Anniversaires de naissance





Aujourd'hui, on ne coupe plus la tête des gens lors des anniversaires. Mais il ne faut pas oublier que l'idée de fêter les naissances est venue d'hommes qui n'adoraient pas le vrai Dieu. A propos des deux fêtes d'anniversaire racontées dans la Bible, une encyclopédie religieuse dit que "seuls les pécheurs donnent de grandes réjouissances à la date où ils sont nés". (The Catholic Encyclopedia *). Voulons-nous leur ressembler ? - Livre "Ecoute le grand enseignant" - 2003
* Voir note au bas de ce dossier.






Reprenons tout d'abord les commentaires de l'organisation des Témoins de Jéhovah, tels que nous les trouvons dans le livre " Comment raisonner à partir des Ecritures ", pages 32 à 34.

Définition :

Retour annuel d'un jour marqué par la naissance d'une personne. En certains endroits, les anniversaires de naissance, ceux des enfants en particulier, s'accompagnent d'une réception et de l'échange de cadeaux. Cette pratique n'est pas biblique.

La Bible présente-t-elle la célébration des anniversaires de naissance sous un jour favorable ?

Elle ne relate que deux célébrations de ce genre :
Gen. 40 : 20-22 : "Or, le troisième jour, il se trouva que c'était l'anniversaire de la naissance de Pharaon, et il fit alors un festin (...). Il fit donc retourner le chef des échansons à son poste d'échanson (...). Mais le chef des panetiers, il le pendit."
Mat. 14 : 6-10 : "Comme on célébrait l'anniversaire de la naissance d'Hérode, la fille d'Hérodiade dansa à cette occasion et plut tant à Hérode qu'il promit avec serment de lui donner ce qu'elle demanderait. Et elle de dire, endoctrinée par sa mère: 'Donne-moi ici, sur un plat, la tête de Jean le Baptiste.' (...) il envoya décapiter Jean dans la prison."
Tout ce qui est consigné dans les Écritures a sa raison d'être (II Tim. 3:16, 17). Les Témoins de Jéhovah remarquent que la Parole de Dieu parle défavorablement des anniversaires de naissance; aussi s'abstiennent-ils de les célébrer.

Comment les premiers chrétiens et les Juifs des temps bibliques considéraient-ils les anniversaires de naissance ?

"La célébration des anniversaires était une notion tout à fait étrangère aux conceptions des chrétiens de cette période." — The History of the Christian Religion and Church, During the Three First Centuries (New York, 1848) de Johann Neander, p. 190. "Les Hébreux de l'époque postérieure considéraient l'observance des anniversaires comme faisant partie du culte idolâtrique, opinion qui était largement confirmée par ce qu'ils voyaient des observances courantes liées à ces jours." — The Imperial Bible-Dictionary (Londres, 1874) de Patrick Fairbairn, tome I, p. 225.

Quelle est l'origine des coutumes populaires liées aux anniversaires de naissance ?

"Les diverses coutumes que l'on observe aujourd'hui lors des anniversaires de naissance ont une longue histoire. Leurs origines sont liées à la magie et à la religion. Les pratiques en usage dans les temps anciens, qui consistaient à adresser des félicitations, à offrir des cadeaux et à fêter l'événement — des bougies allumées venant couronner le tout — étaient censées protéger des démons celui qui célébrait son anniversaire; on assurait ainsi sa sécurité pour l'année à venir. (...) Jusqu'au IVe siècle, le christianisme a rejeté la célébration des anniversaires, les considérant comme une coutume païenne." — Schwäbische Zeitung (supplément au magazine intitulé Zeit und Welt) du 3/4 avril 1981, p. 4.
"Les Grecs croyaient qu'à chaque humain s'attachait un esprit protecteur ou daimôn qui assistait à sa naissance et veillait sur lui durant sa vie. Cet esprit était en relation mystique avec le dieu dont l'anniversaire correspondait au jour de naissance de l'individu. Les Romains aussi souscrivaient à cette idée. (...) Cette croyance a fait son chemin et se retrouve dans les notions d'ange gardien, de marraine fée et de saint patron. (...) La coutume consistant à allumer des bougies sur les gâteaux a commencé avec les Grecs. (...) Des gâteaux de miel, ronds comme la lune et éclairés par des cierges, étaient déposés sur les autels du temple d'[Artémis]. (...) La croyance populaire attribue aux bougies d'anniversaire le pouvoir magique d'exaucer les souhaits. (...) Les cierges allumés et les feux sacrificiels ont toujours eu une signification mystique particulière depuis que l'homme a commencé à dresser des autels à ses dieux. Les bougies sont donc un hommage à l'enfant qui fête son anniversaire; elles lui font honneur et lui portent chance. (...) Les souhaits d'anniversaire et les vœux de bonheur font partie intégrante de la fête. (...) Cette croyance prend ses racines dans la magie. (...) Les souhaits d'anniversaire peuvent faire du bien ou du mal parce que l'on est plus proche du monde des esprits à ce moment précis." — The Lore of Birthdays (New York, 1952) de Ralph et Adelin Linton, pp. 8, 18-20.


La Bible parle-t-elle défavorablement de deux anniversaires de naissance ?
(voir les textes cités plus haut : Genèse, chapitre 40, versets 20 à 22 et Evangile de Matthieu, chapitre 14, versets 6 à 10).

La réponse peut surprendre, mais elle n'en parle absolument pas.
Elle rapporte simplement des événements notoires en rapport avec le contexte biblique, événements qui se sont produits lors de ces célébrations, ce qui est tout à fait différent ! Ce ne sont absolument pas les anniversaires de naissance que la Bible met en évidence ici, mais les événements qui se sont déroulés lors de ces occasions spéciales.
Il est bien évident qu'aux époques citées, de telles célébrations étaient fort nombreuses et dans beaucoup de cas, il est vrai, pouvaient être prétexte à des débordements, orgies et ripailles.
Mais de là, accepter la doctrine de la Watch Tower qui affirme qu'il existe, sur la base de ces deux faits rapportés dans la Bible, des raisons valables pour refuser de célébrer les anniversaires de naissance, c'est tirer fort hâtivement des conclusions.


Lorsqu'on lit attentivement la totalité de Genèse chapitre 40, on constate que la célébration de l'anniversaire de la naissance de Pharaon n'a pas du tout été ponctuée par un acte répréhensible, mais par une décision de justice découlant d'une faute grave commise apparemment par l'échanson et par le panetier du Souverain d'Egypte. Une faute grave au point qu'elle méritait la mort.
Genèse chapitre 40 versets 1 et 2 précise en effet : "Or, après ces choses, il arriva que l'échanson du roi d'Egypte et le panetier péchèrent contre leur seigneur le roi d'Egypte. Pharaon s'indigna contre ses deux fonctionnaires, contre le chef des échansons et contre le chef des panetiers."
La suite de l'histoire nous apprend que seul le panetier fut pendu, le chef des échansons étant rétabli dans ses fonctions, probablement (la Bible ne donne aucune indication) parce que des preuves le disculpèrent.
Cet anniversaire de naissance fut-il donc à ce point répréhensible ? Si on réfléchit bien, on ne voit pas réellement pourquoi. La décision de Pharaon fut prononcée, et la sentence de mort fut justement appliquée, puisque Dieu lui-même la confirma par l'interprétation du songe transmise à Joseph.


Ensuite, si vous lisez tous les mots rapportés en Matthieu chapitre 14 versets 6 à 10, et particulièrement le début du verset 9, vous verrez qu'Hérode, celui qui était à l'honneur, celui dont on fêtait l'anniversaire de naissance, fut attristé par ce qui se passait.
Cet état d'âme du roi est purement et simplement escamoté par la Watch Tower, qui préfère le remplacer par un habituel " (...) ".
Hérode ne voulait sûrement pas la mort de Jean le Baptiste, mais il avait promis sous serment de satisfaire n'importe quelle demande de la fille d'Hérodiade.
Il était coutume de ne pas revenir sur une promesse.



Admettons cependant, pour rejoindre la pensée de la Watch Tower, que les deux récits d'anniversaire de naissance cités dans la Bible soient bien entachés de crimes et de forfaitures.

Cette base établie, citons deux exemples :

Lors de certaines rencontres de football, il peut se produire de graves incidents, des batailles, des destructions de biens. Il peut même y avoir des morts.
Imaginons que dans un futur plus ou moins éloigné, on retrouve le rapport d'un commentateur du 20ème siècle qui, dans le cadre de son sujet, mentionne uniquement deux rencontres de foot qui ont mal tourné.
Devra-t-on automatiquement en déduire qu'il serait mauvais, sinon interdit, de mettre les pieds dans un stade pour assister à de telles compétitions ?
Non, direz-vous.
En effet, dans son rapport, le commentateur n'attire pas l'attention sur la nocivité de ce sport, mais sur des événements non désirés qui se sont déroulés pendant la pratique de celui-ci.
Cependant, en suivant étroitement la logique de la Watch Tower, la réponse devrait être positive.

Prenons un autre cas de figure fort récent qui touche les Témoins de Jéhovah.
Chez ces derniers, les cérémonies de mariage se déroulent parfois d'une manière fort peu chrétienne, surtout en Afrique (c'est l'organisation elle-même qui l'avoue - voir les informations de "La Tour de Garde" du 1er mai 2000).
Mais est-ce pour cela qu'il faudrait définitivement bannir la célébration de ces heureux événements ? Certainement pas.
Toutefois, en suivant la logique appliquée par la Watch Tower aux deux anniversaires de naissance rapportés par la Bible, il faudrait répondre "oui".

Si l'on veut partir du principe que tout ce qui est consigné dans les Ecritures à sa raison d'être (2 Tim. 3 : 16-17), on se demande pourquoi l'apôtre Paul n'a pas explicitement ou même implicitement condamné ou tout au moins déconseillé les anniversaires de naissance ?
En fait, c'est tout le contraire qu'il énonce dans sa lettre aux Colossiens chapitre 2, verset 16 : "Que personne ne vous juge donc sur le manger et le boire, ou à propos d'une fête ou de l'observance de la nouvelle lune ou d'un sabbat" (Traduction du Monde Nouveau ou TMN).

La "raison d'être" de Genèse 40 : 20-22, c'est de montrer la justice de Pharaon, mais aussi la capacité de Joseph à pouvoir interpréter les songes sous la direction divine.
La "raison d'être" de Mathieu 14 : 6-10, c'est de raconter les circonstances de la mort tragique de Jean le Baptiste, le précurseur de Jésus, circonstances dirigées par les intrigues de la maison et de la cour d'Hérode.



Que les Hébreux des temps bibliques ne célébraient pas les anniversaires de naissance, il n'y a rien de plus incertain. La Watch Tower s'est vue limitée, dans son livre " Comment raisonner à partir des Ecritures ", à prouver ses dires par une citation surannée et incontrôlable tirée d'un ouvrage datant de plus de 110 ans, "The Imperial-Bible Dictionary" de Fairbairn (110 ans lorsqu'elle publie le "Comment raisonner" en 1985).
Il faut noter que des exègètes de l'Ancien Testament soulignent que Job chapitre 1 verset 4 se réfère vraisemblablement aux fils et filles de ce dernier qui s'étaient réunis pour célébrer "leur jour" ou leur anniversaire de naissance.
Bien que cette interprétation soit actuellement rejetée par les Témoins de Jéhovah, leur fondateur, Charles Taze Russell, y croyait. Dans ses commentaires du scénario du "Photodrame de la Création", il écrit "Job était riche, honoré et dans une situation prospère ... un coup de tonnerre frappa la maison dans laquelle ses fils et ses filles fêtaient un anniversaire ..." (Photodrame de la Création - 1914 - page 52).

N'oublions pas que la vie entière des Hébreux était jalonnée de commémorations. Les fêtes qui se répétaient chaque année n'étaient autre que des anniversaires d'une toute première célébration qui avait été instituée à une certaine période de leur histoire.
Même des anniversaires non ordonnés par Dieu furent instaurés. Notons la fête de Purim qui commémorait une terrible razzia meurtrière opérée sur les ennemis d'Israël, fête au cours de laquelle on s'échangeait des cadeaux (ou des portions (!), comme le traduit la TMN). - Esther 9 : 5, 20, 22, 25.
D'autre part, ce n'est pas parce que les nations païennes célébraient entre autres la fête des moissons dans le culte des faux dieux, qu'Israël hésita un seul instant à célébrer le même genre de cérémonie. - voir Juges 9 : 27 et Exode 23 : 16.



Mais en fait, importante question, qui a-t-il de mal à célébrer un anniversaire de naissance ? Est-ce mal de se réjouir, de se rappeler de ce merveilleux moment, celui où le Créateur, Source de toutes choses, nous a donné la vie ?
La naissance est un temps pour louer Dieu (Ruth 4 : 3 - 16), un temps pour se réjouir (Luc 1:14, 57, 58), un temps où la tristesse s'efface parce qu'un homme est né dans le monde, disait Jésus (Jean 16 : 21).
La naissance du Sauveur ne fut-elle pas une cause d'exultation, de chants dans le ciel ? (Luc 2 : 10).
Alors, pourquoi commémorer ce jour serait-il une abomination, comme le prétend avec force l'organisation des Témoins de Jéhovah ?

Cette organisation ajoutera toutefois pour étayer ses assertions que la célébration des anniversaires de naissance est étroitement liée aux coutumes païennes.
Nous pouvons dire que tant de choses sont liées aux coutumes païennes que ce serait une vraie perte de temps que de nous faire du souci pour les retracer.
Voir le dossier " Origine païenne ? ".
De plus, ces coutumes que pratiquent les gens, en connaissent-ils encore les racines, les origines ? Les bougies d'anniversaire ne sont-elles pas devenues les objets d'une simple tradition populaire ? Qui, de nos jours, pense vraiment qu'en disposant ces bougies sur un gâteau, il protège des démons ou assure la sécurité future de celui qui va souffler dessus pour les éteindre ?

Mais laissons parler un autre périodique, le " Réveillez-Vous ! " du 8 janvier 2000 (article : "Un point de vue équilibré sur les coutumes" - page 27).

"Lorsqu'il décidera s'il suivra ou non une telle ou telle coutume, un chrétien devra surtout se demander : Quel est selon la Bible, le point de vue de Dieu ? ... que penser des coutumes autrefois liées à des pratiques discutables, mais qui a présent font surtout partie des convenances ? Par exemple, bien des coutumes observées lors des mariages, y compris l'échange d'alliances et le partage d'un gâteau, ont peut-être des origines païennes. Faut-il en conclure que les chrétiens doivent les rejeter ? Les chrétiens doivent-ils examiner à la loupe chaque coutume pour s'assurer qu'elle n'a pas eu de côté condamnable quelque part ou à une époque ? Paul écrit que "là où est l'esprit de Jéhovah, là est la liberté". (2 Corinthiens 3:17 ; Jacques 1:25). Dieu veut que nous usions de cette liberté non comme une occasion pour satisfaire des désirs égoïstes, mais pour exercer nos facultés de perception à distinguer et le bien et le mal (Galates 5:13 ; Hébreux 5:14 ; 1 Pierre 2:16). Par conséquent, dans les domaines où les principes bibliques ne sont pas transgressés, les Témoins de Jéhovah n'établissent pas de règle rigide. Chaque chrétien doit plutôt réfléchir aux tenants et aux aboutissants, puis prendre une décision personnelle."

Questions :

1. En Genèse 40 : 20-22 et en Mathieu 14 : 6 à 10, où les principes bibliques sont-ils transgressés ?
Pharaon n'est pas un Hébreu, Hérode n'est pas un chrétien, donc ils ne peuvent transgresser des principes bibliques, puisqu'ils n'y sont pas soumis.

2. S'il est vrai que les premiers chrétiens préféraient ne pas se mêler aux fêtes orgiaques des Romains et donc, semble-t-il, ne célébraient pas les anniversaires de naissance parce qu'ils étaient trop étroitement liés au culte des divinités de l'époque, pourquoi se référer aux premiers chrétiens lorsque le " Réveillez-Vous ! " dit : "Les chrétiens doivent-ils examiner à la loupe chaque coutume pour s'assurer qu'elle n'a pas eu de côté condamnable quelque part ou à une époque ?"



Pour conclure, les arguments de la Watch Tower sont extrêmement faibles et certaines de ses déclarations sont à contre-courant de la doctrine établie.
A tel point que nombre de Témoins de Jéhovah attentifs voient dans l'article du " Réveillez-Vous ! " cité plus haut, une "permission" déguisée de célébrer les anniversaires de naissance, et pour employer l'expression connue, une telle célébration rentrerait dans la catégorie des "questions de conscience".

* Note : La citation faite par la Watchtower est falsifiée. En fait, l'Encyclopédie Catholique ne fait que rapporter la déclaration d'Origène. - Voir http://www.newadvent.org/cathen/10709a.htm






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