APPELS, LETTRES ET TEMOIGNAGES - SUITE



INDEX - Cliquez sur le sujet


Témoignage de G.M. - Belgique


Un fait vécu raconté par Françoise - Québec


Témoignage de F.D. - France


Témoignage de F.B. - Sud de la France


Témoignage de Nicolas Bonat - Russie


Témoignage d'Ysabel M. - Belgique


Une lettre de Clémentine - Clermont-Ferrand (France)


Témoignage de Marianne - Genève (Suisse)


Témoignage de Bertrand - Près de Bordeaux (France)


SUITE des "Appels, lettres et témoignages" (quatrième page)





G.M. a vu comment les responsables de sa congrégation jetaient l'argent par les fenêtres. Il en a été profondément dégoûté ...
Mais lisez plutôt son témoignage.



J'aimerais par la présente vous apporter un témoignage sur les Témoins de Jéhovah. Car je l'ai été pendant dix ans et avec le recul , je puis vous parler durant des heures de ce que fut ma vie, une vie de frustration et de privation, sans parler des humiliations !!
Je suis sain de corps et d'esprit et pourtant j'ai du mal à en parler tant les blessures sont encore vives !
Je suis une personne qui aime Dieu au plus haut point et quand les "Témoins" se sont présentés à moi, j'ai adhéré à leurs principes tant ils étaient évidents.
Mais après dix années passées au sein de la congrégation des Témoins de Jéhovah, je puis vous dire que j'en ai vu "des vertes et des pas mûres".
Cela comprend par exemple des gaspillages d'argent. Je vous donne un exemple concret.
La congrégation avait besoin soit disant d'être propriétaire, car auparavant nous étions locataires. Alors des démarches furent faites pour acquérir un vieux cinéma et le transformer en salle du royaume ! La main d'oeuvre était gratuite, car elle provenait des "frères et soeurs", mais le coût des matériaux s'élevait à 1.200.000 francs belges d'estimation.
Quand tout fut fini et après avoir mal jugé le bâtiment, il n'était plus question de restauration mais de démolir l'ancien bâtiment pour un bâtir un neuf ! Conclusion: les frais ont été multipliés par trois, soit une somme de 3.800.000 FB.
Tout cela sera financé par les dons généreux des frères et soeurs sur plusieurs années ... et finalement, qui sera propriétaire de ce bien ?
LA WATCHTOWER, filiale belge organisée en ASBL.
La nouvelle salle avait besoin d'un trottoir neuf qui devait être financé par un frère qui a donné une certaine somme d'argent. Les travaux ont commencé et puis ont été abandonnés durant l'hiver 1999, ensuite les dalles ont toutes sautées avec le gel.
Conclusion : l'argent du frère a été gaspillé car ils ont jeté toutes les dalles au container et l'été suivant un appel au don a été demandé à la congrégation pour mettre cette fois-ci du tarmac.
Moi, ceci et d'autres choses me révoltaient et j'en faisais part !
A partir de là, je devins le mouton noir, j'étais celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas !
Alors, quelques mois plus tard, j'ai connu des problèmes de couple à cause d'eux, ce qui entraîna ma séparation d'avec mon épouse que j'aimais.
Durant ce laps de temps, ils ont tout fait pour créer un fossé entre mon épouse et moi, car elle, elle préchait et elle allait aux réunions, tandis que moi non !
Heureusement, grâce à Dieu, l'amour de mon épouse envers moi fut plus fort et avec le temps nous sommes de retour réunis avec notre fils et formons à nouveau une famille.
Depuis, ma femme est toujours Témoin de Jéhovah, mais plus personne ne la regarde car elle est revenue avec moi !!
Voilà en quelques mots mon histoire que je pourrais développer encore durant des pages ! ...

G.M.

E-mail : aladdin_belgique@hotmail.com



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Françoise n'a jamais été Témoin de Jéhovah, mais elle les connait bien.
Un jour, elle a eu l'occasion de parler à un jeune Témoin dans une circonstance assez particulière ...



Un soir, il y a 5 ans, je suis allée à l'église rapporter un livre emprunté à mon curé. C'était le mardi soir de la semaine sainte et je savais que les prêtres n'étaient pas au presbytère, étant tous occupés dans une autre paroisse pour le sacrement du pardon.
Quand je suis arrivée à l'église, il y avait un groupe de cinq ou six jeunes de 10-12 ans qui flânaient dans le stationnement et sur les marches de l'église. Quand je suis sortie du presbytère, trois d'entre eux sont venus me trouver à mon auto et ont commencé à se moquer de moi. L'un d'eux m'a demandé s'il y avait "quelque chose" ce soir-là, à l'église. Quand j'ai répondu non, il m'a dit "Mince alors ! Tu dois être une sainte pour venir à l'église le soir comme ça sans y être obligée !!" (avec un sourire moqueur).
J'allais entrer dans mon auto sans répondre lorsqu'un deuxième rétorqua aussitôt : «Mais non, voyons ! Elle ne peut pas être sainte, elle n'est pas morte !"
J'ai posé mon sac à main dans la voiture et je suis restée dehors. J'ai expliqué (très sérieusement) aux trois jeunes qu'il n'était pas nécessaire d'être mort pour être saint. Que d'être saint, c'était aimer Jésus et vouloir lui plaire en tout avec nos capacités limitées.
Mon explication a déclenché une série de questions, c'était incroyable. Ces jeunes avaient tellement soif d'apprendre Jésus. J'ai passé près d'une heure à jaser avec eux dans le stationnement. Je leur ai parlé de la cérémonie du jeudi saint qu'on allait célébrer dans notre paroisse à telle heure le jeudi soir. Je leur ai expliqué un peu le déroulement de cette célébration si déroutante et j'ai répondu à plusieurs autres questions de leur part. Je les ai invités à participer aux célébrations de la semaine sainte, dont le jeudi saint, la marche de la croix le vendredi après-midi, et la veillée pascale le samedi soir. J'oubliais de dire qu'après environ dix minutes, les autres jeunes étaient venus nous rejoindre.
De toute façon, tout ceci pour en arriver à dire que lorsque je les ai invités à participer, l'un d'eux m'a dit d'un ton si déçu : "Ma mère voudra jamais que j'y aille ... elle est Témoin de Jéhovah". Le ton si déçu et si triste de l'enfant m'a réellement fait mal dans mon coeur. Je lui ai alors expliqué que sa mère était aussi une enfant de Dieu, qu'il ne devait jamais penser le contraire et que tant qu'il ne serait pas adulte, il était préférable qu'il obéisse à ses parents même s'il n'était pas d'accord avec leurs dires. MAIS je lui ai dit aussi : "Quand tu seras plus grand, rappelle-toi que tu seras toujours le bienvenu dans l'Église catholique. Si jamais un jour tu as le goût d'en apprendre plus sur l'amour SANS CONDITIONS de Dieu pour tous ses enfants, tu n'auras qu'à venir frapper à la porte d'un presbytère, qu'importe dans quelle paroisse tu habiteras alors, et je peux t'assurer que tu y seras reçu à bras ouverts et tu pourras apprendre tout ce qui t'intéresse à propos de Dieu. En attendant, tu peux toujours parler à Jésus dans ton coeur et lui demander de t'aider à devenir meilleur. Pas devenir meilleur pour que les autres t'aiment et t'admirent, mais juste pour plaire à Dieu. Tu sais, tu ES un enfant de Dieu et Dieu aime TOUS ses enfants également, quelle que soit leur religion, leur race, leur âge. Le coeur de Dieu est toujours ouvert et tu peux y entrer très facilement et y rester toujours."

Françoise



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Lorsque la peur du "monde satanique" conduit à s'isoler et à ne plus manger.
Voici ce que nous écrit F.D. qui préfère rester dans l'anonymat.



Bonjour ! J'ai 31 ans et un passé douloureux chez les Témoins de Jéhovah ...
Voici mon parcours :
En 1990, les TJ sont entrés dans ma vie à l'âge de vingt ans. Je m'intéressais alors au spiritisme et me posais les questions existentielles: "D'où venons-nous ? etc ..."
J'ai donc commencé à étudier avec eux, mais j'étais bien loin de m'attendre à souffrir de cette secte car tout m'y semblait si attrayant !
Je posais une question et j'avais aussitôt des réponses !
La pression est montée lorsqu'il m'a fallu aller aux réunions. Je m'endormais pendant celles-ci, ce qui leur permettait de m'implanter leurs idées (cinq réunions par semaine ! Trop c'est trop !)
Au fil du temps, j'ai commencé à recevoir des conseils, puis ensuite des ordres sur le plan vestimentaire, sur les lectures, les films, bref, petit à petit, j'étais comme vampirisée et hypnotisée par la Watchtower. Je me disputais avec mes parents pour des bagatelles. J'en étais arrivée à secrètement les mépriser de "stagner" alors que je croyais progresser !
En 1991, j'étais si dépendante de leurs enseignements que je dormais avec des publications.
Ma mère me disait que j'allais me détruire à force de lire tout cela, mais je ne voulais plus communiquer avec le "monde satanique".
Je ne sortais plus, ne mangeais presque pas, la balance était descendue à 37 kg.
Des TJ venaient régulièrement pour enfoncer davantage le clou et pratiquer ce chantage à la guérison qu'ils connaissent hélas par coeur : venir à toutes les réunions et renoncer à sa personnalité !
Mes parents se sont battus pour que je ne me joigne pas définitivement à eux et si je suis encore en vie, je peux les en remercier !
Depuis 1995 j'ai rompu tout lien avec les Témoins de Jéhovah.
Je suis suivie en psychanalyse et prend un traitement.
Les dégâts par moments me semblent irréparables : je traverse des crises d'angoisses où les interdits reprennent le dessus dès que je m'accorde un plaisir, aussi petit soit-il !
Je suis brisée de partout, surtout au niveau du coeur: "Traître est le coeur..." disent-ils pour dissuader leurs adeptes d'aimer ceux qui les entourent, de tomber amoureux(ses).

Mon récit est donc bref mais j'espère qu'il figurera sur votre site. Bravo d'avoir le courage d'aider les victimes des TJ !

F.D.



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F.B. (Sud de la France) m'écrit : "Je suis allée sur votre site et j'ai envie de vous envoyer un témoignage. Par rapport à mon vécu, je voudrais insister sur ce qu'on peut vivre quand on quitte les TJ, la période de transition et l'après. Et aussi, noter mes erreurs, comme le fait de ne pas avoir voulu en parler au début, d'avoir choisi de nier cette partie de mon existence pendant plusieurs mois. Entre autres. Mais je commence ..."




1) Ma naissance : début de l'entrée chez les TJ - 1975

Je suis une jeune femme de 26 ans aujourd'hui. Ma mère s'est fait baptiser TJ alors qu'elle était enceinte de moi, en juillet 1975. Un père "incroyant", et deux soeurs aînées, comme moi, dans la "vérité". Mon père, au début, a essayé de dissuader ma mère de fréquenter ces gens, mais ensuite, il a renoncé. Sans doute par amour. Je ne veux pas la juger à mal, ma mère. Même si elle nous en a fait voir... (et notamment par rapport à sa "vérité" ...) Chaque personne est différente, a ses faiblesses, ses points forts. Chaque personne a besoin de structures de types différents. Tout cela est complexe. Il n'y a pas que du mal chez les TJ. Mais il n'y a pas que du bien non plus. Je dirais même évidemment qu'il y a plus de mal que de bien. C'est un monde si clos ! Et qu'est-ce qu'il s'y passe ? Ca ! Voilà ce que j'ai à en dire. Je tiens à dire aussi que pour moi, la plus grande partie des TJ sont sincères. Ce sont des gens comme tout le monde - ou presque. Et il y a des gens très bien là-dedans. Non, je ne crois pas spécialement pire qu'ailleurs. Pourtant, ils sont DANGEREUX, non pas en tant qu'individus mais en tant que membres d'une Société hallucinante, quand ils mettent des idées dangereuses en circulation. C'est mon avis. Je n'ai pas envie de penser que les TJ sont des "pourris" parce qu'alors le fait d'en être sortie ne m'aurait pas rendue meilleure mais égale voire inférieure à ce que j'étais. Si tu es Témoin de Jéhovah ou même "ami(e) de la vérité" et que tu te poses des questions, que tu doutes de tout ce à quoi on te dit de ne pas réfléchir et encore moins douter, lis-moi bien. Je laisse mon témoignage pour cela !

2) Le départ - 1998, les difficultés

Je suis partie de chez les Témoins de Jéhovah à 22 ans et demi et ça a été difficile. Ca l'est encore parfois aujourd'hui, c'est vrai. Ca m'a fait beaucoup de mal pour beaucoup de bien. Il ne faut pas se leurrer, on n'efface pas d'un claquement de doigt des années et des années, mais on règle les choses peu à peu. Si comme moi, tu es "né(e) dans la vérité" alors, c'est une grosse partie de tes structures qui sont TJ. Le temps et un travail sur soi, ou bien l'aide de véritables amis t'aideront. Il faut parler, comme tu le sens. Pour moi, j'allais voir une psy et c'est ce qui m'a aidée. Dommage que ce n'était qu'une seule fois par semaine. Dommage que ça ne durait pas très longtemps. Parce que... Mais en tous les cas, être partie, je ne le regrette pas et je pense bien que je ne le regretterai jamais.
Oui, j'ai été la traîtresse de la famille, la brebis égarée, la fille qui suivait Satan et qui s'était laissée avilir par les attraits du monde. Et surtout j'ai été seule.
Quand je suis partie aussi, je n'étais pas capable de me dire : "Ils ont tort, leur dieu c'est du pipeau !". Plus tard, j'ai commencé à le penser. Mais au début ...
Je savais simplement que je ne pouvais plus participer à un tel "projet". Que si un Dieu était assez cruel pour préparer un avenir semblable aux humains, s'il avait été si impitoyable par le passé, alors je n'avais rien à faire avec lui, parce qu'il était pire que le diable. Quand je suis partie, j'ai prié, je lui ai dit : "Ecoute, toi. Je crois savoir ce que tu penses de moi, mais tu vois, ils disent qu'il faut toujours être sincère et moi, tu sais bien que je ne le suis pas. Je ne suis pas d'accord avec toi. Je ne peux pas l'être. Alors, si tu as l'intention de détruire l'humanité, détruis-moi avec eux. Moi, je suis sincère au plus profond de moi-même, je ne pourrais être plus sincère. J'aime l'homme, je crois en lui. Je crois qu'il faut de l'amour et pour tout le monde, pas d'amour conditionnel mais de l'inconditionnel. Comment est-ce que moi je pourrais aimer quelqu'un que tu n'aimes pas ? C'est toi qui est censé être le modèle ! Fais ce que tu as à faire, et moi je ferai aussi ce que j'ai à faire - même si c'est pour peu." Je me disais aussi : "Puisque je sens que de cette manière, je vais vers la vie, vers l'amour véritable, alors sûrement s'il y a un dieu digne de ce nom, je le recroiserai." Il a fallu un certain COURAGE et CONFIANCE EN MOI-MEME. Et il en faut à tous ceux qui décident de partir et qui partent. Rester, je ne pouvais pas, non. Ma mère a pleuré, mais je voulais être inébranlable dans ma décision. Je ne voulais pas m'attendrir. Nous avions été si proche auparavant, mais trop proche je m'en rendais compte, je ne voulais plus ça. L'impression qu'elle me bouffait ma vie. (et moi pour elle ?) Quand elle m'a dit :"Mais ma fille ! Tu cours à la mort !" Je lui ai répondu :"Fais-moi confiance, maman. Au moins toi, dis-moi que tu sais que je suis quelqu'un de bien.". Elle pouvait l'admettre oui, mais pas admettre que je quittais ce qu'elle s'était évertuée à m'enseigner - et même imposer - de tout son coeur (j'en suis sûre) pendant des années. Je lui ai rendu tous mes ouvrages, lui disant : "Tiens, je n'en n'ai plus l'utilité maintenant." Elle avait les larmes aux yeux, elle a répondu :"Je te les mets de côté, si un jour tu reviens vers Jéhovah - Jéhovah qui t'aime comme personne de ces sales gens du monde - alors, tu les auras ici. " . "Non maman, je ne reviendrai pas. Tu les gardes ou tu les jettes tu en fais ce que tu en veux, ce n'est plus à moi." Alors, je suis partie, j'ai beaucoup marché pour réfléchir et découvrir le monde. Prendre du recul. Je ne voulais pas m'attendrir, je ne voulais pas chercher à la rassurer. Non, je n'y retournerais pas. Ici, c'était usé, cent et cent mille fois parcouru. J'avais tout fait pour lui plaire, pour un bonheur partagé. Je voulais maintenant songer au mien. Et puis, je pensais que puisqu'elle et mes soeurs étaient incapables de douter de ce qu'on leur imposait, alors, j'avais peut-être aussi cette responsabilité de découvrir le bonheur et de le leur montrer, là-bas quand je serais sur l'autre rive. Je leur ai parlé de moins en moins. Je voulais tout oublier pour le moment. Je ne voulais plus subir leur influence. Je voulais tout remettre en question. Je voulais juste garder ma nouvelle rage de vivre intacte, à moi seule, sentir ma force, la faire croitre. Et grandir - enfin- me responsabiliser.
Il y avait tellement d'images dans ma tête pourtant. Le passé. C'en était à tel point que parfois, j'aurais aimé qu'on me fasse un lavage de cerveau (comme j'en avais apparemment subi un jusque-là ...). Il me semblait que j'entretenais une bombe à retardement juste dans l'espace de mon corps. Oublier, nier. Sinon, danger. Je voulais me faire de la place pour du neuf, pour de plus belles vérités que je soupçonnais ...
Le respect élémentaire de soi est de s'autoriser à penser ! Et aussi de savoir. La connaissance n'est pas un danger, elle est une liberté ! C'est l'ignorance qui est le terrain idéal pour la manipulation.

3) Le silence et les cahiers.

Au début de ma nouvelle vie, je ne parlais pas du tout de mon passé TJ. Je faisais allusion à un passé inutile, dont il n'était pas la peine de mentionner l'existence. Quand on m'interrogeait, j'éludais par un : "Ce qui compte dans la vie c'est le présent." Mon présent aussi restait flou tout de même. Je donnais des petits bouts choisis de temps en temps pour ne pas paraître trop suspecte. "Moi ? Oui, je suis en train de prendre des leçons de conduite en ce moment... oui, j'ai deux soeurs et mes parents, mais je ne les vois pas beaucoup." J'étais moi, c'est tout. Besoin de me détacher, de me suffir à moi-même. Pas besoin de se définir par les gens qui ont compté, par la fille d'avant qui suivait, qui avait obéi, qui avait été humilée.... par l'autre monde d'où je venais... Je donnais des miettes parce que j'avais peur en vérité. Je ne voulais pas me dévoiler. Je ne voulais pas qu'on m'empêche de penser à ma façon. J'avais peur après m'être laissée influencer pendant 22 ans et demi de ne pas être capable de penser longtemps par moi-même. Je ne voulais pas donner de prises à des gens cherchant à imposer leurs idées. Je ne voulais plus être manipulée. J'étais très méfiante, j'avais peur qu'on m'empêche de penser. Et pourtant un passage comme celui là, d'un monde à un autre, ça ne peut pas ne pas s'exprimer. Impossible.
Alors j'ai parlé - à un, deux, trois, quatre cahiers. Peut-être plus. J'en avais toujours un avec moi, dans mon sac à dos. Ils étaient là dans les moments de joie comme dans les moments de peine, d'angoisse, d'interrogation. Quand il fallait absolument que j'exprime quelque chose, je le sortais et écrivais. Comme je vivais encore chez mes parents, j'essayais de rentrer le plus tard possible pour les voir le moins possible, leur parler le moins possible. Je n'arrivais pas à ... il fallait une cassure. Et puis, même si je les aimais parfois je sentais la haine car j'avais envie de penser qu'après tout, c'était aussi de leur faute si je me sentais perdue et seule à ce moment. Et puis, je voyais que ma mère guettait la moindre de mes faiblesses pour me "sauver", pour revenir à la charge. "Tiens, il y a le frère machin en bas qui voudrait monter te dire bonjour.... " "Non, reçois-le pour toi mais pas pour moi, je ne le reçois pas."Elle me passait le bonjour d'untel et d'untel. "Ca ne m'intéresse pas, maman", "Ah je vois, tous ces gens-là comme tu dis ne t'intéresse plus, tu fais semblant de ne plus les connaître.... et moi ? Tu me connais au moins ?". Alors, à la nuit, j'arrivais au bas de l'immeuble, je montais, et je restais dans la cage d'escalier. J'écrivais en pensant à l'avenir. Je pensais que le vide allait se remplir. Des trucs du genre :"22 juillet, 21h30. J'ai essayé un petit stage de chant aujourd'hui, c'est très chouette. Quand j'aurai des enfants, peut-être ils aimeront chanter avec moi, et avec mon homme aussi. On chantera à Noël, aux anniversaires, chanter tout... Et puisqu'il m'est permis de tout penser alors, je le dis, c'est merveilleux de voir tous ces gens qui sont sur la plage et qui lisent le dernier roman et qui sont insouciants de ce qui pourrait me préoccuper moi. Tout est relatif. Bientôt je pars de cette sale baraque. Et je suis heureuse, cent fois plus. Un ciel aussi bleu, des gens qui m'aiment et que j'aime. Chaque chose en son temps, fillette. Courage, tout ira bien. Et voilà, je n'ai pas envie de rentrer. Je vais rester là encore un peu dans le noir. Ici, c'est libre, ce n'est pas chez eux. Les croyances de tous les gens passent là en courant d'air. Ici, leur truc n'a pas de poids, c'est le monde plus que le monde. Je suis chez moi. " Ou bien encore : "27 juillet, 20h10. Je m'ennuie un peu. J'ai pris toute la journée le bus, histoire d'être dehors et de VOIR. C'est l'été, je voudrais faire plus de choses, beaucoup de centres sont fermés, les activités reprennent en Septembre. Vivement septembre. Tiens, j'ai parlé avec une vieille dame aujourd'hui dans le bus. Elle s'appelle Marguerite et on a parlé de tout et de rien. Elle m'a parlé quand même de ce qu'elle avait fait quand elle était jeune. C'est super tous les voyages qu'elle a fait. Une femme active apparemment. Moi aussi, je veux être fière de ce que j'aurai fait un jour. Et puis, j'ai rencontré Jessica, c'est une jeune américaine qui fait de la danse. Elle m'a laissé son adresse, c'est super, je lui écrirai." En fait, avec ces cahiers, j'avais aussi le projet d'un jour où après avoir traversé les étapes nécessaires, je serais totalement sortie de cette histoire. Et ces cahiers auraient été mes témoignages. Mais des pages ne remplacent pas la personne humaine. Les deux, il faut les deux je pense. Si je ne parlais pas c'est que j'avais peur. Peur de moi, peur de dieu, peur de l'incompréhension et du rejet éventuel des autres. Ecrire, c'est bien. Ca aide à mieux se connaître quand on n'a jamais pu le faire. Avec les TJ, c'est ce qui se passe. On ne sait pas qui on est, on ne sait pas ce qu'on aime. Pas la plus grosse partie en tout cas. C'est une reconstruction par la découverte, progressive.

4) Les réalisations ! De grandes joies et mon réconfort

A partir donc de ce départ, nouveau départ, j'ai fait plein de choses ! C'était génial ! Vraiment ! Je ne savais pas trop combien de temps je vivrais alors j'ai voulu réaliser un maximum de mes rêves. J'ai chanté, j'ai dansé, j'ai pris des cours de dessins, de claquettes, de conduite. J'ai fait mes premiers voyages. J'ai rencontré du monde. J'ai assisté à tout un tas de manifestations. J'ai fait du bénévolat. J'ai suivi un stage de formation pour pouvoir travailler et être plus indépendante. Diplôme et stage réussis. On m'a proposé un emploi. Spectacles de chants super aussi. Et le top du top pour une ex-tj : se retrouver dans une grande artère de la ville avec un copain évangéliste à vendre des billets pour une tombola de Noël. Osé ! Je souriais tout le temps. C'était extra. Les gens me disaient que j'étais "spéciale", qu'il y avait une énergie particulière qui émanait de moi. Je le sentais, oui. Il me semblait que je n'avais jamais été autant pleine de vie. Mon "dieu" ! Que ça fait du bien de faire ce qu'on veut. D'essayer, de se planter. Et de recommencer ou de laisser. J'avais plein d'idéaux. Je revivais ou bien, je vivais simplement. J'en avais le droit. Pour la première fois peut-être de ma vie, j'avais l'impression d'être une vraie personne. Vivante, responsable de sa vie et de ses choix. Parce que, à dire vrai, je trouve que les TJ infantilisent quelque part leurs membres. Ils sont dépendants, toujours. Et moi, j'avais brisé les chaines. Il me semblait enfin que je pourrais faire tout et n'importe quoi. Toutes les carrières m'étaient permises à présent. Toutes et ça c'était extra et à la fois ça donnait un certain vertige ! Je pensais, j'écrivais : "je suis en train de me mettre au monde..." Si toi qui lis, tu es en amont de cette situation, tu verras, comme tu te sentiras libre et fort par moment. C'est incomparable.

5) Essais et peurs

J'ai voulu tester ce qui me faisait peur, les interdits : par exemple fêter Noël, le jour de l'an, aller en boîte, aller au carnaval, fumer un cigare (même si ça me semble un peu ridicule aujourd'hui en l'écrivant !), mettre des jupes au-dessus du genoux, assiter à une messe, fêter mon anniversaire (même toute seule la première année). Tout de suite, le plus rapidement possible. Je pensais que je n'adopterais pas forcément, mais qu'essayer et voir que je n'en mourais pas ferait avancer les choses. J'avais raison. Si je m'étais abstenue de tout ça, j'aurais laissées intactes certaines croyances préjudiciables. Sauf que des fois, on regarde tout à coup de haut et on se dit en petit TJ qui reste : "Mon Dieu ! Qu'est-ce que j'ai fait ?!". Heureusement, ça passe. Ca passe, oui. Il faut juste démolir à petits coups ce qui a été établi. Ce n'est pas soi qu'on démolit, mais ce qu'on nous a filé et qui ne nous appartient pas. Les croyances qui nous enfermaient et qui s'élèvent comme un mur entre nous et nous, entre nous et la vie, nous et le bonheur, nous et la liberté. Parfois, tout de même j'avais très peur, des gros coups d'angoisse. Je me parlais, je m'encourageais. Je regardais aussi beaucoup les gens dans le bus et dans la rue et ça me réchauffait le coeur parce qu'eux tous, ils étaient là, humains et ils ne me demandaient pas d'être parfaite. Ils n'étaient pas Témoins de Jéhovah et c'était leur droit, comme moi. Ils étaient des amis potentiels, ici se trouvaient éparpillés les membres de ma nouvelle famille. Aussi, ils étaient autant de confirmations à ma décision. Ils existaient alors je n'étais pas seule dans ce monde. Je n'aimais pas rester isolée, j'avais besoin d'eux, au maximum. Et ils étaient là. Merci. Même sans rien dire, juste la présence. Je pensais que j'avais beaucoup de choses à faire ici. Que j'avais un et même des rôles à remplir . J'ai vite remarqué aussi qu'il y avait plus de tolérance des idées que je n'en n'avais jamais connu. Et qu'il y avait ici des gens vraiment formidables. Oui, par exemple, je téléphonais ou j'allais voir les quelques nouveaux copains et copines que je m'étais fait. Et ça aussi, qu'est-ce que ça me semblait simple ! C'était si facile finalement d'aller boire un verre avec quelqu'un qu'on vient de rencontrer. Pas de distance, pas de : "pas lui ou pas elle parce qu'ils sont du monde... et comment lui prêcher ou donner le témoignage ? " Quel témoignage autre que celui de ma vie propre ?! Bien sûr ils sont du monde ! Comme moi, comme les TJ. Un seul monde, même s'ils ne le reconnaissent pas.

6) Les fantômes - "Truman Show"

Les fantômes de temps en temps, par surprise. La soeur machin qui passe. Oups ! Un gros coup au coeur. Il bat plus vite. Une grosse gifle à tout le corps. Un ami qui lit un article dans le journal "Témoins de Jéhovah". Un cantique qui revient tout à coup en mémoire. Une image, une phrase de discours, un mot de vocabulaire particulier. Un frisson. Ici, là, un périodique. J'ai peur, ça existe encore..... Dieu ! Non ! Je ne veux plus entendre parler de Dieu, je ne veux pas savoir s'ils vont bien la soeur machin et le frère truc ! Fichez-moi la paix ! Laissez-moi, non, je n'en parlerai pas. C'était pas ma faute ! Ca n'avait rien à voir avec moi ! Ils ne m'avaient rien demandé ! Personne ne m'avais rien demandé.... Ca ne m'appartient pas !
Je ne voulais pas parler. Et ça a été mon erreur. Je me suis fait du mal pour rien. Je voulais tout nier. Je n'acceptais pas ce que j'avais vécu. Je voulais étouffer tout ça. C'était pour me protéger. C'est important de se protéger mais à un moment, il faut savoir reconnaître des gens de confiance et leur faire confiance.
Quand je suis allée voir le film avec Tom Hanks, Truman Show, ma gorge s'est serrée de plus en plus dans la salle de cinéma. En sortant, j'avais envie de mourir.
Tout ça me restait dans la gorge. "Salauds ! Les salauds !!! Un monde factice ! Tout était factice ! J'ai vécu dans une illusion ! Une illusion ! Il était faux ce monde, le vrai est ici et je n'y comprends rien ! Vite quelqu'un pour m'aider, pour me parler. J'ai l'impression de ne pas exister, nulle part, de ne pas être réelle ! Toucher-moi ! Parlez-moi ! Montrez-moi que j'existe ici !"
Heureusement, j'ai rencontré une femme que je connaissais un peu. Elle m'a parlé, elle m'a souri, elle m'a sauvée ce jour là, sans le savoir.

7) Le premier copain, William et malade

J'ai "eu" mon premier copain en été et automne 1999. Je l'ai rencontré pendant mon stage. Jusque-là, je ne m'y été pas risquée. C'était curieux, étrange. J'avais envie de prendre soin de lui. Il semblait un peu paumé, comme moi (sauf que moi je voulais toujours afficher une parfaite assurance). J'ai eu envie d'être deux. C'est à lui que je l'ai dit en premier, par lettre. J'ai eu très peur. La panique m'est venue quand il a su. Collision des deux mondes. Oups .... aïe aïe aïe....
Découverte aussi de ce qu'une fille de mon âge aurait dû savoir et connaître depuis longtemps. Du genre... comment on fait les bébés ...
Et puis, je suis tombée malade. Convalescence de deux ans chez mes parents. Un jour, un malaise dans le bus. Spasmophilie, problème de thyroïde, mononucléose infectieuse, etc. Faire face aux fantômes. Il a bien fallu le faire. J'étais furieuse ! L'impression de retomber d'où je venais. Mais c'était faux. J'en avais parcouru du chemin jusque-là. Cette période a été l'occasion pour moi de nouer des liens plus serrés et plus véritables avec mes amis. Enfin, de me confier, de parler de ce que j'avais vécu. Au début quelques mots, ensuite, plus. De lire aussi. De m'intéresser aux autres religions, de connaître de nouveau dieux - ce qui m'avait effrayé jusque-là. Je me suis aperçue que j'aimais bien les religions orientales (bouddhisme, etc), que j'avais besoin de sentir que je pouvais être en harmonie avec le divin. Là, vraiment, chacun son choix et je ne veux convertir personne ! J'aurais pu prendre un autre chemin tout aussi valable. Mais besoin de ne plus se sentir coupable par rapport à ça. C'est fou comme on peut être effrayé de savoir quand on n'a pas eu l'autorisation de savoir avant. Ca doit se faire peu à peu. C'est un chemin, véritablement. J'ai vu aussi que je pouvais aimer ma mère et mes soeurs et même mon père quand bien même ils étaient liés à des choses pour moi dérangeantes. Parfois encore aujourd'hui, je leur en veux un peu. Mais c'est bien de faire la part des choses. Ma mère s'est appliquée à prendre soin de moi pendant ces longs mois et je ne saurais jamais assez la remercier pour ça. Et puis, pour elle et mes soeurs, ça a été l'occasion de rentrer en contact avec mes amis et de voir ce qu'étaient véritablement les "gens du monde". Sympathiques. Comme les autres. Supers pour certains. Je pense que ça a aidé à ouvrir son esprit. En fait, il me semble que j'aurais franchement pu me passer de cette période (fin décembre 1999 à septembre 2001). Parce qu'elle a été très souffrante psychologiquement et physiquement. Mais en tout cas, elle a été là et j'en ai tiré un profit, je pense.

8) La fac et aujourd'hui.

En octobre, soutenu par mes amis et par une volonté personnelle, j'ai repris mes études. Bien qu'ayant obtenu en 1999 un diplôme professionnelle d'agent polyvalent du tourisme (découvrir le monde !!!!), j'avais toujours été assez amère par rapport au fait que j'avais dû m'en abstenir ! Voilà, la vie étudiante, de nouvelles rencontres. Ce qui est rigolo c'est qu'on a eu six cours à la fac sur la Bible ... donnés par un prêtre et j'ai remarqué combien cette relecture m'a été utile. La Bible n'appartient plus qu'aux TJ maintenant pour moi. Sinon, la filière que j'ai choisie ? La communication. Parce que communiquer est important, c'est vital même. Elle appartient aussi à mon monde. Faire les ponts. Parfois, vu mon âge (26 ans), je me dis que je suis bien en retard par rapport aux autres. J'ai tendance à croire que j'ai perdu et gâché beaucoup trop d'années. Oui, c'est vrai d'un côté. Il aurait pu en être tout autrement de ma vie. Mais en tous les cas, j'ai une expérience d'un autre monde qui me soufle à l'oreille souvent de savoir prendre du recul par rapport à ceci ou cela. Et cela est un plus maintenant. Attention ! Je ne dis pas que le passage chez les TJ devrait être proposé pour tous comme rite initiatique ! Loin de là ! Mais je me dis que vivre une expérience pareille et y survivre donne une force de caractère certaine. Il ne faut pas avoir honte, et reconnaître sa valeur même durant ces années passées chez les TJ.
J'ai eu mes premiers examens qui se sont bien passés apparemment pour la plus grande partie (pas encore eu tous les résultats !). Par contre, je fais de la spasmophilie depuis quinze jours et je ne peux pas assister à tous mes cours. Souhaitez pour moi, je vous en prie que j'aille mieux au plus vite ! C'est important pour moi, mes études. On a le droit et même le devoir de se réaliser là où on le souhaite. Développer ses potentialités et avoir une vie heureuse. Le fait que je sois plutôt fragile physiquement n'est pas neuf et je sais bien qu'il n'est pas inhérent à tous les ex-TJ et les TJ. Mais ce que je pense tout de même c'est que le corps parle pour nous et que j'ai encore sans doute beaucoup de choses à comprendre et à dire par rapport à ce que j'ai vécu. Chaque chose en son temps, fillette ! Il y a un jeune homme charmant qui lit là, pas bien loin de moi et que je ne connaissais pas il y a un an.

9) Ce que je remarque au quotidien

Comme je le disais en début de témoignage, il faut du temps pour arriver à se débarrasser du passé, à le régler au mieux. A savoir jeter le mauvais et garder l'utile. Pour ma part, j'ai remarqué les choses suivantes en rapport avec mon enfance vécue chez le TJ :
- J'ai parfois du mal à faire confiance à des idées et même à les accepter. Je crains encore la manipulation.
- J'ai parfois l'impression que si je dis ce qui m'est précieux, on va essayer de m'empêcher d'y accéder ou même d'y penser.
- J'ai remarqué aussi que le coup de la vie éternelle ne s'oublie pas si facilement et que ce n'est pas facile d'accepter d'un coup qu'on va vraiment mourir. Soit, renoncer aux "avantages TJ".
- Parfois, j'éprouve des angoisses qui semblent sans raison.
- Parfois encore, il me semble que ma vie ne m'appartient pas vraiment et que ce que je fais est futile. Mais c'est passager.
- On a un bon humour en général... et puis j'arrive à prendre du recul et à ne pas trop tomber dans les clichés communs. Entre autres.
Voilà, il y aurait encore beaucoup de choses à dire comme tout le monde, mais je m'arrête là pour mon témoignage. Long.


En résumé, mon message est le suivant : ne perdez pas votre temps dans une secte. Sortez-en ! Il y a bien mieux à faire que cela ! Ca ne sera pas de tout repos, mais la vie, la vie réelle est là, pas bien loin, avec des mains qui se tendent véritablement. Non, tout n'est pas rose dans ce monde, mais tout n'est pas noir. C'est un véritable défi que d'aller sur des chemins inconnus (ou de reprendre des anciens connus ... ) mais c'est bien préférable que de rester dans l'inconscience, et l'aveugle et bête soumission ! Non ? Je pense que oui. C'est sûrement d'un bon coeur que vous servez ou vous avez servi chez les TJ et avec des objectifs de bonheurs ... mais croyez-moi, il y a vraiment à faire ici, de l'autre côté. Il y a du bien à faire ici, oui. Et du monde pour être à vos côtés. On peut toujours parler d'amour et on peut aussi le vivre ! Il y a bien des buts nobles à poursuivre, de causes à joindre et de bonheurs à vivre dans ce "monde". Et puis, s'il y a des gens que vous aimez qui restent dans l'organisation des TJ, vous serez peut-être plus tard pour eux, une porte de salut ... BONNE CHANCE !

framboise23@infonie.fr



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Olivier Nicolas Bonat est originaire de Marseille et habite à présent près de Moscou. Lisez son témoignage très sincère. Nicolas a surtout été frappé par l'hypocrisie de bon nombre de responsables au sein des congrégations.



Je suis du sud de la France et je suis né à Marseille.
Ma mère a connu les T.J en 1972, époque à laquelle j'avais six ans. J'en ai aujourd'hui 36. Elle prit le baptême en 1974 entraînant par la suite, trois ou quatre ans plus tard, sa soeur cadette dans la secte. Elles sont à ce jour toujours T.J. Mes souvenirs d'enfance sont jalonnés de cris intermittents en provenance d'un père qui n'eut et n'a toujours de cesse de s'opposer à cette secte. Mais ma mère, fidèle à la doctrine de la WT, ne manquait pas une seule occasion de m'inculquer ses croyances dès le plus jeune âge, en cachette de mon père, cela va de soi. J'aimais les histoires bibliques qu'elle me racontait et je ne me rendais pas compte qu'elle insinuait en moi déjà la morale jéhoviste d'un anticléricalisme extrême. Non que je veuille prendre le parti de cette religion, car la religion n'a aujourd'hui pour moi plus aucun sens, mais parce que c'est un fait indéniable, les T.J sont fondamentalement anticléricaux à tous les niveaux. Mon père ne me prodiguait pas l'affection propre à une mère, mais il n'empêche qu'il ne m'en aimait pas moins. A cet âge-là on ne saisit pas toute la portée de la chose. En réalité, ma mère me poussait dans son camp et faisait de mon père l'ennemi numéro un. Je parvenais finalement à en avoir peur, surtout de ses crises de colère, bien compréhensibles à l'époque. Mon enfance fut donc partagée, tantôt j'assistais aux réunions avec ma mère, tantôt je me retrouvais avec mon père. Il est à noter que pour un enfant, assister deux fois par semaines à deux heures d'affilées, parfois tard dans la semaine, où il n'y comprend pas grand-chose, à l'obliger à rester assis sans broncher, cela est pénible, et, bien qu'appréciant la gentillesse des gens à mon égard, je préférais quand même la liberté au grand air avec mon père. Les années passèrent et je restais toujours confiné dans ce carcan cérébral, cette pensée à sens unique : "maman a raison, c'est papa qui a tort", à l'inverse de la chanson de Mylène Farmer malheureusement. Tout cela à mon insu. Rien que pour montrer que le lavage de cerveau s'effectue très tôt chez les T.J quand il éduquent leurs enfants " dans la voie de Jéhovah" comme ils se complaisent tant à le dire.
Ce n'est qu'à l'âge de 14 ans que je lu un livre de la WT qui me convainquit de la vérité de l'argumentation et partant, de la vérité des assertions. Je me souviens encore de son titre accrocheur pour ne pas dire racoleur : "La vie a bien un but". C'est un livre des années soixante-dix. Les T.J ont toujours des titres "explosifs" et je me demande pourquoi pas plus de gens ne réagissent pas ... Par exemple, prenons le titre bien connu : "Vous pouvez vivre éternellement sur une terre qui deviendra un paradis" ou alors "Des millions de personnes actuellement vivantes ne mourront jamais". D'aucuns conviendront que de tels titres ne peuvent exister en littérature digne de ce nom, mais étrangement, ils n'en concluent pas qu'il faut être franchement déraisonable pour pondre des titres pareils !!! Mais revenons à ce fameux livre. En effet, qui, à 14 ans veut mourir ? Quand tout va bien, quand aucun problème vital majeur ne vient perturber sa vie, la réponse est : personne. Ce livre, comme la totalité de la littérature jéhoviste, mettait l'accent sur la promesse d'un paradis terrestre bientôt instauré et sur une vie sans fin. Je dois préciser que je n'étais pas sans problèmes psychologiques. En effet, j'étais affublé d'une timidité maladive (timidité qui me poursuit encore parfois aujourd'hui), surtout envers le sexe opposé et que ma mère n'a rien fait pour arranger les choses. Mon père, lui, s'en était aperçu et a tenté de faire quelque chose avec les moyens de bord, disons avec ses moyens qu'il croyait efficaces et justes, mais, c'est de l'aide d'un psychologue avisé dont j'aurais eu besoin. Mais cela les T.J y sont formellement opposés. De plus les années 70 ne s'y prêtaient pas encore vraiment, ce n'était pas encore un phénomène de mode. De plus, j'avais un caractère solitaire, replié sur lui-même, et la plupart des gens me regardant en concluaient avec une logique frisant l'aliénation mentale que "tout allait bien". Je parle de cet handicap, car par la suite il ne m'a pas rendu service vis-à-vis de la secte et de son embrigadement. En effet, toutes les sectes ont des proies toutes désignées, il n'y a pas de profil type d'un futur T.J, mais tous les T.J actuels et surtout ceux qui s'en défendent, car là encore tout se fait de manière à échapper à sa conscience, à un moment ou à un autre ont présentés une défaillance de leur personalité faisant ainsi une cible idéale. Or moi, j'étais non seulement une cible idéale (un timide est peut-être intelligent mais très influençable et ne sait pas dire non), mais en plus permanente. J'accuse aujourd'hui la secte des Témoins de Jéhovah régie par leur siège social et mondial à Brooklyn et connu sous le nom de Watchtower Bible and Tract Society, d'avoir profité de ma faiblesse de caractère pour, dans un premier temps, me convaincre d'une vérité aussi aléatoire que fausse, et dans un deuxième temps de n'avoir rien fait pour améliorer ce que j'appelle mon "handicap majeur dans la vie". Le temps passait et je dévorais la littérature jéhoviste avec frénésie. Tant et si bien que j'en vins naturellement à accepter une étude biblique avec un jeune T.J. (à ce jour il est mort le pauvre, à cause d'une idéologie dépourvue de toute humanité et soi disant extirpée à grand coup d'interprétations tout aussi fausses que maladroites, le refus de transfusions sanguines. Il est mort d'une leucémie à 30 ans et en aurait aujourd'hui presque 40). On étudia environ un an ou deux avant d'être découverts par mon père qui m'interdit formellement tous rapports avec ce jeune et toute fréquentation des T.J. Quelques années plus tard, le jour de mes 18 ans, comme j'en avais averti mon père, je pris fait et cause pour les idéaux jéhovistes. Mon père, d'un naturel méridional comme moi, de tendance à s'emporter facilement, décida de m'écrire une longue lettre dans laquelle seul son coeur parlait. Mais ça, les T.J avaient bien pris soin d'ôter tout amour de mon coeur envers "un incroyant", "une personne du monde" comme ils se plaisent tant à le dire entre eux dans leur inhumain de jargon. En effet, vous qui lirez sans doute ce témoignage et qui n'êtes pas ou plus T.J, pour ces derniers vous êtes sous l'emprise du diable et c'est le diable qui parle par vous à votre insu. Incroyable non ?
Je regrette aujourd'hui d'avoir jeté cette lettre, car elle montrait l'amour d'un père pour son fils et une analyse d'une rare perspicacité de cette secte. Bref, elle montrait aussi une intelligence rare d'un homme, que personne n'aurait pu imaginer. Depuis lors ce fut la conspiration du silence entre nous deux, il ne me parlait pas, je ne lui parlais pas non plus. Pas de démonstration d'affection de ma part, non que je ne le voulus pas, mais j'en étais incapable, comme anesthésié. De son côté mon père me montrait son affection en m'achetant des motocyclettes et en usant d'une bonté rare à mon égard, bonté que mon frère aîné n'a pas eu la joie d'apprécier, et à mon grand regret, moi non plus, parce que comme je le dis plus haut, j'étais devenu un infirme des sentiments naturels, des sentiments normaux entre un père et un fils. J'ai beaucoup souffert de cela durant mon enfance et adolescence et je le dois aux T.J ( merci gentils Témoins de Jéhovah au coeur rempli et débordant d'amour !!! ). A ce jour, je souffre toujours d'une incapacité pour communiquer avec mon père, bien que je ne sois plus T.J et qu'il le sache, car il se rend compte de tout et avant qu'il meure, je me suis juré de lui demander pardon. Il a aujourd'hui 72 ans.
Finalement, vivant comme un étranger à la maison, n'adressant quasiment jamais la parole à mon père, je persévérais et croissais dans la spiritualité chrétienne, comme aiment le dire les gentils T.J. Mais le revers de la médaille était abominable. Je pris le baptême à 19 ans et, environ deux ans plus tard, je quittais l'organisation des T.J. Je n'estimais plus honnête de continuer à faire l'hypocrite en fumant et fréquentant les prostituées. Mais quelle alternative j'avais que d'avoir des relations avec une prostituée ? Un caractère timide, que l'amour tant écrié des T.J aurait dû prendre en compte en m'aidant à développer une personnalité nouvelle, moins timide et ouverte vers l'extérieur, surtout vers les gens en fait, et les filles qui pour moi à 19 ans étaient entourées d'un voile mystérieux. Mais de tout cela, il ne fallait même pas avoir le moindre espoir que ça existât chez les T.J. Tout ce qu'on demande à un bon petit T.J c'est d'être efficace de porte en porte, rendement oblige... Cela ne venait jamais dans le cerveau de certains gourous de la secte, ceux qui aiment les honneurs et qu'on appelait "ainés" et à qui on donne le titre faussement humble "d'anciens" à l'heure actuelle (je généralise sur le cas des anciens, mais dans ma congrégation Marseille-Allauch, c'était le cas, les anciens avaient un certain standing, de belles voitures, de belles maisons, un métier intéressant. Ils ne faisaient pas laveurs de vitres eux, non ! loin de là !!! Par contre ils ne se gênaient pas de le demander, voire de l'imposer aux pauvres "petits" de la congrégation !!! ). Autre chose aussi, à l'époque à laquelle j'ai connu les T.J, il y a une vingtaine d'années de cela, au milieu des années 80, les rapports entre un frère et une soeur étaient hyper limités, se bornant à la prédication de porte en porte (bien que cela ne fut pas très bien vu mais "toléré"). Un frère et une soeur n'ont rien à faire ensemble, seuls à seuls, car ils risqueraient de commetre la "chose", ceci était le matraquage qu'on infligeait aux jeunes gens et jeunes filles. Aujourd'hui permettez-moi d'en rire, mais c'était et c'est toujours le raisonnement abrupte des T.J. Combien de T.J se marient uniquement pour pouvoir faire l'amour, car ils n'en peuvent plus de part et d'autre, et d'un de ne pas se soulager par la masturbation et de deux de ne pas avoir de relations sexuelles sans être mariés !!! Aujourd'hui on voit les résultats, des couples malheureux, qui ne se supportent plus l'un l'autre, et cela, si l'on se conforme à la doctrine des T.J, non pas pour quelques années seulement mais pour l'éternité !!! La belle affaire... Il en résulte qu'il y a plus ou tout autant de divorces chez les T.J que chez les vilaines gens du monde dominé par Satan !!! La belle affaire d'être T.J n'est-ce pas ? Je plains sincèrement les jeunes couples actuels T.J. Car s' ils viennent pour une raison ou pour une autre à passer devant un comitté judiciaire, on va se mêler de leur vie privée, leur demander les plus infâmes détails de leur vie qui ne regarde qu'eux seuls. Personne n'a le droit de violer cette intimité "sacrée", mais les anciens sont la pour accomplir le sale boulot et marquent tous les détails sur un petit carnet ...
Récemment ma mère m'a demandé pardon pour "son manque de psychologie à mon égard", lui ayant raconté les motifs pour lesquels j'avais quitté les T.J. Je n'ai aucune haine envers les T.J de base qui ne font que répéter comme des perroquets ce qu'on leur met dans le crâne. Mais j'en veux à une poignée d'hommes, dont certains vieillards gâteux qui ont entre les mains la vie de millions d'hommes, de femmes et d'enfants. Je lui ai dit qu'en fait ce n'était aucunement de sa faute mais de la faute de cette secte. Les motifs sont simples et se résument en quelques mots. Les T.J ne sont pas de vrais chrétiens et ne pratiquent pas l'amour authentique tel que le Christ l'a pratiqué. Pour nombre d'entre eux, ce sont des gens orgueilleux , sans grande capacité intellectuelle, et ils se croient souvent les meilleurs.
Pour preuve qu'ils sont perçus de la sorte par les gens extérieurs, la soeur d'une fille avec laquelle je suis resté quatre ans m'avait dit qu'elle avait un élève dont les parents étaient T.J et qu'il était orgueilleux et m'avait-elle dit : "ce sont des gens orgueilleux". A l'époque, comme je le dis, bien que n'étant plus T.J, j'avais de la peine à la croire, mais aujourd'hui je peux vous assurez que c'est la stricte vérité. S'ils s'intéressent à vous c'est uniquement dans l'optique d'augmenter le potentiel de leurs adeptes. Quand ils s'intéressent à vous, c'est pour toujours placer leur morale qui vous rend apathique quand on est dans la secte, c'est pour jouer aux moralisateurs, et insinuer en vous le sentiment de culpabilité et surtout pour vous effrayer d'une destruction divine, car le mal qu'ils vous imputent est tout simplement incroyable à croire mais c'est celui de ne PAS ETRE TEMOIN DE JEHOVAH. Vous aurez beau être un exemple d'honnêteté, un exemple en amour et en amitié, quelqu'un de fidèle, bref vous pourrez porter en vous toutes les qualités de la terre, vous n'êtes pas TEMOIN DE JEHOVAH et c'est là votre plus grand crime !!! Je croyais trouver le véritable amour dans cette secte et ... je ne l'ai trouvé nulle part. Les T.J sont exactement le reflet de la masse de gens d'où ils viennent, il y en a de fréquentables et d'abominables, il y a des gens bons et des mauvais, rien de plus. Et ce n'est pas en se bourrant le crâne de périodiques ou en relisant des centaines de fois la Bible que l'on devient meilleur, loin de là !!! Je dirais même que l'on empire !!! Je rompais donc tous contacts avec les T.J entre 21 et 22 ans. Je me retrouvais donc dans " le monde du Diable " tels (encore une fois) qu'ils se complaisent à le décrire, pour décourvrir que finalement il ne me poussait pas de cornes et qu'il n'était pas si abominable que ça. Néanmoins, cette longue période loin des T.J était douloureuse. Des questions me hantaient : "et si j'étais condamné par Jéhovah ? Et si ce que j'ai appris était vrai ? Et si Jéhovah allait me détruire pour l'avoir trahi ?" et bien d'autres questions laissées sans réponses. Il ressort un point commun de toutes ces questions, c'est celui de la culpabilité que j'entretenais inconsciemment chez moi, car, incapable de faire le chemin inverse que j'avais fait à mon insu en fréquentant la secte et le lavage de cerveau pratiqué systématiquement sur les adeptes à leur insu aussi. C'est à dire, faire le vide de son passé, ne plus fréquenter ses amis qui ne sont pas T.J, éviter les "incroyants", même si ils font partie de la famille, bref, tout un protocole soigneusement orchestré pour que le futur adepte arrive à "coller" de manière parfaite à ce que l'on veut faire de lui, une sorte de robotisation de sa personalité en quelque sorte. Dans cette sorte de "brainwashing", il faut inclure aussi son entretien qui ne peut se faire que par une manipulation mentale active en fréquentant assidûment les réunions de la secte. Par une lecture monotone et uniforme de sa littérature, car, bien que la littérature "satanique" ne soit pas directement interdite, elle est fortement déconseillée. Chacun mesurera le degré de puissance du mot "satanique" que j'emploie. Car lire un simple roman d'aventures ne comporte pas un caractère "satanique" à proprement parler et cela, la secte est d'accord pour le reconnaître. Toutefois elle met en exergue les "dangers" de telles lectures qui développent peut-être des idées antibibliques. Et puis cela prend du temps, même de se détendre sainement, et cela empêche la secte d'accaparer l'esprit, le coeur et l'intelligence de l'adepte à ce pour quoi il a été formé : la prédication de porte en porte en vue de faire de nouveaux adeptes. A ce point du récit, j'avertis le lecteur du but de mon témoignage. C'est de lui venir en aide en lui montrant le chemin que j'ai parcouru et qui pourrait lui être utile à lui aussi, voire salutaire, s'il a longuement porté le lourd fardeau du sentiment de culpabilité. Je ne prétends absolument pas détenir la solution miracle, loin de là, de nombreux ex-T.J s'en sont sortis par d'autres moyens, et on ne peut que les en féliciter. Je pense toutefois et veux apporter ma contribution bénéfique à certains cas qui pourraient être similaires au mien. Je continue mon histoire.
J'étais libre, mais pas des chaînes que j'enroulais autour de ma vision de la vie, conception de la vie que l'on m'avait inculquée. Cela se fait sans efforts chez un ancien adepte, il a été programmé, et je pèse bien mes mots, pour " s'auto-détruire", s'il parvient à sortir indemne de la secte, et cela sans qu'il en soit réellement conscient. C'est à ce point du discours que l'on se rend compte que les T.J sont bel et bien une secte destructrice et n'ont aucun bonheur à apporter à l'humanité, uniquement l'illusion fort improbable d'un changement radical de la société humaine, et cela, en passant par le plus grand génocide de tous les temps. Voilà ce que les T.J sont arrivés à faire de moi : une personne ayant perdu toute confiance en une divinité quelconque et non toute croyance. Je passe à l'étape suivante, celle du processus lent et incertain de la déculpabilisation afin de recouvrer sa dignité d'être humain. De nombreux sites consacrés à la problématique T.J sont présents et consultables sur le net, il existe aussi une volumineuse littérature sur le sujet. Ma découverte a été progressive, mais je dois préciser que mon esprit était conditionné, même ayant quitté la secte. Je pensais sincèrement que ce qu'on disait de mal ou de défavorable aux T.J n'était que pure calomnie. Mais, peu à peu, et preuves à l'appui, je me rendis compte de l'hypocrisie des dirigeants, ayant vainement et faussement prophétisé au moins quatre fois l'établissement d'un paradis sur terre allant ainsi à l'encontre des paroles même du Christ. J'ai appris des choses que je n'aurais jamais imaginées si j'étais demeuré T.J. Par exemple, les cas de pédophilie, les artifices juridiques employés par la WT, les images subliminales, la double face de la WT, une pour ses adeptes et une autre cachée. Quand on pense à son affiliation pendant près de dix ans avec l'ONU ... Le fait que comme toutes les sectes elle ne reconnaît jamais ses erreurs et reporte systématiquement la faute sur les adeptes qui acceptent cette injustice sans broncher. Avant d'être un homme vraiment libre comme je le suis aujourd'hui, chaque fois que j'entendais le mot " Jéhovah " je croyais que j'allais mourir de manière instantanée. Alors que l'immense différence aujourd'hui est que quand j'entends le mot " Jéhovah " je n'ai plus peur, bien au contraire j'écoute et j'apporte mon témoignage de ce que j'ai vécu. Parfois des méprises sont faites sur mon compte, je me souviens d'une serveuse d'un restaurant à laquelle j'avais dit au cours d'une conversation que j'avais été T.J. Elle n'en croyait pas ses oreilles et me regardait avec une certaine méfiance, voire une certaine antipathie par la suite. Mais comment pourrais-je en vouloir aux personnes pour avoir de telles réactions ? Elle sont normales. Aux Etats-Unis, les T.J sont appelés les "fous", alors dire qu'on a été T.J revient à dire qu'on a été hospitalisé pour une longue période dans un hôpital psychiatrique et que peut-être il reste des traces de folie chez vous n'est-ce pas ?

Je voudrais dire quelques mots sur les images subliminales. Je les ai montrées à ma mère et elle les a vues comme moi et m'a dit qu'elle en parlerait aux anciens. Je vous rassure, elle n'en a jamais parlé aux anciens. Quand je lui ai demandé ce qu'il en était, elle m'a répondu que cela provenait (d'une manière globale) d'internet et que tout ce qui était dit sur les T.J sur le net était le fruit d'apostats, donc forcément faux (excepté le site officiel des T.J). Pire que cela, elle m'a dit que si je voyais ces images, c'était parce que je n'étais plus T.J !!! Quelle absurdité !!! N'importe quel esprit critique doit en conclure que de demeurer T.J signifie ne pas voir ou ne plus voir les choses évidentes qui sautent aux yeux. Cette réaction a été pour moi comme un coup de foudre révélateur du lavage de cerveau dont avait été victime ma mère. Ceci commença aussi à amorcer en moi le processus inverse qui est de recouvrer la capacité de penser par soi-même. Les forums de discussion entre anciens T.J m'ont beaucoup aidé aussi, et j'encourage quiconque est dans une mauvaise passe, à s'inscrire sur une liste (sans vouloir faire de publicité, je suis resté un moment sur T.J Liberté, je pense qu'il doit y avoir d'autres listes, mais je ne connais pas leurs noms actuels). On y trouve surtout le moyen de parler avec son coeur à des gens qui comprennent, parce qu'ils sont plus ou moins passés par des expériences similaires. On y apprend des choses qui nous confortent dans le fait que Dieu ou Jéhovah, si on n'a pas rompu tous liens avec lui, ne nous condamne pas et (je cite le titre d'un témoignage), qu'il y a de l'espoir après les sectes. On y développe des amitiés sincères, non basées sur une croyance commune, mais, ce qu'il y a de plus important, sur des expériences communes. Bref, ces listes sont très utiles et encourageantes. Il y survient parfois des conflits, mais ceci est inévitable quand on se rend compte qu'on a le pouvoir de penser à nouveau par soi-même... Il y a donc parfois quelques frictions entre personnes d'avis différents. De faire connaissance, si c'est possible d'une personne ex-T.J étant passée par des expériences similaires et partageant les mêmes points de vues est aussi fort utile. En gros, je fais l'apologie des listes de discussion et des sites consacrés à la problématique T.J. Pour terminer mon histoire, je dirais en conclusion qu'un T.J est endoctriné par des méthodes longuement mitonnées à la sauce américaine (ils sont imbattables sur le sujet). En effet, les gourous (j'ai supprimé "vieux") de Brooklyn ont eu plus d'un siècle pour mettre au point la machine infernale. A ma connaissance, il n'y a eu que 6 présidents de cette "Société" ( je serais plutôt tenté de dire "engeance" ), pour environ 130 ans d'existence. Une simple comparaison avec le règne des Soviets Suprêmes de l'ex-URSS est suffisante à elle seule pour prouver que c'est bel et bien une dictature. Pour se libérer de l'influence dévastatrice, il faut parcourir une espèce de chemin inverse. En effet, chez les T.J on met l'accent sur le fait de s'auto-suggestionner (ils ne prendront jamais le risque d'employer un tel terme, mais c'est bel et bien cela). A mon avis, parcourir le chemin inverse est d'une part, de rompre tout contact religieux avec la secte (je ne parle pas des membres de la famille qui acceptent de garder des relations avec un ou une "exclu", quand ils n'abordent pas le sujet) et d'autre part (et cette fois j'emploie une expression similaire au T.J), de s'alimenter plus ou moins régulièrement l'esprit de vérités concernant la véritable image de la WT, qui nous conforte dans l'idée qu'on n'est ni condamné, ni condamnable d'avoir abandonné la secte. On ne lui est aussi redevable en rien du tout. D'autres ex-T.J éprouvent le besoin de l'action pour s'en sortir. En fait je dirais que tous les moyens sont bons si on doit arriver au même but. Pour ma part, je n'ai jamais été une personne d'action, mais je remercie l'auteur de ce site Jacques Luc car son site est remarquable et c'est un que j'ai découvert en premier. Je remercie aussi Patrick Alain, Henrique Diaz, Dominique Bisserier, Charles Chasson, Richard Maynacque, Joëlle de Corte, Cyril Malka et tant d'autres, ainsi que les auteurs de nombreux sites anglophones. Qu'ils veuillent bien me pardonner, car je sais, pour terminer par une boutade, que leur pardon est immensément plus suave que l'hypothétique pardon des T.J qui en ont perdu toute la saveur et tout le sens.

Je vis actuellement en Russie près de Moscou avec ma future femme et je suis un homme libre.

Olivier Nicolas Bonat
Mendeleevo, Russie.
joylinkau@inbox.ru



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"Mon enfance a été un désastre" écrit Ysabel M. qui habite près de Namur, en Belgique
Son témoignage est très actuel, car il met au jour certaines pratiques qui ont cours dans l'organisation.



Je m'appelle Ysabel M. J'ai 22 ans.
J'ai été élevée dans "la vérité" par des parents tous deux Témoins. J'ai également un frère de 3 ans mon cadet.
Mon enfance a été, avec le recul de maintenant, un désastre.

Tout d'abord mon père était quelqu'un de sévère pour ce qui concernait la "théocratie". Pas question de rater une réunion, ni un dimanche de prédication.

En 1995, deux pionniers sont venus habiter chez nous car la maison était trop grande ; et arriva ce qui devait arriver, j'ai commencé à fréquenter en vue du mariage le plus jeune des pionniers qui était 15 ans plus vieux que moi. J'avais alors 15 ans.
Les anciens nous ont mis des bâtons dans les roues en le renvoyant dans une autre congrégation bien loin de chez moi. Et, comme on dit, loin des yeux, loin du coeur, notre relation n'a pas tenu le coup.

J'ai pris le baptême lors d'une assemblée en juillet 1996.

Ensuite, j'ai galéré un peu et je suis "sortie" avec deux garçons du "monde" sans importance. Pour ces faits, mon père a perdu ses charges d'assistant ministériel.

Ensuite, en 1998, j'ai rencontré mon mari actuel, Guy, de trente ans mon aîné (ce qui n'a pas plu aux anciens, non plus), croyant mais non T.J.
Il s'est mis à étudier la Bible très sincèrement. Mais étant d'un naturel très curieux et avide de connaissances, il posait trop de questions ; et du jour au lendemain, plus personne n'est venu faire son étude. Du coup, pas de baptême non plus ; mais notre date de mariage était fixée et tout était arrangé.
Enfin, nous nous sommes mariés sans discours à la salle, bien sûr, et nous avons continué d'aller aux réunions.

Mais un jour, j'ai dévoilé à un ancien un secret qui n'aurait pas dû sortir; J'avais été victime, ainsi que mon frère, d'attouchements sexuels de la part de mon oncle.
Aussitôt la machine infernale s'est mise en route ; comité judiciaire et tout le reste. Mais le plus beau, c'est que les anciens nous ont priés de ne pas prévenir la justice pénale afin qu'il n'y ait pas d'enquête interne !

Nous sommes quand même allés déposer plainte à la Police, après l'exclusion du pédophile, comme je l'appelle ; car en plus, ce n'était pas la première fois qu'il était exclu pour ce délit !
Mais rien ne l'a arrêté, il a déménagé et moins de 4 mois plus tard, il était réintégré comme si de rien n'était ! Et c'est moi qui suis passée pour la pestiférée de service !

Enfin, voilà, maintenant cela va faire trois ans que je ne fréquente plus les réunions ni quoi que ce soit d'autre en rapport avec cette organisation, qui je pense, n'est pas meilleure qu'une autre ; et je dois dire que je ne m'en porte pas plus mal et même mieux !

La preuve : je suis l'heureuse maman de 2 petits bouts : Allan et Adeline.

Si je peux donner un conseil à toutes les personnes qui liront ce témoignage : ouvrez les yeux tant qu'il est encore temps ! Ne les laissez pas vous détruire l'existence plus longtemps !

Ysabel et sa petite famille.

guysa@belgacom.net



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La meilleure amie de Clémentine lui dit qu'elle est Témoin de Jéhovah.
Clémentine se rend compte que son amie est, hélas, prisonnière d'une secte.



Jusqu'à l'année dernière, je n'avais jamais eu affaire aux Témoins de Jéhovah. Je n'en connaissais que ce que tout le monde en disait, c'est-à-dire que c'était vaguement ce que beaucoup de gens appellent une "secte", sans trop non plus savoir ce qu'était une secte.
Et puis, un jour, ma meilleure amie m'a demandé ce que je pensais des Témoins de Jéhovah ... Je lui ai répondu, presque agressivement, "ben, c'est une secte" (sous-entendu, c'est même plus la peine d'en parler).

- "Non, ce n'est pas une secte. Je le sais quand même, j'en fais partie."

Depuis, ma vie a changé du tout au tout. Ma meilleure amie, c'était ma meilleure amie, et des liens extrêmement forts nous unissaient.
Alors, si j'avais vraiment raison, et que c'était vraiment une secte, il fallait que je fasse tout pour la sortir de là. Mais le problème, comme je vous l'ai déjà dit, c'est que je ne connaissais absolument rien aux Témoins de Jéhovah.
Elle, parce qu'elle "n'envisageait pas le paradis sans moi", faisait tout de son côté pour me prouver que sa "religion" était dans le vrai, j'ai eu droit à toutes sortes de livres, de brochures, de périodiques, à étudier tranquillement, mais assez rapidement quand même (la fin du monde étant proche, son but était de me faire rentrer chez les Témoins avant) ...
De mon côté, j'ai réussi à obtenir l'adresse d'un ancien Témoin de Jéhovah qui avait monté une association, et qui m'envoya toutes sortes de documents sur les fausses prophéties, et les croyances des Témoins de Jéhovah, en me montrant où étaient les dangers de la secte (puisque ce en est bien une!!).
Mon amie elle, m'a proposé l'étude du livre "La connaissance qui mène à la vie éternelle".
Heureusement pour moi, j'avais déjà à l'époque lu assez de documents me montrant que l'étude d'un livre était la première étape de l'endoctrinement pratiqué par les Témoins de Jéhovah, pour refuser, le plus gentiment possible.
Sur le coup, elle a accepté mon refus. Mais un mois plus tard, ce fut à nouveau le même scénario sur l'étude du même livre. Mais cette fois-ci, elle ne le prit pas aussi bien que la première fois, et sa réponse fut : "Peut-être qu'il serait mieux qu'on ne se voit plus pendant quelques temps".
Elle m'avait dit une fois parlant d'un de ses amis qu'elle ne voyait plus (comme tous les autres amis qu'elle avait pu avoir d'ailleurs, j'étais encore la seule qu'elle continuait de fréquenter), que si elle ne voulait plus le voir, c'était pour ne pas souffrir au paradis de ne plus le voir. Je crois que c'est ce qu'elle ressentait vis-à-vis de moi en ce moment.
On ne s'est pas vues pendant une semaine (qui fut horrible à un point inimaginable, je n'arrêtais pas de me demander si à cause des Témoins de Jéhovah qu'elle voyait beaucoup plus souvent que moi, elle allait réussir à se passer de moi).
Mais elle m'a écrit une lettre me disant que je lui manquais énormément, et vous pouvez imaginer mon soulagement.
Mais contrairement à ce que je pensais au début, tout ne redevint pas beau et normal. Petit à petit, on se perdait de vue, on ne se parlait plus aussi souvent qu'avant, on ne rigolait plus toutes les deux, on n'allait plus faire un tour en ville pour faire les magasins ou se poser tranquillement devant une tasse de café ... Nous n'avions plus les mêmes priorités, et c'était devenu très dur de garder contact avec elle. D'un autre côté, il fallait bien que je le fasse, puisque j'étais encore la seule personne non-Témoin de Jéhovah qu'elle continuait de voir.
Et puis, arriva la fin des cours, et avec elle, le silence et le vide. Plus rien, pas même un seul mot pendant des jours, des semaines ...
Elle ne voulait sûrement plus me voir, étant donné que je ne la suivrai pas au paradis, et moi, je ne voulais pas la voir non plus parce que ça me faisait trop souffrir de voir ce qu' "ils" avaient fait d'elle. Ce n'était plus la personne que j'avais choisie pour amie, c'était devenu un petit robot me récitant à longueur de temps des versets bibliques comme quoi j'étais dans l'erreur et j'allais être détruite.
Et puis un jour, je l'ai appelé, sans motif vraiment valable, et je lui ai demandé quel jour on pourrait se voir. Et elle m'a donné un jour !
Depuis, nous nous entendons plutôt bien, et on se voit assez souvent. C'est important, parce que je reste le seul lien qu'elle ait avec le monde extérieur.
Mais elle, elle recommence à essayer de me convertir, et avec encore plus de motivation qu'avant. Elle n'imagine à nouveau plus le paradis sans moi.
Je ne sais comment ça va finir, si c'est un cercle sans fin, ou si un jour, elle découvrira qu'elle a été trompée... Mais ce que je sais, c'est que les Témoins de Jéhovah ont pourri ma vie, et que maintenant, il ne se passe pas une semaine, un jour, ni même une heure sans que je pense à eux et leur reproche de m'avoir volé ma jeunesse et l'insouciance et la tranquillité qui allaient avec, pour y mettre à la place de la peine et des pleurs ...
Pour finir, je voudrai ajouter un poème d'Alfred de Musset qu'elle m'avait recopié dans sa lettre pour me dire que je lui manquais. Ce poème peut s'adresser aussi bien à elle qu'à moi, et aujourd'hui, je vous l'adresse à mon tour ...

"Pas de pleurs, pas de plaintes vaines,
Je sais respecter l'avenir
Vienne la voile qui t'emmène
En souriant, je la verrai partir

Adieu, tu vas faire un beau rêve
Et t'enivrer d'un plaisir dangereux
Sur ton chemin l'étoile qui se lève
Longtemps encore éblouira tes yeux

Un jour tu comprendras peut-être
Le prix d'un coeur qui nous comprend
Le bien qu'on trouve à le connaître
Et ce qu'on souffre en le perdant"

Clémentine

cracotteonutella@yahoo.fr



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Après avoir été prisonnière de la Watch Tower, Marianne nous dit qu'elle a véritablement retrouvé la liberté en Christ.
Dieu n'est pas un Dieu féroce, ajoute-t-elle, mais un Dieu d'amour.



Je ne reçu aucune instruction religieuse, ni de mes parents, ni d’une église.
Si, nous fêtions Noël, je ne savais pas quel en était le sens : c’était toutefois un temps de joie dans une enfance, parfois, bien triste. Dès mon plus jeune âge (vers 7 ans), je cherchais déjà s’il y avait un Dieu. Je priais mais je n’arrivais pas à le rencontrer et, parfois, je me révoltais fortement contre Lui.
En 1969, l’année de mes 21ans, on frappa à ma porte ! Deux Témoins de Jéhovah étaient devant moi, me parlant de l’amour de Dieu et me proposant une étude biblique. Quoi ? Enfin Dieu me répondait, après tant d’années ? Impossible de ne pas sauter sur une pareille « occasion ». La semaine après, l’étude commença, chez moi, à l’aide d’un de leur petit livre ; il y était parlé de vie éternelle sur la terre ! Ce que j’avais toujours secrètement désiré, c’était inné, j’avais en moi le goût de l’éternité (Dans la bible : Ecclésiaste 3 :11). Les deux Témoins de Jéhovah qui m’enseignaient me parlaient de l’amour qui régnait dans leur communauté, c’était beau, très attirant, alors je me mis assez vite à fréquenter leurs réunions.

Dieu d’amour ou Dieu féroce

En 1972, le jeune homme, non Témoin de Jéhovah que je fréquentais et moi, nous sommes mariés ; ce qui fit sursauter d’indignation les Témoins de Jéhovah. Au fil des études et des réunions, de la lecture de la Tour de Garde et du Réveillez-vous, on faisait pression sur moi et on me poussait à me faire baptiser au plus vite ; ce que je fis. Tout paraissait beau ! Ce "paradis" fut de courte durée ! J’eus rapidement la pensée de m’être fait baptisée par peur, plus que par amour pour Dieu. Les incessantes allusions sur la fin du monde; l’obligation incontournable de faire du porte à porte (toujours plus); l’interdiction d’accepter une transfusion de sang, même en cas de nécessité pour survivre; ne pas fêter Noël, ni Pâques, ni les anniversaires ou toute autre fête; la mise à l’écart de ma famille et de mes amis, l’interdiction d’aller voter, l’obligation de ne se fréquenter qu’entre Témoins de Jéhovah, c’est-à-dire une multitude d’interdits, eut comme résultat un puissant lavage de cerveau, … qui m’amena à un état dépressif grave, profond. J’eus en 1972, mon premier fils.
À l’époque les Témoins de Jéhovah annonçaient que la fin du monde était très probablement pour 1975 et…. que tous les non Témoins de Jéhovah allaient périr.
D’ailleurs, je n’avais moi-même pas la certitude d’être sauvée. C’était tellement apocalyptique que j’en perdis la raison. Je pris alors des quantités industrielles de tranquillisants et anti-dépresseurs, tant mes angoisses étaient profondes. J’avais une peur intense pour tous les miens qui étaient non Témoins de Jéhovah. Mon mari, le plus doux des hommes, était seul à me rassurer un peu. Ce fut un enfer, résultat de l’EN FAIRE que la Watch Tower (Watch Tower - organisation responsable de tous les adeptes dans le monde entier) demande toujours plus à ses coreligionnaires, sous peine de sévères réprimandes, voire d’exclusion. Ce Dieu d’amour que la Watch Tower prônait, au début, dans leur petit livre, elle "s’ingéniait" à le montrer comme un Dieu féroce, tenant ainsi par la peur ses membres qui n’avaient plus où aller, puisque le vide avait été fait, en eux et… autour d’eux.
Inutile de dire que, si à l’aide de puissants tranquillisants (à tuer un cheval), je pus m’occuper de ma famille (j’eus la joie d’avoir en 1977 un deuxième fils), je vécus des années tragiques. Aux tranquillisants, j’ajoutais copieusement l’alcool, mais RIEN ne m’aidait vraiment, mis à part les signes d’amour que me donnait mon mari. Vint se greffer une phobie de tout : peur de faire des courses, d’aller en voiture (crainte d’ouvrir la porte et de me jeter sur la chaussée) ; peur d’aller au restaurant où je dus partir plusieurs fois, à peine le repas servi ; des peurs irrationnelles, mais tristement bien là dans mon cerveau "lavé". Puis ce fut encore la peur… d’avoir peur : chaque matin ma question était : seras-tu encore en vie ce soir, tant l’envie de me suicider me poursuivait.

La phrase de trop (heureusement)

Me confiant à la femme d’un ancien (responsable des adeptes) de ma peur de la folie, celle-ci me répondit : "Il vaut mieux que tu deviennes folle, que tu fasses des séjours à l’hôpital, mais que tu restes fidèle à Jéhovah… d’ailleurs sœur Untel est dans ton cas mais, après chaque internement, elle revient car elle est fidèle à Jéhovah !" Merci à cette femme d’ancien, par cette phrase, elle me fit comprendre (en partie seulement, tellement j’étais endoctrinée) que, si je ne voulais pas voir ma vie détruite, il fallait que je les quitte. Personne ne chercha vraiment à me retenir, et l’ancien à qui j’écrivis pourquoi je quittais ne me répondit même pas : on me laissa tomber, sans savoir comment j’allais pouvoir vivre avec ce qu’ils m’avaient insufflé, au fil des réunions, des séances de porte à porte, des congrès, des discussions entre frères et sœurs ... !
Pendant une quinzaine d’années, bien que je n’aie plus aucun contact avec les Témoins de Jéhovah, une peur indicible d’eux, de les rencontrer me terrassait. Ce furent des années où, chaque matin, au 36ème en dessous … j’arrivais péniblement le soir au 1er étage. Je lisais la bible, mais je ne la comprenais pas vraiment bien, mais je continuais toujours à la lire et à prier : je n’avais pas perdu la foi. Je m’apercevais petit à petit des nombreuses falsifications de la bible éditée par la Watch Tower…. Un jour j’eus le courage de brûler toutes les Tour de Garde et livres que j’avais conservés : je n’eus pas moins peur d’eux !
Étrangement on ne s’apercevait pas forcément de mon profond mal-être d’où la question : combien de Témoins de Jéhovah, apparemment bien sous tout rapport vivent-ils des situations telles que la mienne ? . A noter que 10 ans de psychanalyse intensive ne donnèrent aucune réponse fondamentale à mes questions ni à mon mal-être.

À 47 ans : je trouve enfin et vraiment Dieu

D’abord une personne me prêta un livre sur la grâce, sur le pardon de nos péchés par le sacrifice de Jésus-Christ. Puis je lus deux ouvrages de Christian Piette qui me permirent de saisir, avec beaucoup d’autres enseignements, « la base des Écritures "Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique afin que QUICONQUE croit en Lui, ne périsse pas mais ait la vie éternelle." (Jean 3 :16). Ensuite, j’étudiais avec des chrétiens évangéliques qui, sans petit livre, mais avec leur connaissance approfondie de la bible, me permirent de comprendre le sens du sacrifice de Jésus-Christ. La bible est on ne peut plus claire "Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi." (Jean 14-6). Étant certaine d’avoir trouvé le Dieu que je cherchais depuis tant d’années, à 47 ans, je me fis baptiser par immersion. Le témoignage que vous êtes en train de lire n’a pas pour objectif de développer ce que dit la bible mais, j’espère qu’il vous incitera à la lire. Personnellement, j’ai compris la différence entre la religiosité (adepte d’une doctrine, quelle qu’elle soit et : trouver le sens du pardon par Jésus-Christ (PAR DON en deux mots vous fera comprendre qu’il n’y a rien à "payer", puisque c’est un DON ! "Je ne rejette pas la grâce de Dieu : car si la justice s’obtient par la loi (les œuvres), Christ est donc mort en vain" …Gal.2 :21. En 7 ans, Jésus-Christ a changé beaucoup de choses dans notre famille. Je ne suis plus dépressive, l’alcool ne m’attire plus et, avant tout, mon fils aîné s’est fait baptiser à 27 ans, car "il a vu l’œuvre que Jésus-Christ a fait dans le cœur de sa maman". En famille, nous louons Dieu ! Je suis active dans ma vie spirituelle, c’est vrai, mais par amour pour Dieu, et non par peur de ne pas être sauvée. Dans le monde entier des millions de personnes de différentes religions se tournent vers le Christ, vers la bonne nouvelle qu’Il est venu nous donner. "Car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni ... ... ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur" Romains 8 :38-39. Je l’ai vécu, je le vis journellement : rien ne peut nous séparer ! En 2001, j’ai eu la joie d’aider, avec d’autres chrétiens évangéliques, un jeune Témoin de Jéhovah qui pensait mettre fin à ses jours. Depuis qu’il a une solide connaissance de la Bible, il va vraiment mieux. Ma sœur (53 ans) se tourne vers Dieu ! Elle dit avoir vu ce que Dieu a fait dans notre famille, surtout dans la vie de mon fils aîné ! Et, ce n’est pas fini, Dieu continue son œuvre dans tous les cœurs. J’ai de l’amour pour tous les Témoins de Jéhovah qui sont tenus en esclavage et je prie pour qu’ils puissent être libérés et trouver la liberté en Jésus-Christ. Dieu est amour - (et non féroce) I Jean 4 :8 - Il vous attend, ouvrez la bible, priez, vous ne serez pas déçus.

Marianne Munger

m.munger@bluewin.ch



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Bertrand nous dit avoir passé toute son enfance chez les Témoins de Jéhovah, une enfance bien différente des autres jeunes.



Je viens seulement de découvrir votre site, je pensais bien qu'il en existait de tels sur internet, mais c'est la première fois que ma curiosité m'a poussé à effectuer une recherche au sujet des Témoins de Jéhovah ... preuve de mon total déracinement de cette fausse religion.

J'ai aujourd'hui 23 ans et j'ai quitté cette soi-disant "vérité" à l'âge de 18 ans, après y être né.

Ces années m'ont permis de voir mes parents se déchirer, parfois au bord du divorce (mon père s'étant retiré de l'organisation après avoir été nommé serviteur ministériel), d'être l'objet de moqueries auprès de mes camarades d'école tout au long de ma scolarité, finalement de ne pas pouvoir vivre ma vie comme je l'entendais.

Ce ne sont pas mes 18 ans, âge de la majorité, qui m'ont poussé à franchir le pas, mais tout simplement le fait de pouvoir comparer deux modes de vie différents après avoir souvent essayé le camp des "brebis" et celui des "chèvres".

Aujourd'hui je me sens bien dans ma peau de chèvre, même si ma mère qui, elle, est restée brebis avec mon frère, a dû parfois en souffrir et en souffre certainement encore.

Je me permets d'envoyer ce message à l'attention de tout ceux qui le liront et qui sont dans la même posture que j'ai été pendant des années. A ceux-là je voudrais dire qu'une vie est trop courte pour être gâchée, ne serait-ce que pendant une année.

J'ai gâché (ou plutot ma mère et mon père malgré lui) 18 ans de ma vie, sans tous les petits plaisirs que peut avoir un enfant, et cela je ne le souhaite à personne d'autre.
C'est pourquoi je tiens à dire aux personnes qui sont comme j'ai été : "N'attendez pas, n'espérez pas, ne CROYEZ pas en une chose qui est faite pour vous aveugler en vous donnant de faux espoirs".

Et pour ceux qui se disent "encore un apostat qui vide son sac", à ceux-là je répondrai "apostat et fier de l'être un peu plus chaque jour, moi au moins j'essaie de sauver des vies, pas d'en voler ..."

Mon plus grand regret aujourd'hui, c'est que je saurai toujours au fond de moi que la soi- disant vie paradisiaque que j'aurais pu avoir avec toute ma famille après "l'intervention de Dieu", c'est en fait celle qui m'a été volée pendant ces 18 années.

J'espère que ces quelques mots pourront aider ne serait-ce qu'une personne à choisir la voie qui rend heureux ... tout sauf celle de la "vérité".

Bertrand PELLETIER

Bertrand8079@aol.com

PS : encore une chose qui pourra peut-être aider ceux qui n'arrivent pas à se décider à quitter les Témoins. C'est en fait une des réflexions qui m'a poussé à prendre la décision finale.
Dans cette religion, on vous enseigne que tout est basé sur le libre arbitre. Soit. En comparaison, une élection législative est aussi basée sur le libre arbitre. Si on vous met un flingue sous le nez au moment de voter, cela ne veut plus rien dire au niveau des droits de l'homme et de la liberté d'expression.
Alors quand Jéhovah nous dit "adore moi et tu vivras éternellement dans un paradis terrestre, ne m'adore pas et tu seras détruit", où est donc le libre arbitre ???

Une théorie fondamentale se casse la figure ...



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