Témoins de Jéhovah, mon père est quelqu’un de zélé et de fidèle. Pour un regard extérieur, c’était un paranoïaque.

Puis j’ai rencontré ma femme. Nous nous sommes fréquentés pendant 8 mois officiellement mais cela faisait des mois que je mourrais d’amour pour elle. J’étais le plus heureux du monde, car elle était belle, gentille douce et différente des autres. J’ai déménagé pour la suivre sur la région Parisienne et cela fut mon premier « creux » spirituel. Mon père s’en est rendu compte car je montrais moins d’enthousiasme aux discussions stériles de la seconde venue du Christ. Il me faisait régulièrement des remarques et s’amusait à « checker » ma régularité religieuse.

Ma femme n’était pas zélée du tout et a accusé une dépression sévère. Elle avait des « péchés avoués » mais non traités correctement à ses yeux (les anciens avaient dit que ça n’était pas grave) ce qui lui torturait sa conscience à chaque réunion. Son père, un psychotique paranoïaque depuis des années, avait réduit en miette son égo. J’ai dû patiemment lui redonner confiance en elle et je devais la « traîner » aux réunions. Souvent, cela donnait lieu à des disputes car elle ne voulait pas venir à la dernière minute. Qu’en j’y repense, je me dis que c’est à ce moment là que j’aurai dû faire une véritable analyse de mes croyances. Sans nul doute, cela aurait arrangé les problèmes dans notre couple.

. Puis il y a eut le départ inexpliqué du jour au lendemain de mon meilleur ami, qui comble de l’horreur rejoignait l’UNADFI, ce grand suppôt de Satan. J’en fus profondément affecté et je ne comprenais pas pourquoi il ne m’en avait pas parlé. Il était comme un grand frère pour moi. Pourquoi ce revirement ? Et pourquoi ne m’en avait-il rien dit ?

Le logement étant difficile sur la région parisienne et mes revenus modestes (ma femme n’étant alors qu’étudiante), nous avons déménagé régulièrement, c'est-à-dire tous les ans. On tombait sur des bonnes et des mauvaises congrégations. Tout le monde connait très bien les problèmes de circulation sur Paris et étant commercial, les bouchons me posaient problèmes régulièrement, surtout pour être à l’heure aux réunions, ce qui me valait des remarques désobligeantes de la part des anciens. Le plus dur étant que j’étais le plus souvent seul, ma femme restant à la maison. « Où est ta femme ? Comment va-t-elle ? » deviennent des questions de voyeurismes à la longue.

La musique de Bagad étant mon unique moment de liberté de la semaine où je me sentais « moi » et sans contrainte malgré les concours de musiques particulièrement difficiles.

Un nouveau déménagement nous a amené dans une congrégation où ma femme a retrouvé des amies d’enfance qui lui ont redonné le plaisir de venir à la réunion. Ce qui me valait moins de tensions à la maison et puis la rencontre avec des jeunes couples de notre âge fort sympathique. Tout se passait bien jusqu’au jour où on m’a accusé d’avoir « usé de séduction » envers une adolescente canadienne de 15 ans lors d’une partie de foot et qui voulait se joindre à nous. Le comble c’est que l’accusateur n’avait rien compris à nos propos car c’était en anglais et il n’en parlait pas un mot. L’histoire est monté en épingle jusqu’au surveillant de circonscription. L’ensemble des jeunes (25 ans/30 ans quand même) se sont fait réprimander par les anciens dont moi le premier. Heureusement que ma femme me faisait confiance mais ils ont traité l’affaire comme si j’avais péché ! Autant vous dire que le moral était à zéro chez les jeunes de la congrégation. Les départs dans les autres congrégations ont commencé et l’ambiance est devenue malsaine. Mais j’en restais assez distant. Après tout ce ne sont « que des hommes » et cela n’entamait pas mon zèle pour prêcher même par Internet sur des forums de discussion.

J’ai accepté par la suite un travail à l’étranger et ma femme et moi avons rejoints une congrégation anglaise. Ma femme étant enceinte, j’étais le plus souvent seul aux réunions mais la congrégation étant amicale et chaleureuse, ma présence était régulière. Toutefois, le changement de région et la grossesse a plongé à nouveau ma femme dans une dépression. Cette fois-ci j’en fis les frais. Les attaques furent sur ma personne et mes capacités de mari et de père de famille. Nos relations intimes étant réduites depuis plusieurs années au strict minimum (ma femme souffrant d’un problème gynécologique), les relations dans le couple se sont dégradées énormément. Mon travail étant stressant et ayant la responsabilité d’une femme et de l’arrivée d’un bébé, je n’avais pas beaucoup de temps à moi. L’accouchement fut très difficile car il fallut faire une césarienne. La question du sang avait été abordée rudement par ma femme auprès du gynécologue et j’ai dû arrondir les angles afin de limiter les dégâts. Le premier anesthésiste refusait de s’occuper de ma femme à cause de ce refus de transfusion sanguine. Par chance, un second beaucoup plus tolérant fut chargé de l’accouchement.

J’avais peur de perdre la maman et de me retrouver tout seul avec une petite fille, dans un autre pays et sans soutien. J’avais toujours compté sur ma propre personne car j’avais appris à ne plus attendre l’aide de la congrégation depuis longtemps. Les frères et sœurs prient mais quand le bateau coule, ils fuient comme des rats…

L’arrivée de ma fille, mes interrogations à son sujet, « va-t-elle devoir avoir la même enfance que moi ? Vais-je lui parler des temps de la fin qui n’arrive jamais ? etc ». Les récriminations permanentes de ma femme, la pression extérieure, la non-arrivée d’Harmagguédon annoncée en permanence pour hier et surtout l’annonce sous-entendue de son avènement dans la Tour de Garde du 15/12/2003 pour 2034 par le déluge prophétique de Noé et les bugs de la doctrine jéhoviste m’ont amené à affronter courageusement mes doutes.

Le Déluge universel de Noé me posait des problèmes d’illogismes. J’ai fait des recherches sur le sujet, et mon niveau d’anglais s’étant énormément amélioré, j’ai pu lire avec passion les controverses sur le sujet sur le site http://www.talkorigins.org/origins/faqs-flood.html . C’est par ce moyen que j’ai découvert les mensonges de la Watchtower avec l’utilisation de fausses preuves tels les mammouths soi-disant congelés instantanément par le Déluge et autres fausses légendes du peuple ( par exemple : ils utilisent dans le livre Etude Perspicace une fausse légende galloise pour appuyer la preuve d’une mémoire collective du Déluge. Ma connaissance des légendes celtiques m’a permis de constater que c’était une preuve inventée). Face à cette avalanche de preuves contraires et logiques ce fut la consternation et la colère. On nous avait menti ! J’ai immédiatement entrepris de préparer un dossier pour le présenter à ma famille et à mes amis. J’ai passé plusieurs nuits blanches sur le sujet, cherchant à chaque fois les preuves confirmant la doctrine jéhoviste mais c’était tout l’inverse que je découvrais. J’ai écumé les bibliothèques virtuelles et d’Université, commandant les articles utilisés en sources par la Watcthower afin de vérifier sur l’ensemble du sujet. En tirant sur le fil de cette pelote de laine, c’est tout qui se dévoile. S’ensuivit l’analyse rigoureuse de la date pivot de la doctrine des Temps de la Fin de 607 av notre ère au lieu de 587/6. Cette dernière est la date vérifiable et prouvable par plusieurs milliers de preuves et non quelques documents cunéiformes comme l’indique le livre Etude Perspicace.

J’ai repris contact avec mon ancien ami qui a su très intelligemment me conseiller d’acheter certains livres pour mieux comprendre les bases de l’enseignement. L’esprit critique étant activé et non plus sous une léthargie des sermons du dimanche après-midi, je pouvais entreprendre mon dossier pour aider ma famille. Ce fut un dossier de plusieurs centaines de pages que j’ai dû réduire à 225 pages. Tout y passa. Le Déluge, les contradictions et erreurs de la Bible, 607/587, le créationnisme, les bugs du Nouveau Testament.)

Je fus toutefois entravé dans mon travail par ma femme avec qui j’avais parlé de mes doutes. Elle en parla rapidement à mon père et ma sœur qui se sont lancés dans une chasse aux sorcières pour m’extirper mes pensées non orthodoxes. Je dormais peu par les découvertes que je faisais, ma femme et ma famille me poussait à bout et ma fille souffrait de problème de santé. Je réclamais du repos et un break à tout le monde, mais comme dans le livre 1984 de Georges Orwell, quand il faut « mater » l’apostat on ne lui laisse pas de répit !! La nouvelle se répandait dans la famille et je devais terminer au plus tôt mon dossier pour pouvoir espérer les convaincre.

J’ai rendu mon dossier le 11 octobre qui donna lieu par la suite à des longs échanges par mail.

Evidemment, les insultes me sont tombées dessus très rapidement face à la pauvreté de leurs réponses face à mes questions. A part un (qui répondit par des copiés/collés du CR-ROM de la Watchtower), personne n’a tenté de répondre clairement à mes questions.

J’ai remis ma lettre de retrait le 18 octobre 2006, car je suis quelqu’un d’intègre. Ma décision bouleversa mes amis et l’ancien à qui j’ai remis ma lettre. Mais j’ai appris que très rapidement, ils ont considéré que mon dossier n’était pas de moi mais qu’il était d’autres personnes malintentionnées (sic !) Moi qui ai passé des mois entiers de préparation pour eux !!! Tellement inimaginable que cela puisse être vrai alors il faut catégoriser pour ne pas avoir à se remettre en question : « Danger ! Apostasie – ne pas réfléchir aux arguments ».

Ma femme est repartie vivre chez ses parents avec ma fille et me donne toutes les difficultés du monde pour voir notre enfant. Elle a demandé le divorce que j’ai accepté. La décision récente du Juge aux Affaires Familiales à été favorable pour que je puisse voir au maximum ma fille ce qui fut un énorme soulagement. Je vis, dorénavant, avec une très jolie athée (et heureuse de vivre, comme quoi ça existe !) qui a été d’un soutien extraordinaire ces derniers mois et m’a aidé à passer ce cap terrible de la perte de mon immortalité.

Je suis heureux d’avoir quitté les Témoins de Jéhovah car cette idéologie est une chimère dont les bases reposent sur du sable et des sources mensongères. Je n’ai plus autant d’amis qu’avant, mais ceux que j’ai maintenant sont là quand j’ai un problème et ne me tournent pas le dos quand je les rencontre.

J’espère que mon travail n’aura pas été vain et que d’autres membres de ma famille en sortiront eux aussi prochainement.

Je suis un apostat et fier de l’être car c’est par choix que j’ai décidé de ne plus être dans ce que les Témoins de Jéhovah appellent faussement « la Vérité » et qui n’est qu’une béquille de facilité pour la majorité d’entre eux ! Je rejoins la pensée de Gustave Flaubert (1821-1880) sur le sujet :
"La vérité n’est pas faite pour consoler comme une tartine de confitures qu’on donne aux enfants qui pleurent. Il faut la rechercher, voilà tout, et écarter de soi ce qui n’est pas elle."

D.



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